Affaire du cobalt : des sanctions exemplaires
mardi 27 décembre 2016

Illustration trotteur
Illustration trotteur © Le Trot

Entre le 15 juillet et le 21 août 2016, cinq chevaux ont été contrôlés positifs au cobalt à la suite de classements sur différents hippodromes français. Les Commissaires du Trot ont, lors de leurs réunions des 29 novembre, 14 et 16 décembre 2016, examiné les dossiers de cinq entraîneurs mis en cause. Les sanctions prises ont été communiquées, et la facture est salée pour les cinq professionnels.

Les faits remontent à cet été. Des analyses d'urine effectuées sur des chevaux entraînés par Savaltore Campolo, Fabrice Souloy, Xavier Fontaine, Dominique Raffini et Philippe Bengala, avait été testées positives au cobalt. Présent dans la vitamine B12, le cobalt (ou cobalamine) permet notamment de mieux véhiculer l'oxygène dans le sang et permet ainsi aux chevaux, à la fois de mieux soutenir l'effort mais également de mieux récupérer. Naturellement présent dans l'organisme, le cobalt est systématiquement détecté lors des contrôles. Le seuil autorisé est de 0,1 microgramme de cobalt par millilitre dans l’urine, seuil largement dépassé dans les échantillons prélevés sur les chevaux des entraîneurs mis en cause. 

Après examen des différents dossier par les Commissaires du Trot, le verdict a été rendu et les sanctions prises sont lourdes. Les chevaux concernés sont évidemment disqualifiés des courses à l'issue desquelles ils avaient été contrôlés, mais sont également suspendus pour une période de 12 mois. Les entraîneurs français Fabrice Souloy, Xavier Fontaine, Dominique Raffini et Philippe Bengala écopent d'une amende 15 000€ mais se voient surtout retirer leur autorisation de monter ou d'entrainer pendant un an, à compter du 2 janvier 2017. La situation est légèrement différente pour Salvatore Campolo, dont l'autorisation d'entrainer a été délivrée par une autorité hippique étrangère. Le Trot ne peut donc pas la lui retirer, mais lui interdit d'engager un cheval de son effectif dans une course française pendant 12 mois également. L'entraineur italien n'échappe cependant pas à l'amende et doit même payer le prix fort, puisque le cheval concerné a été contrôlé positif au cobalt à deux reprises. Il devra ainsi délester son portefeuille de 30 000€.

Même si certains entraineurs réussissent à s'exempter des sanctions en ayant recours au "prête-nom" (les chevaux sont signalés dans un autre effectif, mais ce sont bien eux qui les entrainent), un an de suspension est une facture salée et qui n'est pas sans conséquences pour les concernés, dont le plus gros risque est de voir leurs propriétaires s'en aller.  Avec ces sanctions drastiques, le Trot réaffirme sa volonté de lutter contre le dopage et ses conséquences sur les acteurs du milieu, mais également sur l'image des courses hippiques. Une volonté déjà marquée de plusieurs façons et notamment en rendant publics tous les résultats d'analyses anti-dopage positifs. "En 2015, seuls 38 cas (soit 0,2% du nombre total des prélèvements) ont révélé la présence d’une substance prohibée (1 seul cas avec une substance de catégorie II).", a tenu a rappelé la Société Le Trot, avant d'ajouter que "le contrôle des médications est un sujet majeur pour assurer la régularité des courses au trot et la sélection des chevaux pour l’élevage, qui nécessite des moyens importants non seulement pour les procédures de contrôles mais aussi pour les travaux de recherche indispensables à l’amélioration des techniques de détection de nouvelles molécules prohibées mais aussi de pratiques interdites."

Commentaires


BERTRAND A | 27/12/2016 22:24
Bravo ! Là au moins une réaction plus que positive. Le trot et l'endurance sont deux mondes différents mais pourtant le cheval de compétition reste leur trait d'union.