L’ADEP mise en sommeil
mercredi 11 avril 2018

Haras du Pin
Le Haras du Pin © Eric Fournier

Epilogue de l’affaire de l’opposition, exprimée par l’ADEP (association des éleveurs de la région du Haras du Pin), à la volonté du président de la Région, Hervé Morin, de voir fusionner les associations d’éleveurs normandes.

Depuis la création des grandes régions et la réunification territoriale administrative de la Normandie, son président Hervé Morin exprimait sa volonté d’avoir en face de lui un seul interlocuteur, notamment pour ce qui concerne les éleveurs de chevaux de sport. La pression mise sur l’ADEP - l’association d’éleveurs de l’ancienne circonscription du Haras du Pin situé dans l’Orne - était forte pour qu’elle fusionne avec Cheval Normandie, née il y a déjà plusieurs années de la fusion des associations de la circonscription de Saint-Lô.

 

Lors d’une assemblée générale de début d’année, les éleveurs de l’ADEP ont exprimé leur souhait de perdurer en tant qu’entité associative avec sa propre identité, tout en proposant de signer une convention avec Cheval Normandie qui deviendrait l’interlocuteur privilégié de la Région (voir notre article du 26 février ici : http://www.leperon.fr/elevage/Elevage-et-etalons/Une-seule-association-d-eleveurs-pour-la-Normandie).

La Région ne l’a pas entendu ainsi, les subventions régionales ont été coupées, et le Stud-book SF a retiré son agrément à l’ADEP pour l’organisation des épreuves d’élevages SF, désormais déléguée pour toute la Normandie à Cheval Normandie qui auparavant, lors de son AG du 24 février, avait désigné en son sein des représentants des départements de l'Orne, du Calvados, de l'Eure et de la Seine Maritime afin d'assurer sa représentativité sur l'ensemble du territoire.

 

Dès lors la cause était entendue, et l’ADEP n’avait plus qu’à baisser le rideau, ou pour le moins « se mettre en sommeil », ce qu’elle devrait faire lors d’une AG extraordinaire qui sera convoquée par son président Jean-Pierre Cosnuau fin avril ou début mai (voir son communiqué ci-dessous). Elle mettra ainsi fin à l’histoire, telle qu’elle existait jusqu’alors, d’une association d’éleveurs née il y a quarante-six ans (le 27 avril 1972) et qui regroupait encore 170 adhérents, parmi lesquels notamment Bernard Le Courtois (Haras de Brullemail), les Mégret (Haras de Clarbec), François Roemer (Haras de Courthioust), Grégory Mars (Haras des M), Annick et André Chenu (Haras du Plessis), ou encore Emmanuelle et Armand Perron-Pette (Haras des Coudrettes).

Emmanuel Jeangirard

 

Communiqué de l’ADEP du 10 avril 2018 :

L’ADEP éliminée… Eleveurs bafoués !

L’ADEP – Association des Eleveurs de chevaux de sport de la circonscription du Pin – est au service des éleveurs depuis près de 50 ans et de tous temps a suscité les convoitises de ses voisins.

Depuis 2017, le Président de Région, aidé par le Conseil des Chevaux de Normandie, demande aux associations d’éleveurs de Normandie (ADEP, Cheval Normandie et ONP – Organisation Normandie Poney) de se regrouper et de devenir cosignataires de projets et d’un contrat d’objectif au nom du secteur de l’Elevage des chevaux et poneys de sport. Faute de quoi, par un odieux chantage, elle suspendait toutes aides à ces trois associations.

Aides minimes pour l’ADEP par rapport à celles allouées par le département de l’ORNE.

Depuis cette époque, nous avons travaillé avec un juriste pour accéder au désir de la Région et conserver notre identité. Nous avons réuni notre Assemblée Générale où nous avons invité Cheval Normandie à exposer la situation et sa vision de l’avenir.

Une Assemblée Générale Extraordinaire s’en suivait pendant laquelle 3 choix ont été soumis au vote de nos adhérents :

  • «la fusion» qui entraînerait la disparition totale de l'ADEP,
  • «la convention» qui offrirait à Cheval Normandie le titre d'interlocuteur privilégié de la Région et nous permettait de conserver notre identité et les aides Départementales qui étaient plus importantes que les aides Régionales,
  • ou «le refus» qui rejetterait tout rapprochement avec les deux autres associations.

A l’issue des votes, la convention est sortie largement majoritaire, cela devait donc répondre aux exigences de la Région puisque Cheval Normandie devenait seul interlocuteur.

Peu de temps après, Cheval Normandie avait aussi son AG et une AG Extraordinaire au cours de laquelle ils ont élargi leurs statuts à l’ensemble de la Normandie de façonunilatéralesans tenir compte des adhérents de l’ADEP et de leur vote.

La presse spécialisée annonçant alors qu’il y avait eu fusion, difficile, mais fusion. Il n’en était rien !

C’était sans compter que l’objectif réel était d’écarter l’ADEP de toutes actions au service de l’élevage et des éleveurs. Le seul moyen alors, était de lui supprimer l’agrément, ce qui lui a été notifié par email le 27 mars 2018 par le Stud-book du Selle-Français ; rendant caduque tout le travail de début d’année : calendrier, adhésion, et interdisant par là-même l’organisation d’épreuves d’Elevage.

Un gâchis monumental : éleveurs bafoués, suppression d’un emploi à temps plein, perte d’aide de proximité, bonnes volontés désabusées et démotivées, désertification de tout un secteur déjà pénalisé, perte de subvention pour la filière, les aides départementales ne sont pas reconduites !

L’ADEP va tenir une Assemblée générale Extraordinaire et remboursera tous ses adhérents et annonceurs afin de ne pas les pénaliser et qu’ils puissent rejoindre une association régionale d’éleveurs pour valoriser leurs produits.

L’ADEP sera alors probablement mise en sommeil en attendant une nouvelle mission, mais n’officiera plus au niveau de l’élevage qu’elle a servi depuis presque 50 ans.

Pour terminer, nous soulignons que la Région Normandieest la seuleen France à ne pas avoir accepté le principe d’une convention.

L’ADEP remercie tous ses adhérents de leur confiance et leurs souhaite beaucoup de réussite avec leurs produits. L’ADEP remercie aussi le « Département de l’Orne » pour son réel soutien sans faille depuis sa création.

Jean-Pierre Cosnuau

Président

 

Commentaires


beatrice L | 17/04/2018 11:03
Ayant présidé l’ADEP durant quinze années, la mort de notre association régionale me bouleverse !
Cette fin n’était pas inéluctable.
Dans la plupart des autres régions françaises, une convention a été signée entre les différents intervenants pour nommer un interlocuteur unique avec la nouvelle région, tout en sauvegardant les spécificités des associations existantes.
Il aurait été logique que le Conseil des Chevaux de Normandie assure ce rôle, faute de quoi, on peut se demander quelle est sa réelle utilité.
Qu’en sera-t-il des organisateurs de concours qui bénéficient du soutien de la Région ?
Devront-ils tous « passer » par un interlocuteur unique «Pôle Hippique International de Deauville » par exemple ?
Quant sera-t-il des différents Stud-books bénéficiant des aides de l’Etat ?
Devront-ils tous « passer » par un interlocuteur unique SHF par exemple ?
Gageons que cette décision inique aura pour conséquences de réduire les coûts de gestion de la nouvelle région.
Philippe Martin