Hippodrome de Maisons-Laffitte, fermeture annoncée pour fin 2019
jeudi 29 novembre 2018

Hippodrome Maisons-Laffitte
"Non à la fermeture"... Les couvertures avaient des airs de revendications le 23 novembre sur l'hippodrome de Maisons-Laffitte © Scoopdyga

L’information a été communiquée le mercredi 28 novembre lors d’un Comité social et économique central à France Galop, société organisatrice des courses de plat et d’obstacles. L’hippodrome de Maison Laffitte devrait fermer en fin d’année 2019…

La rumeur courait depuis quelque temps, mais le couperet est tombé hier. La direction de France Galop a présenté à son Comité Social et Économique Central un projet de « réorganisation de ses activités à Maisons-Laffitte » inscrit dans le cadre d’un « projet de transformation initié début 2016 ». Objectif, « adapter le modèle d’organisation des courses aux évolutions structurelles du marché des jeux et créer les conditions d’une relance durable des paris hippiques. » Si les 24 journées de course prévues en 2019 auront bien lieu, l’activité « courses » ne devrait pas se poursuivre pas au-delà. Il est prévu en revanche de « redimensionner et moderniser le Centre d’Entraînement de Maisons-Laffitte grâce à un investissement d’environ 1,5 million d’euros afin d’en assurer la pérennité et d’ajuster le site à son niveau réel d’activité pour faire baisser les coûts de fonctionnement. » Le communiqué pointe qu’à l’heure actuelle, moins de 500 chevaux résident dans les installations prévues pour en accueillir 1500 simultanément. France Galop le souligne, les courses subissent une profonde mutation du marché du pari puisqu’en 8 ans, les montants engagés sur les paris hippiques en France ont diminué de 1,9 milliard. La baisse de ses ressources financières, à plus de 90% issus des enjeux, a occasionné un déficit de 119 millions d’euros entre 2014 et 2017 », et estimé à 37 M€cette année selon Le Parisien. 

France Galop le précise, ce plan de transformation s’inscrit dans un projet global de redimensionnement et de modernisation de l’outil de travail du galop en France. La fermeture de Maisons Laffitte entrainerait la suppression de 31 postes sur les 42 actuels et serait mis en œuvre à travers un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), assorti de mesures d’accompagnement des salariés concernés. France Galop prévoit également d’engager un projet de reconversion de l’hippodrome de Maisons-Laffitte en partenariat avec la municipalité et les acteurs locaux. Franck Le Mestre, directeur du site de Deauville depuis mars 2018, après avoir été en poste à Maisons Laffitte pendant cinq ans, avait déjà réduit le nombre de salariés de 63 à 42 sur la base du départ volontaire. 

Aucune concertation

Dans le journal Le Parisien, Jacques Myard, maire de la ville depuis trente ans, pointe une « opacité insupportable » et dénonce « une gouvernance de France Galop à la dérive », incapable de « discuter franchement » avec lui. Véronique de Balanda, épouse de l’entraîneur Jehan de Balanda, et adjointe au maire, s’insurge contre une situation qui leur est imposée sans concertation. « Voilà trente ans que l’hippodrome de Maisons Laffitte, qui est le plus ancien de France, est régulièrement sur la sellette, mais ces derniers mois, les discussions concernaient le redimensionnement du centre d’entraînement, et non la fermeture de l’hippodrome. Aucun chiffre ne nous a été communiqué pour justifier cette décision. De la même façon, l’hippodrome d’Evry a été fermé, et les courses d’obstacles supprimées de l’hippodrome d’Enghein sans consultation des entraîneurs, en principe pour redresser la filière. En parallèle 140 millions d’euros ont été investis à Longchamp, qui ne dispose pas d’un centre d’entraînement, contrairement à Maisons Laffitte dont la particularité est aussi de proposer une cohabitation entre le monde des courses et celui du sport. » Cette décision est communiquée quelques semaines après la publication du rapport Arthuis qui lui-même dénonce des dérives de gestion au sein de France Galop. 

Selon Véronique de Balanda, Jacques Myard soutenu pas son conseil municipal, a bien l’intention de se battre jusqu’au bout pour sauver l’hippodrome et les 400 emplois directs et indirects qu’il génère, et de faire jouer tous les leviers dont il dispose pour inverser la tendance. L’année 2019 et les 24 journées de courses inscrites au calendrier promettent d’être animées.

Ce matin, le personnel de l’hippodrome, qui arborait des gilets jaunes, a d’ailleurs arrêté de travailler. Affaire à suivre …