Des innovations pour mieux connaître le cheval !
vendredi 26 mai 2017

hit 2017 Valentin Rapin
Valentin Rapin © Christine Marquenet

En marge du concours complet international de Saumur, la seconde édition des Horse Innovation Talks a été l’occasion d’échanges et de présentations d’innovations autour du cheval. Mieux connaître le cheval est un souci permanent pour les intervenants mais, les interrogations sont nombreuses en ce qui concerne le futur.

« Le cheval évolue et s’il n’avait pas été domestiqué, il aurait sans doute disparu… » Pour Guillaume Henry, directeur éditorial de l’équitation aux éditions Belin : « Nous vivons un énorme bouleversement avec le développement du numérique. La connaissance devient à la portée de tous. L’important au 21e siècle est de savoir où chercher l’information et être capable de la décrypter… »

La mesure des paramètres physiologiques

Valentin Rapin a créé « Arionéo ». Ses capteurs placés sur la couverture du cheval permettent d’étudier le cheval au repos. Le cheval est-il trop ou pas assez couvert. Transpire-t-il pendant le transport….

En situation d’entraînement, les capteurs donnent des informations sur la fréquence cardiaque, la vitesse de déplacement du cheval, la distance parcourue, le temps de récupération… De nombreux éléments permettant d’optimiser l’entrainement en vue du haut niveau. Les données recueillies peuvent aussi alerter sur une pathologie naissante…

Mieux  connaître la génomique va aider les éleveurs

Sophie Danvy, qui travaille à l’IFCE dans le secteur recherche, a insisté sur la nécessité de faire des recherches sur un grand nombre de chevaux pour apprécier l’influence des gênes sur le comportement et la performance. A titre d’exemple, une recherche a mis en évidence le fait que les chevaux Islandais ont des gênes spécifiques en rapport avec la latéralisation. Ce qui explique qu’ils se déplacent volontiers au  tölt et à l’amble.

Quel statut juridique pour le cheval ?

Maître Holy Jessop propose la création de plusieurs statuts en fonction de l’utilisation du cheval.  « On ne peut considérer le cheval comme une chose, un animal domestique, un animal de compagnie ou simplement un être sensible. Il faut prendre en compte son utilisation et ses capacités.  Et, c’est nécessaire pour revaloriser la filière équine»

Le mieux est parfois l’ennemi du bien

Christelle Iraola-Maître, directrice en chef de l’Eperon s’est interrogée sur certaines dérives et l’influence des réseaux sociaux. Des chevaux de compétition font parfois l’objet de très nombreux soins jugés « excessifs ». Ils sont parfois tondus très souvent au risque de créer des irritations de la peau. En contrepartie, lorsque leur carrière est terminée, ils se retrouvent quelques fois, du jour au lendemain, au pré, non ferré et sans abri. L’utilisation des guêtres postérieures améliorent la performance mais sont aussi à l’origine de nouvelles pathologies… Christelle Iraola-Maître s’inquiète « Au nom du bien-être animal, certains trouveront peut-être logique qu’on arrête de monter à cheval »

Il ne faut pas oublier le cavalier

Le champion olympique par équipe Karim Florent Laghouag a témoigné à cette occasion de son expérience. Il a évoqué l’importance de la transmission. « J’ai beaucoup écouté…Il faut garder notre culture équestre…. » Il a aussi salué les avancées technologiques et tous les objets connectés autour du cheval mais il avertit : « Il ne faut pas oublier le cavalier et ne pas sous-estimer l’importance de la qualité de sa relation avec son cheval…"