Michel Robert : "Les enseignants ont besoin de progresser"

jeudi 06 juillet 2017

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Fin mai, la Fédération française d'équitation annonçait que Michel Robert devenait responsable de la formation des formateurs. Une tournée de "journées fédérales enseignants" a ainsi été mise sur pied. La grande première a eu lieu à Amiens le 26 juin, et a connu un franc succès avec plus de 200 participants.

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Michel Robert

"Déjà quand j'ai arrêté de monter à haut-niveau, j'ai eu envie de transmettre mon expérience". Il est vrai que depuis qu'il ne sillonne plus le monde pour concourir, Michel Robert déploie beaucoup d'énergie pour proposer des solutions concrètes aux cavaliers de tous niveaux, à travers son site Horse Academy et de nombreux livres. "Le niveau des enseignants n'est pas assez élevé, tout le monde au sein de la fédération en est conscient. Nous sommes une des institutions nationales la plus forte, avec toujours de plus en plus de cavaliers dans les clubs, de plus en plus de chevaux, mais nous avons formé des animateurs, ils ont besoin de progresser", analyse sans langue de bois le cavalier aux 12 médailles glanées sur les plus grands championnats et aux Jeux Olympiques. "Je connaissais bien Serge Lecomte et de fil en aiguille, nous avons monté un projet pour toucher tous les formateurs d'équitation en France, et surtout leur donner des outils pour pouvoir améliorer les conseils qu'ils donnent à leurs élèves". Parce que le but de ces journées fédérales est bien là : il ne s'agit pas d'améliorer l'équitation des enseignants, mais bien leur pédagogie. L'objectif est d'arriver à leur donner des outils qui leur permettront au mieux de conseiller et faire progresser leurs élèves, quelque soit leur niveau. 

Vers un développement du projet

La première journée de cette tournée, qui comptera dix dates et couvrira tout le territoire français, a connu un grand succès puisque plus de 200 personnes y ont participé. "J'étais très étonné de voir autant de monde, mais j'ai été encore plus surpris par l'écoute dont ils ont fait preuve. Ils ne sont pas venus pour voir un spectacle, ils sont venus parce qu'ils avaient envie de s'améliorer. On a donc pu faire du très bon travail. On a d'ailleurs débriefé avec la fédération, et ça nous encourage beaucoup pour les autres régions". Les nombreux participants ont ainsi travaillé toute la journée sur les thèmes du regard, de la position et des tournants, tantôt en salle, tantôt en manège où trois cobayes se sont prêtés au jeu. "On a mis en pratique les points que l'on avait abordés lors de la "conférence" du matin. D'avoir des cobayes m'a permis de faire participer les enseignants, en leur demandant notamment quels conseils ils leur donneraient pour les aider à progresser".

Un engouement de bon augure pour la suite de ce nouveau projet, qui a déjà pour vocation d'être développé. "L'idée est qu'après les journées de formation, le site Horse-Academy continue à proposer des solutions aux enseignants et qu'internet nous serve à garder le contact. On travaille également sur de nouveaux outils : un pocket training va bientôt être publié, ce sera un petit livre que les enseignants pourront emporter avec eux et qui contiendra des séances de travail, avec des exercices, les principaux défauts qu'ils engendrent et les solutions à apporter... A terme, mon souhait est d'avoir dans les régions des personnes - et j'en ai déjà pas mal- qui travaillent selon ma façon de faire et qui pourront eux-mêmes donner des stages. Je ne peux pas être partout, ni faire ça tout le temps et mon souhait est d'avoir dans les régions des "attitrés" qui pourront faire le relai entre les enseignants et moi". 

La passion de transmettre 

Monter ce projet, le mettre sur pied et le développer a évidemment demandé beaucoup de temps et d'énergie. Mais qu'est ce qui motive Michel Robert à s'impliquer autant ? "Mon père était médecin et ma mère infirmière, alors être au service des personnes, c'est quelque chose qui me connait ! (rires). Ce qui me pousse à faire tout ça, c'est que j'ai une certaine expérience. Quand je vois des gens qui n'ont pas de solutions... Ce n'est pas de l'humanitaire, mais une vraie volonté d'aider ces personnes. Et puis égoïstement, à chaque fois que je fais travailler quelqu'un, j'apprends quelque chose. A chaque fois que je fais travailler de nouvelles personnes, c'est une nouvelle réflexion, et ça me passionne."

Myriam Rousselle

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0Commentaires

YVES K | 07/07/2017 17:07
Dernier commentaire réaliste. Il y a un énorme fossé entre l'enseignant de club, celui qui initie (avec les moyens limités dont il dispose) et le champion olympique qui, même s'il s'intéresse à la transmission n' a vraisemblablement rencontré que des cavaliers déjà confirmés et soucieux d'une meilleure approche pour la compétition. L'enseignant de club a besoin de connaissances techniques et pédagogiques qui lui permettent d effare évoluer ses élèves vers l'autonomie et le plaisir du contact avec le cheval. Et s'il s'agit redonner plus de compétences aux formateurs de formateurs, ce ne sont pas les enseignants de club qu'il faut viser; Je suis aussi choquer que, dans son projet, Michel Robert fasse un "tremplin " à Horse Academy. Il n' y a pas à mettre en cause le contenu de ce site, mais juste faire remarquer que c'est un site payant!
Géra B | 07/07/2017 16:18
C'est en effet une curieuse démarche... J'adore le cavalier, l'homme, le cavalier, j'admire sa carrière son palmarès il n'y a aucun souci avec ça. Mais quelle est son expérience au sein d'un club français et auprès des pratiquants de tous les jours? 80% de l'activité des clubs, c'est: du scolaire, des centres aérés, du baby poney, de l'initiation, des animations du dimanche autour de gymkhanas et autres variantes plus actuelles equifeel ethologie etc etc etc. Une conférence, un échange, une master class, quel que soit le nom qu'on donne aux rencontres entre sportifs de haut niveau et les enseignants, sont toujours une bonne chose. C'est toujours un échange intéressant et enrichissant personnellement surtout, sur le terrain, ça peut servir à une petite poignée d'élèves car, encore une fois, la compétition et la pédagogie de perfectionnement sont quand même au second plan dans le quotidien d'un centre équestre lambda où l'animation et l'initiation sont majoritaires.C'est très bien que la fédération mette en avant ses cavaliers de haut niveau mais à la formation des "formateurs"....??? D'ailleurs le terme est curieux car à priori on parle de formateurs pour les enseignants, ils forment des cavaliers certes. Mais ça prête à confusion avec les "formateurs", ceux qui forment les enseignants.
Bref tout ça pour dire qu'un cavalier international dans la formation des entraîneurs, dans la gestion du cheval de concours, dans la gestion de la performance oui, mais auprès d'enseignants qui font " la rame" dans les clubs du mardi au dimanche au même titre qu'une cavalerie de plus en plus exploitée et de moins en moins bien dressée, je ne vois pas bien. Bon nombre de professionnels à la pédagogie et au sens du cheval tout à fait respectables aimerait bien aussi une jolie cocarde sur leur site : "Conseillé par la FFE" . Je ne crois pas qu'un professionnel de renom déjà très médiatisé ait besoin de cette mention pour avoir du succès, mais quand même tout le monde n'a pas la chance d'avoir un coup de pouce de la FFE pour avoir une opportunité supplémentaire de booster la vente de ces produits. Cette démarche est étonnante.
PHILIPPE P | 07/07/2017 09:28
Quel que soit le niveau de l'intervenant un stage n'a jamais remplacé une formation
C'est donc le système de formation qu'il faut revoir et surtout son financement sur plusieurs années. C'est le temps qu'il faut pour former des cavaliers entraineurs et non plus des animateurs kleenex qui quittent la profession au terme de 4-5 ans d'exercice jusqu'à l'écoeurement.

C'est à cela que devrait servir en premier lieu l'argent dont dispose les régions, les syndicats représentatifs de la profession ou le fonds EPERON tant qu'il subsiste .
C'est aussi vers la formation que doit aller en priorité l'argent dont dispose la FFE, et non plus vers des projets immobiliers pharaoniques à LAMOTTE BEUVRON alors qu'il existe une école nationale d'équitation qui tourne à vide !

Ph. POPPE BEES 2
CATHERINE Z | 06/07/2017 18:06
Enfin...et sans l'ancre de bois... Quid du dressage ? Le désir de transmettre de Michel Robert n'est pas universel...


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