Bousculade sur le podium individuel
lundi 18 août 2003

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Ulla Salzgeber et Rusty - Ph. PSV

A l’issue du Grand Prix, vingt-six cavaliers continuaient la course en individuel. Compétition très serrée, sauf pour la médaille d’or remportée sans surprise par l’Allemande Ulla Salzgeber qui avait pris une belle avance, consolidée sur le Grand Prix Spécial samedi, et confirmée sur la Kür dimanche.

Le Grand Prix Spécial est une reprise superbe et lorsqu’il est déroulé par une Ulla Salzgeber plus déterminée que jamais à gagner et un Rusty majestueux, le spectacle devient un régal, sanctionné par une moyenne supérieure de 2% à celle de son challenger immédiat le couple américain Lisa Wilcox/Relevant. Derrière, l’Espagnole Beatriz Ferrer-Salat (Beauvalais) va devoir batailler ferme dans la Reprise Kür pour sauver une 3e place au classement cumulé des trois reprises, car le Suédois Ian Brink (Briar Bjorsells), 3e du GPS, la talonne à 0,52%. Deux autres couples allemands, Heike Kemmer avec le jeune Bonaparte et Klaus Husenbeth avec son merveilleux Piccolino se tiennent assez près pour tirer profit d’une contre performance.

Mais le couple suédois ne faillira pas et, à l’issue de la Reprise libre, passera effectivement devant la médaillée de bronze de Jerez qui y commet quelques fautes de trop. Et voilà Ian Brink avec deux médailles autour du cou ! Une de bronze au titre du championnat d’Europe Open, l’Américaine remportant l’argent… Et une d’argent au titre du championnat d’Europe – tout court – dont le bronze échoit à Beatriz Ferrer Salat. Le public, dont la qualité – calme au début des reprises et pendant - et l’enthousiasme ont été salués par les cavaliers, a semblé quelque peu décontenancé par cet encombrement sur le podium. Des applaudissements fournis mais pas d’explosion et un tour d’honneur un peu trop calme, débuté sans l’once d’une note de musique. Un petit couack dans une organisation remarquable pour une compétition d’une grande qualité. Le président du jury, le Britannique Stephen Clarke, en était tout ému lorsqu’il remercia les cavaliers d’avoir offert du si beau sport.

Emotion aussi – mais dans un autre registre - pour les rarissimes Français présents, car devant cette envolée du niveau (17 couples au-dessus de 70% dans le GPS et, bien sûr, les 15 retenus pour la Kûr), les Bleus sont au plus mal. Il n’y avait pas d’équipe à Sydney, il n’y en aura pas à Athènes. Rendez-vous à Pékin, peut-être. Cinq ans. De quoi faire un travail en profondeur auprès des cavaliers, entraîneurs, juges et éleveurs. Il faut juste en avoir la volonté et mettre les moyens en face sans perdre de temps.