Isabell Werth à Pamfou, l’événement …
jeudi 09 mai 2019

Isabell Werth à Pamfou
Isabell Werth aux côtés de Vincent Le Gal (Aullion Sellier), Isabelle et Camille Judet, Corentin Pottier, Patrick Teissenrenc (écuyer en chef), les colonels Michel Autran et Henry Maksud (Sports équestres militaires) et Emmanuelle Schramm, DTN adjointe au dressage © Béatrice Fletcher

Grâce à Aulion Sellier, installé depuis vingt ans à Saumur, et qui confectionne uniquement des selles de dressage sur mesure, la championne Isabell Werth, cavalière de dressage la plus titrée de la planète, animait en ce mercredi 8 mai un Master Class à Pamfou.

Comme le souligne Vincent Le Gal, à la tête de la société Aulion depuis 2015 : « ce Master class à Pamfou est une deuxième édition, car en 2016, nous avions accueilli Beatriz Ferrer Salat. Nous avons eu beaucoup de chance d’obtenir l’accord de la meilleure cavalière mondiale pour animer cette journée. Nous avons sélectionné sept des cavaliers de niveau Saint Georges et au dessus, qui font partie de notre team ». Une 7ème place était à gagner, encore fallait-il poster une photo sur Facebook, et obtenir le plus grand nombre de « likes ». Marie Blaire, originaire de Very, en Haute Savoie, a eu la chance d’être la gagnante grâce à 2600 likes sur la photo de Sweet Dream LH, 9 ans, qu’elle possède depuis qu’elle a dix mois, avec son coach Hubert Perring. Cavalière professionnelle et enseignante indépendante, la jeune femme se disait enchantée de sa séance, au cours de laquelle elle a travaillé les pirouettes au galop. « J’ai vu une nette amélioration, j’espère pouvoir refaire la même chose chez moi. »  

Parmi les personnalités présentes, l’écuyer en chef du Cadre Noir, le colonel Patrick Teisserenc, qui se disait très intéressé par cette journée animée par Isabell Werth, avec laquelle il n’a jamais eu la chance de monter, mais qui a été « très longtemps inspiré par une vidéo de son travail ». Il accompagnait également Pauline Van Landeghem, écuyère du Cadre Noir, invitée avec son magnifique Sertorius, 9 ans, qui débute le Médium Tour pour prendre progressivement la relève de Liaison*ENE HN,  parti en retraite fin novembre 2017. « C’est une très belle opportunité de travailler avec Isabell Werth, j’aime la justesse de son équitation, le fait que ses chevaux soient toujours très actifs, relâchés et aux ordres, ses présentations sont toujours très précises et construites. » 

Camille Judet-Chéret, qui présentait son cheval de Grand Prix Scoop du Bois Luric âgé de 13 ans, a particulièrement apprécié le fait qu’Isabell Werth soit totalement investie dans les différentes séances, et qu’elle ne cède pas au spectaculaire, en acceptant de travailler en majorité l’allure du pas. « Elle voit immédiatement où est le problème et se concentre dessus avec une intensité incroyable, en allant au fond des choses comme si elle les avait à la maison pour un an. C’est très rare de la part de personnes qui interviennent ponctuellement, qui endossent davantage la position du juge, et cherchent à corriger visuellement les problèmes. Isabell s’est souciée avant tout du fonctionnement et de la mécanique du cheval, c’est un exercice difficile. »

En tant qu’organisatrice, Camille se disait super fière de pouvoir accueillir la championne allemande. « Nous avons commencé à en parler lors de la Coupe du Monde en avril dernier. Son équipe a été hyper disponible pour trouver une date. Je suis ravie car plus de 180 personnes sont venues assister à la journée. C’est important pour nous que la fédération soit aussi représentée par le biais d'Emmanuelle Schramm. Nous mettons en place ce genre d’événement pour Aullion, pour les cavaliers qui sont invités, mais si Pamfou peut être un lieu qui permet à la communauté du dressage de vivre des événements comme celui-là, cela justifie tous les efforts que nous faisons, c’est une belle manière de faire vivre le sport. »

Corentin Pottier, présentait Gotilas du Feuillard (Totilas), 12ème lors de la finale du championnat du monde des 7 ans à Ermelo en 2018, propriété de son père Hervé, et qu’il monte depuis un an et demi. « Que demander de plus que de monter avec une championne olympique ? Nous avons travaillé à peu près tous les mouvements préparatoires du Grand Prix, c’était très intéressant car Isabell a cet œil qui lui donne la capacité de détecter les points à améliorer, et cette rigueur qui lui permet de dire qu’elle va essayer de les améliorer. Elle aborde le problème en disant qu’elle va travailler les points faibles, sans prétendre qu’elle va les solutionner. Elle fait preuve de beaucoup de bon sens, tout ce qu’elle fait est très logique, et ce qu’elle dit a bien sûr un impact très fort. » Sur le plan de l’organisation, Corentin le soulignait, c’est un événement totalement différent d’un concours, car cela représente un afflux simultané de 200 personnes, ce qui rend la tâche beaucoup plus compliquée, « mais nous avons une excellente équipe sur laquelle nous pouvons compter. »   

Emmanuelle Schramm tenait à le souligner : « c’est avec grand plaisir que j’ai répondu à cette invitation. Je tenais à rendre hommage à l’investissement d’Aulion Sellier, notamment auprès des jeunes séniors. C’est une phase de leur évolution qui n’est pas simple. Isabell a beaucoup de charisme, elle peut se permettre de faire des choses qui ne soient pas forcément spectaculaires pour plaire aux cavaliers ou au public. Elle se concentre sur les bases, ce qui est super intéressant, mais il faut une stature comme la sienne pour oser le faire.»  

Isabellle Judet, juge 5*, qui se précipitait dès la fin de la journée pour aller juger à Madrid, soulignait aussi : « Isabell Werth va directement au point qu’il faut travailler, sans complaisance. Elle cerne très vite le cheval et les problèmes, elle essaie de toucher un peu à tout pour que le cavalier reparte avec des pistes de travail. Elle se concentre sur les fondamentaux et pointe les éventuelles failles dans son éducation et explique clairement au cavalier  ce qu’il doit travailler pour améliorer ses bases. C’est finement ciselé. On voit les chevaux se transformer, c’est très intéressant à observer. » Au-delà des aspects purement techniques, Isabelle Judet le soulignait, c’est bien qu’il y ait des événements sociaux qui permettent aux cavaliers de dressage de se retrouver, comme cela se produit dans les autres pays européens.  

« A priori, concluait Vincent Le Gal en fin de journée, nous devrions organiser une nouvelle édition en 2020, c’est l’occasion pour nous de remercier nos cavaliers de leur fidélité à nos couleurs. »