Bilan du Directeur Technique National
jeudi 07 septembre 2006

JEM6-end-force
Ph. cavadeos.com

Au lendemain de jeux mondiaux plus que décevants pour la France, Jean-Luc Force, Directeur Technique National dresse un premier bilan.

Jean-Luc Force, Directeur Technique National fait le point sur le bilan sportif français lors de ces Jeux Equestres Mondiaux :« C’est un bilan mitigé car les Jeux Equestres Mondiaux regroupent 7 disciplines. Aujourd’hui notre bilan est mauvais sur les disciplines olympiques et globalement positif sur les disciplines non olympiques dites de haut niveau. On revient avec moins de médailles qu’à Jerez. Maintenant ces résultats laissent sous entendre que dans certainesdisciplines, notamment olympiques nous avons tendance à accumuler du retard en matière de performances sportives.Nous n’arrivons pas à tirer notre épingle du jeu, et le saut d’obstacles en est très significatif, cela fait trois ans qu’il y aaucune éclaircie. Nous sommes dans une spirale descendante. Il faut redresser la barre tout en étant conscient que le mal est profond.

La vraie problématique d’aujourd’hui se construit autour de trois grandes questions qui sont :- Quels sont les paramètres qu’il faut réunir pour performer à haut niveau ?- Pourquoi en France nous n’arrivons pas à les réunir et souhaitons nous vraiment le faire ?- Savons nous comment nous y prendre ?Ce bilan sportif décevant pour le CSO doit nous permettre de réfléchir à la mise en place d’une politique cohérente du hautniveau. Cette politique s’applique également pour le dressage et le concours complet, mais aussi pour les autres disciplines.

Bilan du dressage : Certes il y a une évolution mais nous nous apercevons qu’elle reste fragile et que nous ne disposons pas d’un réservoir de couples pouvant prétendre à ce niveau suffisant. Il faut absolument agir, et augmenter le potentiel pour pouvoir évoluer sur la scène mondiale.En ce qui concerne le concours complet, nous avons vécu une contre performance… Il ne faut pas en tirer des conclusions trop lapidaires. En effet, nous sommes habitués à voir les français régulièrement sur le podium. Cette contre performance fait partie de la réalité sportive ! Mais je reste persuadé qu’il faut faire confiance à Thierry Touzaint et à son équipe pour rebondir sur les prochaines échéances.Le bilan de l’endurance est le plus positif de ces JEM. La relève de Pierre Cazes est assurée. C’est une grande satisfaction, l’équipe en place vient de prouver sa compétence et la bonne santé de l’endurance française d’une manière éclatante !Pour la voltige, je pense que nous avons vécu une grande déception avec l’échec de Matthias Lang, car c’est la médaille sur laquelle nous avions le moins de doute par rapport à ses performances sportives. C’est comme en concours complet, l’erreur est humaine. C’est ce qui fait aussi le charme du sport …Le point positif c’estque nous avons aujourd’hui des jeunes qui émergent, je pense entre autres à Nicolas Andréani qui est près du podium.L’attelage obtient des résultats très positifs. Déjà nous avions une équipe contrairement à 2002. De plus cette équipe est jeune, très motivée et soudée. Nos meneurs venaient ici pour prendre de l’expérience au plus haut niveau et ils ont réussi à tirer leur épingle du jeu. En particulier Benjamin Aillaud qui rentre dans le top 10 mondial à quelques points de la tête. Nous pouvons donc prévoir des résultats significatifs en attelage 4 chevaux dans les années à venir.Le reining, est une discipline qui n’est pas rentrée dans le système fédéral. Nous leur avons proposé de prendre le « bus » pour Aix-la-Chapelle avec nous mais nous n’avons aucune visibilité. Il faut mettre en place une véritable collaboration.C’est donc un bilan très mitigé. Il nous laisse entrevoir des vraies possibilités pour l’avenir dans certaines disciplines et mais il est aussi très alarmant dans d’autres et non des moindres. A mon avis cela impose à l’ensemble des partenaires qui ont des responsabilités dans le domaine du haut niveau et la filière du cheval en généralde coordonner leurs actions pour essayer de rebondir et de construire un meilleur avenir à notre sport.Aurons nous la volonté, le courage et l’énergie de le faire tous ensemble.»