AG de la SHF : bilan de « l’année des gros chantiers »

mercredi 18 avril 2018

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Dernière AG ordinaire, à Paris ce 17 avril, pour la Société Hippique Française (SHF), avant l’AG élective de 2019. L’heure était donc, classiquement, au bilan de l’année écoulée et aux perspectives de l’année en cours.

AG SHF 2018 largeL

Coll. SHF

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Pour ce qui concerne le retour sur l’année 2017, parole fut donnée pour commencer à Pascal Cadiou, président du Stud-book Selle Français mais également président de la commission élevage (foals aux 3 ans, et poulinières) de la maison-mère des jeunes chevaux et poneys de sport qu’est la SHF. Les chiffres présentés ne sont, cette année encore, pas très réjouissants. Le niveau de participation aux concours d’élevage est seulement stable, avec une forte baisse pour les concours de 3 ans sport montés (1 020 participants, soit - 23 %) et pour les 3 ans non montés (623 participants, soit - 12 %). Seules sections en augmentation : les pouliches de 2 ans (538, + 20 %) et les poulinières suitées / foals (3 642, + 13 %). Le critère financier semble important : alors même que 2017 conditionnait pour la première fois la participation aux concours d’élevage à la double adhésion des éleveurs (à leur association nationale de race + à leur association régionale), les seules épreuves qui conservent un nombre respectable de participants sont celles des poulinières suitées, auxquelles il est obligatoire de participer pour qu’une jument soit éligible à la prime PACE. Pour le président de la SHF Yves Chauvin, cela démontre les effets néfastes et dangereux de la « baisse catastrophiques » des encouragements publics, même si « cela ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur l’attractivité de nos concours locaux et régionaux ». 

A propos de la dite prime PACE, cette aide a disposé en 2017 d’une enveloppe de 895 681 euros, dont 725 428 pour la PACE SF, soit 124 euros par unité de point pour 1 726 poulinières. 150 euros par unité de points ont été distribués à 307 ponettes, et 111 euros par unité de point à … 57 poulinières anglo-arabes. De quoi s’interroger sur l’avenir de cette race.

Le bilan de la valorisation des chevaux de 4 à 6 ans a été présenté par Danièle Mars, présidente de cette commission. 117 912 partants en épreuves SHF ont été comptabilisés en 2017, en baisse de 3 %. Une baisse à mettre, au moins en partie, directement en relation avec la diminution du nombre des naissances des années concernées. On constate toutefois des différences selon les disciplines. La seule en augmentation (avec 4 732 partants) est le concours complet, à + 11 % (après plusieurs années de baisse). Le saut d’obstacles (95 318 partants) baisse de 3 %, le dressage (2 939 partants) de 6 %, les poneys (8 975 partants) de 7 % et l’endurance (4 653 partants) de 8 %. L’enveloppe de 4 116 000 euros, identique à 2016, a permis une dotation moyenne globale de 233 euros par cheval (249 en CSO et hunter). Le dressage fut le moins bien loti à 145 euros par cheval. 

Le président de la commission commercialisation, Philippe Lemaistre, a notamment fait état des chiffres du site SHF Market : 120 000 utilisateurs en 2017, 2 millions de pages vues (dont 12 % de l’étranger), pour 2 600 chevaux et poneys mis en vente. 

Le président Yves Chauvin a évoqué les gros chantiers 2017, dont le nouveau site d’engagements SHF-concours.com, « qui  n’avait pas fait l’objet de mises à jour depuis plus de six ans quand la SHF a racheté en septembre 2014 » l’ancien site France Cheval de sport. Le menu des développements, confiés à la société Axiocode « dont les prestations n’ont pas été au niveau de nos attentes », était copieux, mais ils ont été pénalisés par de nombreux problèmes : bugs, ergonomie du site pas évidente… La SHF a effectué un travail en profondeur pour pallier aux problèmes, elle travaille beaucoup et doit encore travailler à la résolution de ces problèmes et à l’amélioration du site. Car «  ça patine encore », comme l’a signalé Gilbert Galliot (élevage de Tardonne dans le Cher, membre du bureau du Studbook Selle Français), bien seul à intervenir puisque seule une trentaine de personnes (sur 9 000 adhérents) avait fait le déplacement pour cette AG, malgré le report de la date pour éviter les jours de grève de la SNCF. 

2017 fut l’année de lancement d’un autre gros chantier : celui du projet SHF Vidéo (retransmission des épreuves sur le web et l’appli pour smartphones, vidéothèque personnelle, plateforme interactive de services vidéos…), qui donne, selon le président, « à la SHF une avancée technologique unique dans un monde des services vidéo en pleine évolution » et « va certainement révolutionner le paysage médiatique ». Yves Chauvin a livré les premiers chiffres, qui sont de 1 551 abonnés en 2017, et s’est également félicité des partenariats noués avec la grande plateforme internationale de diffusion live de compétitions hippiques et d’événements d’élevage Clip My Horse. 

Le président a également fait état de la création de trois SHF régionales, issues d’associations régionales d’éleveurs qui se sont regroupées, en Auvergne Rhône-Alpes, Nouvelle Aquitaine et Occitanie. « Au même titre que la FFE possède des CRE, nous devrions avoir une représentation de la SHF en régions » a-t-il expliqué. 

"Un bilan financier sain mais avec des réserves modestes"

Le bilan financier a été présenté par le nouveau trésorier. L’ancien, Franck Bruneel, qui a officié pendant sept ans, a laissé la place à Gérard Rameix, soutien et membre de la SHF depuis de nombreuses années, énarque, nommé directeur adjoint du cabinet du premier ministre en 1997, et qui sera (entre autres…) directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie, président de la société Finindex, directeur général de la COB (Commission des opérations de bourse) puis président de l’AMF (Autorité des marchés financiers) d’août 2012 à juillet 2017. Le poste de trésorier de la SHF devrait être à sa hauteur… Gérard Rameix a dit, au regard du compte de résultats, « ne pas avoir de graves préoccupations pour l’équilibre financier de la SHF, même si le résultat n’est que légèrement positif. » Concernant les efforts importants effectués ces derniers temps pour le développement de la vidéo, « nous avons fait des reprises sur provisions pour équilibrer cette charge » et « nous allons avoir des amortissements importants pendant trois ans, de 2018 à 2020 », mais rien d’inquiétant à cela selon lui. Le bilan fait état de « fonds propres heureusement très positifs (de l’ordre de 600 000 euros) mais pas énormes », d’où « un bilan sain en lui-même mais avec des réserves relativement modestes. Le vrai sujet est : est-on capables de dégager des ressources ? ». 

L’examen des perspectives 2018 fut l’occasion d’évoquer notamment le succès et le développement des diverses formations (cavaliers, juges, etc.), l’augmentation du soutien aux organisateurs de concours d’endurance et le plan de relance de la discipline du dressage, la transformation du Petit Parquet, au sein du Grand Parquet de Fontainebleau, en carrière en sable, la transformation du terrain de Vichy (propriété de la SHF) avec l’aide de la Région en un deuxième Pôle Hippique (en complément de Chazey-sur-Ain), ainsi que le regroupement des 4 sociétés-mères et de la FFE dans un Comité de Gouvernance de la filière équine (lire ICI). Désigné président de ce Comité pour les six premiers mois, Dominique de Bellaigue, président du Trot, s’est exprimé à ce sujet. Il a par ailleurs instamment prié le représentant du Ministère de l’Agriculture, Cédric Charpentier présent à cette AG, de rappeler au Ministre l’importance du dossier de la TVA. Mr Charpentier avait indiqué précédemment que la Commission européenne étudie actuellement une proposition de directive destinée à redéfinir les taux de TVA en Europe en permettant à chaque Etat d’adapter certains taux selon ses propres problématiques. Mais il restait prudent, précisant qu’une telle directive ne peut être adoptée qu’à l’unanimité à l’échelon européen, et que certains Etats considèrent que permettre dans le domaine fiscal à chaque Etat d’édicter ses propres règles irait à contresens de l’histoire. Selon lui, rien n’est donc fait, et la mise en place d’une telle directive, si elle est adoptée, ne pourra se concrétiser dans les faits avant 2022. Une hypothèse qui a eu le don d’offusquer Dominique de Bellaigue, pour qui « en 2022 nous serons tous morts ! ». A Dieu ne plaise…  

Emmanuel Jeangirard

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0Commentaires

PHILIPPE P | 20/04/2018 08:56
La SHF ressemble de plus en plus à marchand de glaces au beau milieu du désert.
Laissez de grâce la formation des jeunes chevaux à la fédération équestre nationale comme le font tous les pays, de plus en plus nombreux, qui nous précèdent au classement WBFSH des chevaux d'âge et qui nous ridiculisent chaque année au championnats du monde des jeunes chevaux à Lanaken.

Ph. POPPE

BERNARD M | 18/04/2018 16:50
Excellent résumé d'une AG qui montre le sérieux et la compétence des responsables SHF pour continuer à prendre le tournant de l'autonomie dans le délicat secteur du jeune cheval de sport ... Merci Emmanuel !


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