Camagri : un challenge pour l'avenir du Camargue !
mardi 19 février 2019

Carla Pelissier Trophee Crin Blanc Camagri 2019
Carla Pelissier, jeune championne du tri de bétail, a remporté le prestigieux Trophée Crin Blanc © Florence Chevallier

18ème édition de Camagri des plus réussie du 15 au 17 février. Toujours dans le très bel espace aménagé au cœur du PNRC au Mas de la Cure entre Arles et les Saintes Maries de la Mer (13), le public, plus de 10000 visiteurs, a pu profiter d'un temps exceptionnel de ce mois de février et de concours de plus en plus qualificatifs.

C'est le constat qu'en fait le président de l'association (AECRC) Thierry Trazic qui se félicite du niveau des cavaliers « qui a sérieusement progressé au niveau du dressage et cela permet par conséquent d'exploiter le potentiel des chevaux d'une belle manière ». Le but de Camagri comme le rappelle les organisateurs est de « faire cohabiter une équitation plus classique et l'équitation traditionnelle ». Et de ce point de vue on ne peut que vérifier que les résultats sont là après les efforts engagés depuis des années ! En effet, que ce soit en dressage ou en concours de tri de bétail, les chiffres et les résultats parlent d'eux-même.

Les pourcentages en maniabilité ou encore lors du parcours de « cheval en extérieur monté » plus connu sous le nom plus typique de « parcours de pays » avoisinent pour certains cavaliers les 100% avec des notes relevées à 97%. « C'est une des activités qui permettent de sélectionner les meilleurs chevaux dans le pays » précise Max Rascalou président de l'AVEEC organisateur du concours. « On va noter comment le cavalier va aborder les obstacles ». Il y a des obstacles indispensables comme l'eau ou encore un arrêt d'urgence pour voir comment le cheval agit aux effets « d'un arrêt naturel ». Et puis, on apprécie aussi la vitesse mais surtout l'aisance dans le milieu naturel. Mais dorénavant tous les jeunes cavaliers et cavalières sont tous « passés » par les centres équestres et montent tout aussi bien en équitation classique que de travail.

Sans doute que tout le travail et les efforts entrepris par l'AECRC afin de mettre à disposition des juments de 3 ans dans les centres équestres pendant 12 mois a très certainement permis cette évolution. Le principe est de signer une convention entre l'éleveur et le centre équestre qui au bout des 12 mois rend le cheval à l'éleveur ou l'achète pour le centre s'il en est satisfait. Résultat : « on a sous-évalué le désir des centres équestres. Ils veulent directement les acheter » se félicite Thierry Trazic.

Sam Broussole est un nom à retenir, tout juste âgée de 16 ans, la jeune fille est une élève de Caroline Mazoyer. Elle a remporté consécutivement les premier prix de dressage et de de la maniabilité (samedi et dimanche) sur Folco des Mollières (chevaux de 4 et 5 ans) ainsi que le premier prix sur Apollon du Mas (chevaux de 6 ans et plus). Le premier prix pour les chevaux âgés de 6 ans et plus a été décroché par Luna Girard sur Snoupy de Layalle. Et Anthony Proye sur Clovis de Capellane s'est classé premier prix en maniabilité des 6 ans et plus (dimanche).

Ce qui confirme une fois de plus que le niveau très qualitatif de certains cavaliers « font progresser le niveau des chevaux Camargue ». « On joue l'avenir de notre race de chevaux; étant manadier de chevaux cela implique un travail très pointu de sélection » assure le président de l'AECRC mais l'enjeu est aussi de ne pas verser vers une tendance qui tendrait soit à produire uniquement des chevaux de sport ou de tri. « Pour voir l'avenir, il faut prendre conscience de son passé » et Thierry Trazic tient aussi à souligner le rôle primordial des juges dans l'évolution de la race. « Ce sont eux qui définissent les règles. Ce sont eux qui ont la charge de l'avenir de la race ; c'est pour ça qu'ils ne sont plus élus mais nommés ».

« D'où l'importance de mettre le Camargue entre de bonnes mains pour le présenter dans de grands salons comme Equita Lyon » mais aussi au salon de l'agriculture à Paris. Telle est la mission des propriétaires des chevaux qui ont décroché les prestigieux prix des champions de la race le prix François André (mâle) décerné à Arselli des Brus (propriétaire) avec pour naisseur la manade Gourdoux et le prix Fanfonne de Guillierme (femelle) décerné à Alegria de l'Oustau (propriétaire) avec pour naisseur Caroline Mazoyer (interviews à retrouver ici).

Autre nom à retenir ; celui de Carla Pelissier qui a décroché sur Cupidon du Claud, le prix des plus prestigieux et emblématique de Camagri le « Trophée Crin Blanc » de tri de bétail ! La jeune femme tout juste âgée de 18 ans s'était déjà faite remarquée en ayant obtenu en 2018, la 3ème place de ce même concours et le coup de cœur du jury « Crin Blanc ». Mais il est vrai que le duo qu'elle forme avec son cheval est assez magique. « L'anticipation du cheval, c'est cette motivation qui me plaît car il a une capacité à lire le bétail supérieure à la notre » assure la cavalière. Le papa qui a lui fini 3ème de la discipline n'en demeure pas moins fier de sa fille ; bien au contraire. Et c'est entre les deux membres de la famille Pelissier que Yannick Bouterin sur Befio des Tourradons s'est classé 2ème.

Autres résultats :

Meilleure note à Mélodie Teisisier sur Fonfon Clos Saint Jean pour le débourrage.

Meilleure note pour l'éducation pour Christophe Pichon sur Garlaban du Salin.

Pour le concours de ferrade trois manades se sont illustrées ; la première au classement est la manade Listel, c'est une deuxième place pour la Manade du vent large et la 3ème place est détenue par la manade Robert Michel.