Phillipe Célérier fait ses adieux à la Garde …
lundi 28 janvier 2019

Garde républicaine Philippe Célerier défilé
Philippe Célérier, au centre, lors de son dernier défilé du 14 juillet 2018 © Coll. Garde Républicaine

Le 21 janvier 2019, après trente-six ans à la Garde Républicaine, le chef d’escadron Philippe Célérier, bientôt  57 ans, faisait ses adieux officiels au Centre d’instruction de la cavalerie de Saint Germain en Laye.   

Originaire de Vendée, Philippe Célérier n’était pas destiné à devenir cavalier. Son père Daniel était membre de la Police Nationale, et sa mère Paulette enseignante spécialisée. Mais le hasard fait parfois bien les choses. Il le raconte,  « lorsque nous habitions Sarcelles, notre voisin, policier également, était affecté à la sécurité des hippodromes. Son fils était né le même jour que moi, et dès l’âge de deux ans, nous allions aux courses tous les dimanches. Les chevaux m’ont immédiatement passionné. Mes parents m’ont permis de découvrir l’équitation, mais je me suis vraiment impliqué dans le monde équestre lorsque mon père a été muté en Vendée et que j’ai pu monter régulièrement avec Gilbert Marioneau et Gérard Coutanceaux au Haras de la Roche sur Yon ».

 En parallèle, Philippe poursuit des études de bactériologie et monte en complet. « J’ai eu l’opportunité de faire mon service militaire à la Garde Républicaine. Pascal Forabosco et moi étions les premiers gendarmes auxiliaires au Quartier des Célestins. A l’issue de cette période, j’ai passé le concours d’entrée, et après six mois à l’école de Chaumont, j’ai intégré le Centre d’instruction de Saint Germain en Laye au Quartier Goupil, puis j’ai été affecté au 3ème escadron sous les ordres de Loïc de la Porte du Theil, Capitaine à l’époque. J’ai eu la chance de servir dans l’ensemble des escadrons du Régiment, de participer à toutes les formations spéciales (Carrousel des Lances, Reprise des Tandems, Maison du Roy) et d’être cavalier à l’écurie sportive pendant 21 ans, d’abord en saut d’obstacles, puis en concours complet où j’ai couru en internationaux de même qu’en dressage, section que j’ai commandée pendant sept ans. »

 Philippe Célérier a gravi tous les échelons pour finir chef d’escadron, c’est-à-dire commandant du centre d’instruction de Saint Germain en Laye où tous les chevaux sont débourrés selon la méthode Blondeau et passent leur première année. « Nous établissons avec les chevaux un dialogue qui nous permet de mener à bien nos missions de sécurité publique ». Il le reconnaît, ce parcours a été une chance incroyable. « J’ai eu le privilège de fêter mon anniversaire sur les Champs Elysées pendant 31 ans à l’occasion du défilé du 14 juillet, y compris une année où un grêlon a laissé un impact sur mon casque.  Je ne remercierai jamais assez la Garde Républicaine, grâce à laquelle je suis qui je suis aujourd’hui, qui m’a permis d’atteindre le niveau international, de travailler avec Margit Otto Crépin, Patrick Le Rolland, ou Monica Theodorescu. » Philippe gardera en mémoire les belles rencontres qui ont marqué sa carrière, dont le colonel Puligny, les adjudants Gondrexon et Perrin, l’adjudant chef Serge Cornut, Alain Soucase, Fanny Delaval, son ami Serge Cantin, cavalier de dressage décédé de maladie à l’âge de 45 ans. Depuis plus de dix ans, Philippe Célérier assume également le rôle d’entraîneur national de para-dressage. « L’entraînement de ces cavaliers est passionnant car il faut trouver des solutions pour palier leurs spécificités. C’est une grande famille. »  

Pas question pour Philippe Célérier de rester inactif. S’il est officiellement en retraite le 1er août, dès le 11 février, il intègre un programme de reconversion auprès de la FFE, avec pour objectif, comme le souhaitent Serge Lecomte et Sophie Dubourg, de faire du para dressage une discipline à part entière en créant des circuits clubs et amateurs. Le règlement et les reprises sont déjà finalisés. En parallèle, il poursuivra en compagnie de son épouse Florence « une femme fabuleuse », la rénovation de La Grande Férardière, un manoir du XVIème siècle situé à 70 km du Mont Saint Michel et de Saint Malo, dont ils sont tous deux tombés amoureux voilà huit ans, et qu’ils réhabilitent pierre par pierre à l’ancienne. « Les visiteurs seront les bienvenus, y compris avec leurs chevaux, car nous aurons sept boxes pour les accueillir et un gîte équestre » souligne Philippe. Programme bien chargé pour un tout jeune retraité…

Photo coll Garde Républicaine, Philippe Célérier, au centre,  lors de son dernier défilé du 14 juillet 2018