Alice Van Crayelynghe intègre l'équipe de France "jeunes cav"
lundi 13 mai 2019

Alice Van Crayelynghe et et sa jument de tête, Ipsy. © Élisabeth Gillion

Associée à sa jument Ipsy, Alice Van Crayelynghe, la fille du cavalier Franck Van Crayelynghe est la nouvelle cartouche de l'équipe de France "jeunes cavaliers". Rencontre avec une jeune femme déterminée, dont l'unique rêve est de faire de sa passion pour les chevaux son métier.

Pour sa 2e sortie en équipe de France "jeunes cav" lors de la coupe des Nations à Fontainebleau, Alice a réalisé la meilleure performance tricolore, avec un sans faute lors de la 1e manche et une petite barre en 2e partie. Et la France a terminé seconde derrière le Danemark : " Olivier Bost a repéré l'harmonie du couple que je forme avec Ipsy. Je la connais par coeur puisqu'elle est aux écuries depuis 5 ans, on s'est donc formées ensemble. Elle est respectueuse, combative, elle a du coeur et du sang : tout ce que j'aime." En plus, en dehors des terrains, elle est facile à vivre et très gentille. Autre atout qui fascine, Ipsy récupère vite. Le lendemain de la coupe des Nations, elle a pris le départ du Grand prix le dimanche avec fraicheur et une certaine aisance ... Acquise par Franck Van Crayelynghe pour que sa fille saute des 135, cette jument BWP, fille de Landor, pourrait bien avoir encore du potentiel puisqu'elle ne cesse de progresser... Avec elle, Alice espère poursuivre l'année en équipe de France. Son objectif ? Réussir le CSIO de Haagen dans un mois et participer au championnat d'Europe aux Pays-Bas en juillet. Elle s'entraîne avec son père Franck, aux écuries de Corbie (Somme), qui offrent de bonnes conditions de travail, où elle a commencé à monter toute petite et s'est acquis une réputation de sérieuse bosseuse. Par ailleurs si elle est à cheval tous les jours, cela ne l’empêche pas de briller du côté du lycée sainte Colette de Corbie où elle suit une 2e pour préparer un bac sciences et techniques de l’agronomie et du vivant.

Comment expliquer les progrès constatés cette saison? Elle les attribue au coaching mental qu'elle pratique avec Bénédicte Kolnik depuis plusieurs mois  : "c'est essentiel, elle m'a apporté une certaine sérénité en limitant, voire en éliminant, le mauvais stress qui me paralysait. Comme j'ai confiance dans ma jument, surtout depuis cette expérience prometteuse en équipe de France, même si la pression est terrible parce qu'on veut à tout prix réussir pour l'équipe, je suis confiante. C'est pourquoi j'essaie d'aller la rencontrer deux fois par mois pour continuer à me perfectionner."

Bon sang ne saurait mentir

Alice Van Crayelynghe, vient de décider de partir se former chez Fabio Crotta en Suisse, avec sa jument Ipsy. Si elle a réussi son bac, elle ne veut pas faire d’études. « Je mise tout sur le cheval ! » Cavalière professionnelle : Alice en rêve depuis toujours. Fille du cavalier Franck Van Crayelynghe, elle est naturellement tombée dans la marmite toute petite et n’en démord pas. Les écuries, installées à Corbie (Somme), offrent évidemment les meilleures conditions de préparation à la compétition pour les cavaliers et de valorisation pour leur monture. Et si la réputation de la maison est bonne, l’ambiance y est à la fois sérieuse et conviviale, à l’image de Franck, qui se définit comme un bon vivant perfectionniste. « On plaisante un coup, on se détend puis on se reconcentre ! ",  et ne cesse de s’agrandir car elle attire de plus en plus d’élèves. 

La preuve ? A 17 ans, Alice qui sort en compétition depuis 2008, a déjà une sacrée maîtrise du métier et si elle travaille de temps en temps avec Pierre Mathieu, son coach est naturellement son père. « On prend plaisir à bosser ensemble car mon père est patient, il donne envie que tout aille bien. » Et ça marche. Quand il a un pépin, Alice le remplace au pied levé. Ainsi au CSO de Fay-les-Etangs début septembre. Au cours du week-end on  a vu Alice décliner une dizaine de parcours avec ses propres juments et les chevaux inscrits par son père. Et se classer plusieurs fois. Elle a gagné une 120 avec une jument qui vient d’arriver aux écuries. Elle découvrait certaines montures, elle en connaissait d’autres pour les côtoyer à l’écurie. Dans tous les cas, elle se débrouille. Dans le grand prix à 145, on la retrouve toute menue sur le grand Quito du Vilpion (Diamant de Semilly), le cheval de tête de son père et elle réalise son parcours tout en finesse. D’ailleurs, ce n’est pas la 1e fois qu’elle joue les jockers de génie pour son père. Il y a deux ans, à Paris, elle avait fait pareil et gagné une épreuve avec Quito.

Mais son affection va surtout à ses deux juments. Ipsi (Landor) lui appartient depuis ses 6 ans. Elle ne lui connaît que des qualités : « on se connait par cœur, elle a du potentiel, elle est respectueuse, combative, dans le sang, comme je les aime... »  Régulière en 140, Ipsy vient de démarrer en 145 à Fay-les-Etangs. A côté arrive Utopia (Surcouf de Revel) qui lui appartient à moitié et qu’elle est seule à monter, sur des 135/140. « Respectueuse aussi, puissante, elle a aussi une bonne tête. » Alice s’en occupe à fond, les chouchoute, les soigne elle-même le soir, quitte à finir très tard, mais toujours avec le sourire. Chez Van Crayelynghe qui n’aime pas les chevaux ? Personne. D’ailleurs, Sa petite sœur Betty est sur ses traces ...