Ça monte, ça monte …
lundi 29 janvier 2018

Innondations mai 2016
Innondations mai 2016 © Coline Chauffard

Entre la Seine, la Marne, l’Yonne, le Loing et le Morin, la région Ile de France est fortement irriguée, et a donc été fortement impactée par les fortes pluies de ces dernières semaines.

En juin 2016, de nombreux centres équestres avaient été contraints d’évacuer leurs installations. En ce mois de janvier 2018, certains ont connu le même sort. C’est le cas de Yann Carbonnet, directeur des Écuries du Vieux Moulin à Saint Germain sur Morin, qui a du déplacer en début de semaine dernière ses soixante dix équidés et les mettre au pré, ou les confier à d’autres établissements. Le dirigeant est un peu amer, car il sait exactement à quoi s’attendre. Outre l’inévitable perte d’exploitation, les dégâts causés au matériel, et les jours de nettoyage qui suivront la décrue, en se retirant, l’eau aura sans doute, comme ce fut le cas en 2016, emporté avec elle les 7,5 tonnes de sable des carrières, les rendant impraticables…

Dans l’Yonne, Laetitia Nageleisen est à la tête depuis trente ans de la Ferme Equestre des Grilles. Si pour le moment elle n’a pas été contrainte d’évacuer les lieux, les cent équidés qu’elle héberge ont du tous trouver une place à l’abri, les pâtures et paddocks étant devenus totalement impraticables. Laetitia s’inquiète également pour son terrain de cross, que l’eau aura sans doute ravagé, et pour ses carrières.

Dans les Hauts de Seine, deux établissements, situés sur l’une des boucles de la Seine, ont été eux aussi sommés de déménager leur cavalerie. Le poney club de l’île Saint-Germain, implanté sur la commune d’Issy les Moulineaux, a du multiplier les aller retours en camion le jeudi 25 janvier pour déplacer ses 41 poneys dans les prés du Haras de Hardy. Laure Petrone, responsable du centre depuis six ans, le précise, c’est avant tout une mesure de précaution par rapport aux réseaux d’assainissement et aux réseaux électriques qui peuvent être pollués et endommagés, l’eau risquant notamment de devenir non-potable pour les animaux. « Nous espérons rentrer une fois la décrue amorcée, mais pas avant lundi soir ou mardi. Les poneys sont très bien à Jardy, mais nous avons bien sûr été contraints d’annuler les cours ! »  Le Poney Club de Rueil Malmaison, dont l’un des atouts est habituellement de proposer des balades en bord de Seine, est lui aussi temporairement hébergé par le Haras de Jardy. Dès le mercredi 24 janvier en fin  de journée, Marie Dominique François, enseignante depuis quelques mois, a du gérer l’évacuation des 28 poneys qui ont eu la chance d’être accueillis en boxe et de voir se mettre à disposition un manège. « La Mairie de Rueil nous avait demandé de prévoir l’évacuation par précaution. Nous sommes en hauteur par rapport à la route qui avait été submergée en 2016, mais tout au bord de la Seine. En promenade les enfants voient passer les péniches. Il est essentiel de pouvoir accéder aux écuries à tout moment, c’est pourquoi nous avons préférer évacuer peut-être un peu tôt mais c’est plus simple qu’en urgence. Nous attendons la décrue. »

Dans le secteur de Fontainebleau, les centres équestres situés en bord de Seine, dans les villages de Vulaines sur Seine, Héricy et Samois sur Seine, sont tous prêts à évacuer leurs installations. La plupart des routes d’accès est déjà coupée. Le Grand Parquet, qui avait accueilli près de cent chevaux en 2016, est en alerte mais actuellement, même si les routes d’accès sont interdites à la circulation, la plupart des établissements poursuivent encore leur activité en attendant une décrue que les prévisions annoncent lente…    

(Photo d'archive)