Les nouveaux crédos de la SHF

jeudi 06 avril 2017

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La Société hippique française réunissait son assemblée générale le 4 avril. L’occasion de mieux appréhender, chiffres à l’appui, les tenants et aboutissants des paris sur l’avenir menés tambour battant par le président Chauvin.

AG SHF 2017 largeL

Emmanuel Jeangirard

Une trentaine de personnes seulement était présente à l'AG de la SHF le 4 avril

Comme bien souvent hélas pour ce qui concerne les organismes nationaux d’élevage, l’assemblée générale annuelle de la Société Hippique Française (SHF), mardi 4 avril, n’a rassemblé qu’un auditoire très restreint (une trentaine de personnes), problème il est vrai aggravé cette année par des perturbations sur la ligne ouest du TGV… L’avenir et les orientations de la société-mère des jeunes chevaux et poneys de sport concernent pourtant directement tous ses adhérents et utilisateurs : associations d’élevage, éleveurs, cavaliers et propriétaires de jeunes chevaux principalement.

Seront-ils plus nombreux l’an prochain, et en 2019 pour l’AG élective ? Le nombre d’adhérents en tout cas va mathématiquement augmenter, puisque l’adhésion devient cette année obligatoire pour tous les utilisateurs (seul l’engageur des chevaux devait adhérer auparavant. Cette année l’adhésion est obligatoire pour, lorsqu’ils ne sont pas déjà l’engageur, les propriétaires des chevaux de cycle libre et classique, ainsi que pour les cavaliers des épreuves de formation, des CIR et des finales de cycle classique CSO, CCE et dressage). Le nombre d’adhésions (50 euros en 2017, comme l’an dernier) devrait ainsi passer de 7000 à près de 11000.

Les éleveurs vont également être obligés d’adhérer à leur association locale d’une part et à leur association nationale (Stud-book Selle Français pour le SF, ANAA pour l’AA par exemple) d’autre part. Les fonds publics ne sont plus ce qu’ils étaient et la participation financière des utilisateurs est jugée inéluctable et indispensable ; au risque d’en décourager certains, du côté des éleveurs, qui voient les recettes diminuer et les charges diverses et variées s’additionner, même s’il s’agit de petites sommes pour ce qui concerne les cotisations.

Face à cette problématique, le président de la SHF, Yves Chauvin, considère apparemment que pour justifier son existence la Société-mère ne peut plus se contenter d’être une simple maison enregistreuse puis redistributrice de dotations. Les ministères et les utilisateurs sont en droit d’attendre d’elle de nouveaux services. C’est ce vers quoi le président s’est efforcé d’aller ces dernières années. Il y a eu le succès grandissant des stages de formation, la reprise de la communication en interne, la création et le développement de SHF Market, la reprise et la transformation du site France cheval de sport devenu shf-concours.com pour s’affranchir du site d’engagement FFE Compet… Passées les difficultés au démarrage, les éleveurs vont pouvoir engager dès cette année via ce site dans les épreuves d’élevage (foals aux 3 ans). Puis peut-être ultérieurement en épreuves de valorisation (4 aux 6 ans SHF) ? Cette éventualité a sans doute joué dans la renégociation opérée par la SHF de la convention avec FFE Compet pour les trois années 2017 à 2019, avec une économie à la clé de 120 000 euros.

Toujours au titre des nouveaux services, aujourd’hui le tour est venu pour SHF Vidéo, dont les objectifs sont notamment d’améliorer la visibilité des épreuves SHF, de redonner la main aux propriétaires sur la publication des vidéos, et de favoriser les échanges commerciaux (voir pour plus de détails sur le fonctionnement ici ).

Opiniâtre

Inventif, opiniâtre, enthousiaste, tonique, Yves Chauvin est du genre à foncer. Y va-t-il trop fort ? Il ose, fait des paris, l’avenir jugera. SHF Vidéo, avec ses « live » en simultané, son application pour mobiles, sa vidéothèque, a nécessité un énorme travail et sera probablement un magnifique outil, accessible, en dehors des retransmissions en live qui sont gratuites, pour un prix d’abonnement annuel de 60 euros cette année (« prix de lancement »). Tout cela génère parfois des économies voire de nouvelles ressources (abonnements, diffusion des finales accordée à Clip My Horse pour 55 000 euros). Mais cela a aussi un coût, auquel le Fonds Eperon a participé pour la mise en place mais pas pour le fonctionnement ultérieur. Les équipes de la SHF ont dû s’étoffer, les charges salariales ont augmenté entre 2015 et 2017 de 41,5 % (à 923 580 euros dans le budget prévisionnel 2017), les charges locatives également (+ 17,7 % en deux ans), mais le budget prévisionnel 2017 n’en reste pas moins à l’équilibre (et même légèrement excédentaire) évidemment.

Tout cela se joue dans un contexte difficile de diminution du Fonds Eperon et d’inquiétude sur sa pérennité. En tout état de cause, du fait du retrait de la deuxième partie du Fonds Eperon par les sociétés de courses, il ne se situe plus aujourd’hui qu’à hauteur de 9,6 millions d’euros. Les 3,4 M attribués à la SHF en 2017 - soit une baisse de 100 000 euros, qui ajoutée à une baisse budgétisée des produits sur engagements, implique une baisse des dotations, dans le budget prévisionnel, de 280 000 euros - représentent donc aujourd’hui plus d’un tiers des 9,6 M du Fonds Eperon ! Niveau d’alerte ? Lors de son intervention en fin d’AG, Jean de Chevigny, secrétaire général du Fonds Eperon, a glissé que ceci ne doit pas se faire « au détriment des autres porteurs de projets innovants et structurants ».

Pour quel « ressenti » ?

L’immobilisme n’était sans doute pas pour autant la solution pour la SHF. Reste le « ressenti » que percevront de tout cela les utilisateurs… Difficile à jauger si personne ne participe aux AG qui les concernent ! Pour l’heure, la participation aux concours d’élevage (foals aux 3 ans) est en baisse en 2016 de 2 % globalement (- 17 % pour les 3 ans montés). Elle est stable globalement sur le circuit de valorisation (- 1 %, malgré une baisse des naissances plus importante). Mais la baisse continue en CCE (encore - 8 % en 2016) inquiète. Les dotations en circuits de valorisation (4, 5 et 6 ans toutes disciplines, chevaux et poneys) ont atteint le montant de 4 117 000 euros, soit une moyenne « pathétique » selon les mots du président lui-même de 211 euros par cheval.

C’est donc bien un pari que fait le président Chauvin, qui, quoi qu’il en soit, ne ménage pas sa peine !

Plus de détails chiffrés pour les postes évoqués, et quelques autres, à retrouver ici (patience, le chargement du diaporama dans son intégralité peut prendre quelques minutes...), grâce aux tableaux projetés sur grand écran lors de l’AG que la SHF a bien voulu nous procurer.

Emmanuel Jeangirard

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