CCI 4*S de Lignières : « Intégrer un circuit européen fréquenté par les meilleurs cavaliers du monde ne se refuse pas »
mardi 12 février 2019

Illustration CCI LIgnières en Berry
Le CCiIde Lignières attirait déjà de nombreuses tête d'affiche, mais avec la finale de l'ERM, le site compte bien gagner encore en visibilité © ACEVA

Le CCI de Lignières intègre cette année l’Event Rider Masters, en devenant la sixième étape et finale de cet unique circuit européen de complet. Emmanuel Lagarde, le vice-président de l’ACEVA, l’Association des compétitions équestres la vallée de l’Arnon, explique comment la compétition est venue à intégrer l'ERM et revient sur le nouveau format CCI 4*S - court -, qui remplace les anciens CIC 3*, et les changements qu’il implique.

L’Eperon : Comment le CCI de Lignières est-il devenu la dernière étape de l’Event Rider Masters (ERM) ? 

Emmanuel Lagarde : Ce sont les organisateurs de l’ERM qui nous ont appelés. L’année dernière, on a organisé un stage de la FEI pour le complet à Lignières et de nombreux chefs de piste, stewarts, présidents de jury nationaux et internationaux sont venus. Au total, une trentaine d’officiels de compétition avaient fait le déplacement et parmi eux il y avait des Britanniques qui faisaient notamment partie de l'ERM. De plus, Paul Tapner, également de l’équipe de l’ERM, était déjà venu comme compétiteur à Lignières il y a deux ou trois ans et il nous a recommandé. À la suite de ça, les organisateurs de l’ERM nous ont contactés en nous demandant si on voulait en être. La date et les infrastructures de Lignières leurs convenaient. On a donné notre feu vert et maintenant on fait tout pour pouvoir accueillir au mieux cette étape importante en octobre. 

L’Eperon : Qu’est-ce que l’ERM va apporter à un site comme Lignières ? 

E.L : L’ERM va apporter une visibilité européenne encore plus importante au site que celle que l’on avait jusqu’à maintenant. En terme de cavaliers, on a toujours eu une bonne fréquentation, nationale et même internationale, puisque pour l’édition de l’année dernière on avait quasiment autant de cavaliers étrangers que de tricolores. Cela s’est joué à deux trois cavaliers près pour l’ancien 1 et 2* - qui cette année deviennent des 2 et 3* -. Et bien que l’on ait déjà reçu des têtes d’affiche à Lignières, nous allons désormais les accueillir toutes en même temps, ce qui va forcément capter davantage l’attention. Ce que j’espère surtout, c’est qu’un circuit comme celui là, qui est très médiatisé, nous attire du public. Parce qu’il est vrai qu’à Lignières on est un peu enclavé et donc lésé de ce point de vue. De plus, on ne représente pas forcément une tradition du complet comme cela peut être le cas autour du Lion d’Angers par exemple, ce serait bien que cela change. Et puis c’est tout de même un joli challenge, intégrer un circuit européen fréquenter par les meilleurs cavaliers du monde cela ne se refuse pas. C’est une belle consécration pour un site tel que Lignières en Berry. 

L’Éperon : Savez-vous déjà quels cavaliers seront au rendez-vous début octobre ? 

E.L : On a eu vent de quelques indiscrétions oui. J’ai notamment eu Tim Price au téléphone récemment. C’est un habitué du CCI de Lignières. Il m’a confirmé qu’il viendrait. J’ai également discuté avec les dirigeants de la FFE qui étaient en train de consulter le programme des complétistes français. L’ERM c’est tout de même un 3*, enfin cette année il devient un 4* court si on respecte les termes officiels de la nouvelle nomenclature, et en France tout le monde n’a pas un piquet de chevaux capable d’évoluer sur ce type d’épreuve tous les weekends. Ils sont donc entrain de déterminer qui serait susceptible de prendre part à cette épreuve.

L’Éperon : Que pensez-vous du format raccourci sur deux jours au lieu de trois de cette compétition de complet ? 

E.L : Effectivement, le CCI 4*S de Lignères va désormais se dérouler en deux jours au lieu de trois, car c’est le format imposé par l’ERM. C’est un format un peu différent, plus dynamique. Les épreuves sont filmées donc il faut du rythme pour répondre à certains impératifs médiatiques. Il est vrai que c’est un circuit qui bouscule les habitudes du complet mais je trouve que c’est une expérience qui n’est pas du tout inintéressante. On fait bien du cross indoor maintenant l’hiver. Je trouve que ce genre d’initiatives permet au public de découvrir ou redécouvrir la discipline. Le complet bénéficie d’un regain d’intérêt grâce à cela. Sans parler des dotations importantes ainsi que des propriétaires que ce circuit amène. 

L’Éperon : Quelles différences ce format engendre-t-il sur le programme de la compétition ? 

E.L : Il y aura quelques différences effectivement. Le dressage se déroulera le samedi toute la journée tandis que le CSO se tiendra le dimanche matin et le cross deux heures plus tard environ, le dimanche après-midi. Ensuite, on propose tout de même toujours deux épreuves longues, qui sont cette année les nouveaux 2 et 3* (ex CCI 1* et CCI 2*, ndlr). Ces deux épreuves débuteront le mercredi après-midi pour l’inspection des chevaux et le dressage. Vraisemblablement, le cross du 3* se tiendra le samedi et le cross du 2* le dimanche matin. Le programme reste encore à déterminer, mais les organisateurs de l’ERM viennent la semaine prochaine à Lignières donc tout devrait se préciser à ce moment là. 

L’Éperon : Le cross et le saut d’obstacle se dérouleront donc le même jour pour le CCI 4*S. Est-ce que cela signifie que l’épreuve sera plus intense pour les chevaux ? 

E.L : On est sur un 4* court (ex CIC 3*, ndlr), donc le cross fait moins de quatre kilomètres. Ce sont tout de même des chevaux qui font les championnats du monde et d’Europe, donc je ne crois pas que le fait que le saut d’obstacles et le cross soient le même jour leur demande plus d’efforts. À la limite, je pense même que le cross du 3*, qui à Lignières compte cinq bons kilomètres, sera le plus éprouvant.