Bertrand Pignolet clame son innocence
vendredi 12 avril 2002

Richebourg-Pignolet
Richebourg et Bertrand Pignolet - Ph. Cosinus Prod

Condamné par la FFE pour dopage, Bertrand Pignolet a reçu une peine sévère et perd le titre de champion des 7 ans acquis avec Richebourg en 2001. Le cavalier normand s'explique.

Trois nouveaux cas de cavaliers sanctionnés pour dopage s’ajoutent aux six relevés dans le B.O. le mois dernier (voir L’Eperon n° 211 p. II). Parmi eux, deux couples chevaux-cavaliers renommés.Le Bulletin de la FEI de mars 2002 fait état de la condamnation, le 28 novembre 2001, d’Hervé Godignon, nouveau président de l’ACSOF (Association des cavaliers de saut d’obstacles français), à un mois de suspension (effectué l’hiver dernier), 1000 francs suisses d’amende et 1750 francs suisses de participation aux frais de procédures, après que Calypso d’Herbiers a été contrôlé positif au Naproxène au Portugal lors du CSI-A de Companhia des Leszirias. Hervé Godignon, qui n’a pas fait appel, affirme ne pas connaître l’existence même de ce produit.Le B.O. de la FFE du 8 avril fait état, lui, des condamnations de Bertrand Moissonnier et Bertrand Pignolet, ce dernier écopant d’une sanction particulièrement sévère. On se souvient de l’effet retentissant de sa double victoire lors des championnats de France 2001 dans le Critérium des cavaliers de 1ère catégorie avec Bayard d’Elle et dans le championnat de France des chevaux de 7 ans avec le fils de ce dernier, Richebourg. Un contrôle anti-dopage effectué sur Richebourg ayant révélé la présence de Théophylline, Bertrand Pignolet a été condamné une première fois le 26 novembre 2001, puis s’est pourvu en recours, cette fois assisté d’un avocat. Il se trouve finalement condamné, par jugement de la commission fédérale d’appel du 5 mars 2002, au déclassement dans ces épreuves (le titre revient donc à Gentleman Platière et Eric Navet), à une suspension de sa licence de compétition de 6 mois dont 4 avec sursis - les 2 mois restant devant être exécutés immédiatement (et non en hiver comme c’est souvent le cas) -, au paiement d’une amende de 609,79 € (4000 F), et à la restitution des prix.

Bertrand Pignolet se dit décidé à aller devant le tribunal administratif. Il s’affirme innocent et s’étonne en outre d’une « sanction démesurée par rapport au produit incriminé et à la jurisprudence ». Bertrand Pignolet souligne que « la Théophylline, produit utilisé dans le traitement des affections respiratoires qui serait un dérivé de la caféïne, ne peut servir à cacher une douleur. Des cas récents pris avec des anti-inflammatoires ont été sanctionnés d’un mois de suspension en hiver et je prends moi, alors que depuis trente ans ni mon père ni moi-même n’ont jamais été condamnés pour dopage, la plus grosse sanction de ces dernières années. » Bertrand Pignolet se demande « s’il ne paye pas pour NASH », l’agence de ventes aux enchères dont il était le président en 2001 et qui s’est portée cette même année en justice contre la FFE, à qui elle demande des dommages et intérêts élevés après parution d’une information erronée dans le mensuel officiel de la FFE.