Le cheval en hiver : le cheval, un mammifère préparé pour affronter le froid (1/5)
lundi 04 février 2019

Illustration cheval froid hiver
Le cheval est naturellement protégé contre le froid, mais une fois sorti de sa zone de confort thermique, il doit être aidé à supporter les basses températures grâce à une alimentation adaptée et un abri © Coll. IFCE/INRA

Pendant la période hivernale, comment gérer le bien-être et la santé des chevaux ? Faut-il les couvrir, les tondre, augmenter ou réduire l’alimentation, comment doser le travail, quelles précautions faut-il prendre ? Autant de questions auxquelles nous nous sommes efforcés de répondre tout au long de cette série de cinq volets. Ce lundi, focus sur les moyens naturels dont dispose le cheval pour lutter contre le froid.

Comme la majorité des mammifères, l’être humain est un organisme homéotherme. Autrement dit, sa température, comprise entre 36°C et 37,5°C reste constante quelles que soient les variations du milieu extérieur. Chez l’homme, la zone de confort thermique, à l’intérieur de laquelle l'organisme n’a pas de dépense d’énergie supplémentaire à faire pour maintenir la température interne du corps, se situe aux alentours de 25°C. La température normale du cheval au repos se situe entre 37,5 et 38 °C. Sa zone de confort thermique dépend de son adaptation au climat, de son âge, de sa race et de son état mais se situe, sous des climats tempérés, pour un cheval non tondu, entre 5°C  et 25°C. En dessous et au dessous, le processus de thermorégulation est activé. Selon une étude des Haras Nationaux, la température critique inférieure est celle en dessous de laquelle il faut aider le cheval à lutter contre le froid, en lui apportant de l'énergie supplémentaire et un abri. Le seuil se situe -15°C pour les adultes, 0°C pour les poulains et  22°C pour les poulains nouveau-nés.

Des protections naturelles 

Le cheval est naturellement protégé par une peau épaisse, mais aussi par le mécanisme réflexe des frissons (contraction des muscles) qui produit de la chaleur si nécessaire. Son poil hydrophobe (qui repousse l’eau), le protège du froid et de l’humidité. Lorsqu’il pleut,  des gouttières se forment pour protéger la peau de l’eau. Lorsqu’il fait froid, grâce à un petit muscle associé à chaque follicule pileux,  le phénomène de « pilo-érection » ou « horripilation » (hérissement des poils) se déclenche, et accroît l’effet isolant du poil en augmentant son épaisseur jusqu'à 30 %, car il renferme alors davantage d’air. Le poil d’hiver, dense et gonflé, offre ainsi une excellente isolation thermique.

De plus, à l’approche de l’hiver, les chevaux emmagasinent en moyenne 20% de poids supplémentaire. Le tissu graisseux, trois fois plus isolant que tout autre, constitue une arme efficace contre le froid et se répartit naturellement sur toute la surface du corps. Le processus de vasoconstriction, ou constriction des vaisseaux sanguins des extrémités des membres, limite la perte de chaleur, permet au sang de refluer vers les organes centraux, et de réduire la température des extrémités de 1,7°C, évitant les dommages causés aux tissus lorsque les chevaux ont les pieds dans la neige. En outre, la mobilisation du système neuro-endocrinien (neurones et cellules endocrines qui reçoivent des signaux du système nerveux, et y répondent en fabriquant et en sécrétant des hormones) permet une libération de glycogène qui sert de « carburant ».

Au fil de leur évolution, certaines races se sont adaptées aux conditions de température en développant des caractéristiques morphologiques, anatomiques et physiologiques. Le rapport entre la surface de la peau et le volume du corps est déterminant dans la capacité du cheval à lutter contre le froid. La production de chaleur est proportionnelle au volume, tandis que la perte de chaleur est proportionnelle à la surface. Les plus gros animaux sont donc favorisés, de même ceux dont la morphologie, est proche d’une sphère. Les races brévilignes (trait, poneys) sont donc avantagées par rapport aux longilignes (chevaux de sang). 

En général, un cheval (au pré) souffre du froid car il ne peut s’abriter et manque de nourriture, en particulier lorsque le temps est humide, car il supporte mieux le froid sec. Le « langage corporel » du cheval qui souffre du froid est assez clair. Il contracte les abdominaux, se tient voussé, plaque sa queue pour chercher à économiser de la chaleur, et se rapproche de ses congénères s’il a la chance de ne pas vivre seul.