Adieu Général….
lundi 04 février 2019

Général Gilles Mehu puissance Dinard 1962
Général Méhu remporte la puissance de Dinard en 1962 avec Good Luck © Coll.

Le 27 janvier dernier le Général Gilles Méhu s’éteignait dans sa 86ème année. Cavalier international de saut d’obstacles et de concours complet, chef de corps du Centre des Sports Équestres Militaire (CSEM) de Fontainebleau, puis chef des Sports équestres militaires, il avait succédé au Général O’Delant à la présidence de la SHF.


Né le 29 novembre 1933 à Lyon d'un père officier et d'une mère infirmière, Gilles Méhu passe sa jeunesse dans la campagne lyonnaise. Cette période de sa vie, marquée par l'occupation et par la guerre d'Indochine, formera les racines de ses futures aspirations. Suivant les traces de son frère aîné, Gilles Méhu intègre l’école militaire de Saint Cyr de 1952 à 1954. Sa promotion est la première à ne pas servir en Indochine. Après deux ans à l’EAABC (Ecole d’Application de l’Arme Blindée Cavalerie) à Saumur, jeune lieutenant, il rejoint le 4ème  Régiment des Chasseurs d’Afrique en Tunisie de 1955 à 1957, puis intègre le stage de Formation des Cadres des escadrons de Cavalerie à Cheval à Saumur avant d’être nommé chef de peloton à cheval au 5ème  Régiment de Spahis à Aumale en Algérie.

Fin 1959, retour à Saumur où il suit le Cours de Perfectionnement Equestre avant d’intégrer le Centre National des Sports Equestres de Fontainebleau où il exerce ses talents de cavalier international de compétition en saut d’obstacles et en concours complet. Il est alors capitaine. En 1962, il rencontre son épouse Claudine. Leur premier enfant, Arnaud, naît deux ans plus tard, alors qu’il suit le Cours de perfectionnement et d’Instructeur des Officiers Subalternes à Saumur et à Valdahon. Si Gilles Méhu avait une préférence très marquée pour la cavalerie, il s’est plié à différentes missions comme celle d’officier de renseignement auprès du 11ème Régiment de Chasseurs à Berlin en 1964 et 1965.

Au cours des années qui suivent, alors que le couple accueille la naissance d’Olivier en 1966,  puis celle d’Aymeric en 1972, Gilles Méhu enchaîne l’Ecole d’état-Major à Paris, un poste de capitaine au 18ème Régiment de Dragons à Mourmelon, sert la Délégation ministérielle pour l’armement à Paris, puis est nommé à l’Etat-Major de la 1ère Région militaire à Paris avant de rejoindre le 12ème Régiment de Chasseurs à Sedan en tant que Chef des Services Techniques jusqu’à l’été 1976. Promu Lieutenant colonel en décembre de la même année, il devient Commandant de brigade à la 1ère DI EAABC de Saumur en tant qu’instructeur au cours des Capitaines pendant trois ans, avant de rejoindre à nouveau le CSEM de Fontainebleau dont il devient le chef de corps de juin 1979 à juin 1982, puis est nommé colonel puis chef des Sports équestres militaires jusqu’à sa retraite militaire le 29 novembre 1990. Six ans plus tard, il devient président de la SHF (Société Hippique Française) jusqu’en 1999, et en restera président d’honneur jusqu’en 2002.  

Le colonel Chatillon, qui avait succédé au Général Méhu à la tête des Sports Equestres Militaires en 1990, rendait hommage à sa personnalité forte doublée d’une exceptionnelle probité, mère des vertus militaires, qu’il possédait au plus haut degré, à sa droiture, à sa loyauté, et à son intégrité. « Partout où vous passiez, vous suscitiez le respect mais aussi l’empathie pour votre sincérité et la foi avec laquelle vous assumiez vos responsabilités », puis ajoutait : « Homme de conviction, vous aviez une fois inébranlable dans les Sports Equestres Militaires que vous avez défendu bec et ongles, inlassablement, car pour vous ils représentaient  l’héritage matériel des valeurs morales de la cavalerie que vous avez si bien incarnées vous-même. » Le Général Méhu avait été nommé Officier de la Légion d’Honneur, Officier de l’Ordre National du Mérite, Chevalier de l’Ordre du Mérite Agricole, décoré de la Croix de la valeur militaire avec 3 citations et de la Médaille d’Or de la Jeunesse et des Sports. 

Lors de l’hommage qu’ils ont rendu à leur père, ses fils Arnaud, Oliver et Aymeric évoquaient un homme de liberté, de passions, chaleureux, humain, et un amoureux de la nature avec un cœur débordant de générosité pour les autres. « Il aura réussi à mêler, tout au long de sa vie, son goût de l'aventure, son sens du devoir d’officier français et ses passions pour la chasse, la peinture sur porcelaine et bien sûr les chevaux » comme en attestaient son arrivée en l’église de Notre Dame des Champs le 30 janvier dernier, porté par les officiers des sports équestres militaires. Il repose désormais près de Dieppe. Gilles Méhu manquera cruellement à sa famille et à ses amis, mais aussi à sa Jument Joviale, 22 ans, qui reconnaissait immanquablement sa voix lorsqu’il venait s’en occuper, sans faute, tous les jours.  

L’Eperon, dont cet homme de cheval accompli a été un fidèle abonné depuis les années 60, présente ses plus sincères condoléances à son épouse, à ses enfants, à l’ensemble de sa famille et à ses proches.