Grand Parquet, le projet de gestion privée gelé…
mardi 19 mars 2019

© Coll.

En novembre 2018, on apprenait qu’un appel à Manifestation d’intérêt (AMI) était lancé pour la communauté d’agglomération du Pays de Fontainebleau sur la reprise de l’activité du Stade Equestre du Grand Parquet à Fontainebleau. Ces dernières semaines, le projet a déclenché un emballement qui semble finalement déboucher sur une réelle prise de conscience de l’importance du dossier.

Sur les cinq candidats ayant répondu à l’appel, seuls deux étaient retenus dans un premier temps. Alors que la décision finale de la « communauté d’agglo » était attendue pour le 21 février, un coup de théâtre vient bouleverser le projet. Les champions olympiques de saut d’obstacles par équipes de Rio de Janeiro (Kevin Staut, Pénélope Leprévost, Philippe Rozier et Roger Yves Bost) adressent une lettre à Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France, et Pascal Gouhoury, président de la communauté d’agglomération de Fontainebleau. Objectif, alerter les élus sur la nécessité que le Grand Parquet reste un lieu de référence national et international, et d’engager des travaux de modernisation des infrastructures pour qu’il survive à la concurrence internationale. Ce sont notamment Philippe Rozier et Bosty, particulièrement concernés par le sujet étant donné la proximité géographique de leurs installations respectives, qui ont joué les figures de proue dans cette démarche. Résultat, les élus ont décidé dans un premier temps de différer leur réponse au 4 avril. Nouveau coup de théâtre, puisque le 16 mars, Frédéric Valletoux, maire de Fontainebleau, faisait paraître un communiqué sur sa page Facebook, pour annoncer que finalement, le projet était gelé jusqu’à l’été

Texte du communiqué 

"Le stade équestre du Grand Parquet de Fontainebleau mérite un vrai projet qui réinstalle ce site au premier rang des équipements pour la pratique des sports équestres. C'est le sens de la réunion initiée hier par Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, et organisée par Patrick Karam, vice-président en charge des sports.

Site de renommée internationale, au coeur d'un territoire où les centres équestres et les pratiquants sont nombreux, le Grand Parquet est l'un de nos moteurs économiques, avec à minima 300.000 visiteurs par an (hors événement exceptionnel) et 10 millions d'euros de retombées économiques pour le sud Seine-et-Marne (étude de la CCI 77 en 2016)... Pour autant, les investissements sont encore importants à faire pour garantir la fonctionnalité et l'attractivité du site. Et la gestion doit évoluer pour ne pas reposer sur la seule communauté d'agglomération. Présents hier, les représentants de la filière équestre, notamment Emmanuel Feltesse, président du comité régional d'équitation d'Île-de-France, mais aussi Roger-Yves Bost et Marcel et Philippe Rozier, nos trois médaillés olympiques issus du sud 77, ont exprimé à nouveau leurs inquiétudes sur des montages qui ne garantiraient pas la place des manifestations équestres et une vraie ambition de développement.

Avec tous les élus présents hier, dont Pascal Gouhoury, Martine Bullot, Valérie Lacroute ou Patrick Pochon, il a été proposé par la région, et retenu, qu'un groupe de travail se mette en place sur ces questions avec l'ensemble des acteurs de la filière, et qui, d'ici l'été, propose un projet accepté par tous. Une sortie par le haut pour un site qui mérite d'avoir un vrai projet et une vraie ambition."

Pascal Gouhoury, joint par téléphone hier matin, le confirme, l’ensemble du projet est suspendu. Le groupe de travail, composé des élus, d’Emmanuel Feltesse, président du CREIF, de Roger Yves Bost, Marcel et Philippe Rozier, mais aussi des représentants des services de l’Etat, dont l’ONF et de tous les partenaires institutionnels, sportifs  et financiers, a pour objectif de définir le niveau d’investissement nécessaire pour pérenniser l’équipement, en faire LE stade équestre de l’Ile de France, et travailler sur le mode de gestion le plus adapté. Actuellement, la priorité est portée sur les pistes. A la question pourquoi cette réflexion n’a-t-elle lieu que maintenant, Pascal Gouhoury répond « Nous cherchions à être soulagés de la gestion, et à retrouver du souffle financier avant de nous engager dans une réflexion sereine sur les rénovations à prévoir. Cet appel à manifestation d’intérêt a eu le mérite de mettre tout le monde autour de la table, ce qui est une première, à obtenir un consensus largement partagé de la part de tous les partenaires en faveur de cet équipement. » 

Cet emballement soudain a un avantage majeur, celui d’avoir enfin sensibilisé les collectivités, au niveau départemental et régional à la cause du Grand Parquet. Désormais, il semble acté que la communauté d’agglomération du pays de Fontainebleau ne sera plus appelée à porter seule le poids financier de ce site dont la portée est au minimum régionale, voire nationale, et internationale. Comme le dit Pascal Gouhoury, « il ne viendrait à l’idée de personne de demander à la ville de Saint Denis de supporter à elle seule le stade de France. Cette démarche a enclenché une autre dynamique. La région nous a assuré de son soutien. A la fin du premier semestre de cette année, nous devrions connaître les grandes orientations choisies pour l’évolution de ce dossier. » Pascal Gouhoury le précise également, il souhaite toujours proposer la candidature de Fontainebleau comme base arrière lors des JO de Paris 2024. « Pour l’instant nous ne sommes pas prêts ». Affaire à suivre …