Disparition de Daniel Benchimol
vendredi 26 novembre 2004

benchimol daniel
Daniel Benchimol - Ph. coll

Triste nouvelle pour le monde équestre que celle de la disparition de Daniel Benchimol, le 23 novembre dernier.

Né pendant la dernière guerre mondiale, cet homme d’affaires, passionné d’animaux et de nature, découvre le cheval par hasard à 30 ans. La pratique de l’équitation et un stage chez Jean d’Orgeix l’enthousiasment. Il achète alors des chevaux dont Qualmia (Lys de Gruchy) qui sera finaliste à 4 et 5 ans avant d’être revendue aux Etats –Unis, ou encore Patchouli, champion des 5 ans.En 1983, il fait l’acquisition d’Obéron du Moulin, alors âgé de 4 ans, qu’il confie à Hervé Godignon (élève de Jean d’Orgeix) puis à Etienne Laboute (autre élève de Jean d’Orgeix) à partir de six ans. Cette période marque le début d’une collaboration entre la famille Benchimol, installée à Berchères sur Vesgre, et le nouveau cavalier de l’étalon qui durera sept ans.

Au milieu des années 80, Daniel Benchimol s’offre, pour son usage personnel, Kune, une fille de Dynamique, jument avec laquelle il réalise sans doute ses meilleures performances en compétition, en B2 et B1. Mariée à Obéron elle lui donnera l’étalon Carnute que sa fille Véra débutera en jeunes chevaux avec succés. Tout le monde connaît la suite de l’histoire. Carnute sera vendu à monsieur Velin, une somme considérable pour l’époque, supérieure à celle que l’homme d’affaire suédois avait investie précédemment pour l’acquisition de Quidam de Revel, ce qui fit sensation. Plus récemment la vente d’Eburovic Grand Pré à Fences et celle d’Hermes Saint Lois (acquis à 6 mois), à la famille Pessoa pour dix millions de franc, confirment la réussite qui semblait lui sourire presque systématiquement. En effet, tout ce que Daniel Benchimol entreprenait paraissait voué au succès ! Sachant bien s’entourer, il fit de sa fille Véra une cavalière émérite pour laquelle Kilkady Darling, en internationaux poneys, puis Obéron du Moulin, en Juniors, et Carnute furent autant d’étapes glorieuses de sa jeune carrière et les vecteurs d’une légitime fierté. C’est encore lui qui transforma la ferme de Launay en une somptueuse installation, devenue aujourd’hui le Haras du Bory, propriété de Monsieur Postillon. Son talent indéniable et son œil pour choisir les chevaux, son tempérament d’attaquant, son esprit d’entreprise et son sens inné des affaires, ont fait de ce self made man une figure du sport et de l’élevage qui, nous quittant brutalement, laisse un vide dans le paysage français.