Premier Symposium sur la reproduction équine à Gent
jeudi 22 février 2018

Symposium Gent 2018
Le public de ce premier Symposium était principalement composé de vétérinaires © Philippe Prévost

Retour sur le premier Symposium de reproduction équine lancé à Gent, en Belgique, par le Dr vétérinaire Peter Daels.

La Belgique a été à la pointe du développement des techniques de reproduction équine sophistiquées. L’université de Gent (Gand pour les Wallons, située au nord-ouest de Bruxelles), avec son école vétérinaire, confirme cette implication avec un pôle de recherche actif dans le domaine sous l’impulsion du Dr vétérinaire Peter Daels. Ce praticien de renommée internationale a travaillé avec l’INRA il y a quelques années. Les 8 et 9 février le premier Symposium de reproduction équine était organisé à son initiative. Parmi la délégation française présente, Philippe Prévost, éleveur (élevage de Fondcombe dans l’Ain, naisseur notamment de Saura Fondcombe) et lui-même vétérinaire, nous a livré ses impressions.

L'Eperon : Vous êtes très occupé avec la gestion d’un élevage équin qui voisine avec un important troupeau de bovins de race de viande, mais vous avez pris quelques jours pour vous rendre sur les bancs de l’université en Belgique, pourquoi ? 

Philippe Prévost : Il s’agissait du premier symposium dédié à la reproduction équine pour les praticiens, initié et parfaitement organisé par le Dr Peter Daels, les 8 et 9 février à l’école vétérinaire de Gent (Belgique). Peter Daels est professeur en reproduction équine à l’école vétérinaire de Gent où il a fait ses études. Il a été résident à UC Davis (Californie), Cornell (New York) et a pratiqué à grande échelle le transfert d’embryons chez Keros, fameux centre de reproduction équine en Belgique. Pour une première, c’est un succès puisque les inscriptions, limitées à 220 participants, ont rapidement été fermées. 

Ce symposium a-t-il répondu à vos attentes ? 

En effet après le succès d’estime, il fallait que les participants y trouvent leur compte. Ce fut chose faite avec des intervenants de qualité sur des sujets d’actualité allant du partage de solutions pratiques (comme la perfusion d’eau dans la veine ombilicale pour décoller le placenta) à des sujets exploratoires pointus comme la technique de l’ICSI (intra cytoplasmique sperm injection) ou la congélation des embryons. Les sujets abordés couvraient ce vaste domaine depuis une synthèse très vétérinaire sur les anomalies ovariennes jusqu’à des aspects pratiques comme la membrane mise au point pour filtrer le sperme qui permet de faire l’économie d’une centrifugation.

Qui étaient les intervenants ? 

Si le public et l’organisation était européenne, les intervenants était internationaux : Patrick McCue venu des USA, un des leaders historiques du sujet, Marco Alvarenga venu du Brésil mais aussi Carolina Herrera venue d’Argentine via la Suisse et puis des brillants praticiens d’Angleterre, Suisse, Hollande, Italie, Danemark, France et Allemagne venus partager leur expérience avec un public attentif.

Et côté congressistes ? 

Le public était composé principalement des vétérinaires exerçant en reproduction équine venus chercher une mise à jour de leurs connaissances et partager leurs interrogations ou leurs résultats lors des nombreuses discussions occasionnées par les présentations. On a pu y croiser des professionnels d’expérience comme Serge Lenormand, Frédéric Neyrat ou Laurent Mangold, de jeunes praticiens comme Anne Laure Terzian ou Marion Dicop, des éleveurs/vétérinaires éminents comme Joris de Brabander ou Ana Pignolet ou encore des enseignants des écoles vétérinaires comme Marie Denys, toutes et tous venus de différents pays d’Europe.

Avez-vous une conclusion globale ? 

On retiendra que la reproduction équine a des particularités qui la rendent singulière en comparaison des autres espèces concernées comme l’espèce bovine ou humaine. Les grands progrès connus dans ce domaine se déclinent avec plus ou moins de bonheur mais les dernières avancées techniques comme l’ICSI restent fragiles sur le plan commercial et réservées à quelques rares centres mondiaux. Ce symposium fut aussi l’occasion de découvrir l’école vétérinaire, moderne et fonctionnelle, et le magnifique centre-ville de Gent. 

Pensez-vous qu’il y aura d’autres éditions ? 

Nous sommes ravis d’annoncer que Peter Daels et son équipe qui ont fait un remarquable travail pour cette première auront à cœur de nous réunir à nouveau les 6 et 7 février 2020 pour de fructueux et conviviaux échanges sur ce sujet passionnant de la reproduction équine. Rendez vous est pris !

Toutes les présentations et la liste des participants sont disponibles sur le site http://www.ivis.org/eser/. Rappelons également à l’occasion que la traditionnelle Journée de la recherche équine organisée par l’IFCE aura lieu à Paris jeudi 15 mars. Programme, renseignements et inscriptions sur le site de l’IFCE