Aix : temple de la résurrection ?
lundi 08 juillet 2002

Levallois-Experio-Aix
Eric Levallois et Experio HN. Photo Dirk Caremans

C’est une équipe pleine de fraîcheur voire de candeur qui s’est retrouvée pour la première fois réunie dans le temple mondial des sports équestres : Aix-la-Chapelle (25-30 juin).

Issus de circuits de début de saison bien différents, ce sont quatre chevaux français (tient ça nous change !), dont trois étalons (Diamant de Semilly/Eric Levallois, Dollar dela Pierre/Reynald Angot, Dollar du Mûrier Hauts de Seine/Eric Navet, Diabolo du Parc II/Ludovic Leygue étant le seul hongre), dotés d’un gros potentiel grâce auxquels l’espoir d’une résurrection de l’équipe de France renaît. Si l’on traite volontairement des chevaux en priorité, c’est que, bien entendu, les pilotes eux ne nous ont jamais fait défaut ! En revanche, la pénurie de véritables couples étaient plus que pesante et vraiment inquiétante.

Ensemble et dans une ambiance bon enfant, à laquelle Michel Robert a pris une part importante bien qu’il ait été écarté de la Coupe des nations et préféra déclarer forfait pour le Grand Prix à cause de l’émotivité exacerbée d’Olympia, chacun a prouvé sa dimension.Bien que comme l’ensemble des chevaux, Reynald Angot, qui débute à ce niveau, Ludovic Leygue et Eric Levallois découvraient la mythique Soers, chacun a su gérer la pression de la concurrence face aux quelques 40 000 spectateurs journaliers (305 000 au total !), et se dépasser. Et en dépit du fait que chaque couple soit encore dans une phase de réglage, c’est une moisson exceptionnelle, et le mot est pesé, que les Bleus ont récolté. Exceptionnelle, déjà la victoire du benjamin, Reynald Angot, 26 ans, avec Dollar dela Pierre au soir du premier jour devant Ludger Beerbaum/Goldfever 3. Exceptionnelle ensuite et surtout, la 4e place collective dans la Coupe des nations. Ce n’est pas un podium certes, mais lorsque l’on sait que la France n’avait pas passé la cap de la première manche depuis 1997 (soit dans les six nations qualifiés de la seconde manche), et que la dernière performance remonte pile à 10 ans, soit une 3e place de Président Papillon/Roger-Yves Bost, Papillon Rouge/Xavier Leredde, Nonix/Michel Robert, Razzia du Poncel/Hubert Bourdy, on juge la prestation différemment ! La qualification des cinq couples (soit dans les quarante meilleurs cavaliers du concours) pour le Grand Prix, puis le classement de trois tricolores - Dollar dela Pierre/Reynald Angot (7e), Dollar du Mûrier Hauts de Seine/Eric Navet (13e), Diabolo du Parc II/Ludovic Leygue (15e) - sur les quatre en lice concluaient la semaine en beauté. La victoire des deux Eric avec Expério HN et Djalisco du Gué dans le relais, la 2e place d’Eric Levallois avec Expério HN dans la traditionnelle chasse d’Aix-la-Chapelle, et les huit autres accessits que se partagent premiers et seconds chevaux, confirment la position ascendante de la France.

Pour autant la composition de l’équipe des mondiaux de Jerez ne sera pas forcément identique. Il est fort probable qu’un quatrième, à déterminer, prenne la place du couple le plus vert, Reynald Angot/Dollar dela Pierre, dont la quête d’expérience en vue des JO Athènes 2004 paraît prioritaire sur la recherche d’exploit à court terme. Quoi qu’il en soit, la marge de progression de chacun est évidente, et avec une base de chevaux de 11 ans l’objectif Athènes paraît se dessiner…Pour autant, si l’on a compté, nous sommes loin de dominer ! Les quatorze sans-faute sur quatorze tours (soit trois victoires dont le GP, et trois 2e places sur six épreuves) de Ludger Beerbaum avec trois chevaux laissent rêveur ! Du chemin reste à parcourir, mais tout le monde concluait sur une expérience riche d’enseignement et d’orientation de travail. A moins de trois mois des JEM, c’est encourageant.