Disparition de Jean-Paul Depons
mercredi 28 novembre 2007

depons
Jean-Paul Depons et Farao - Ph. Karine Devilder

Ceux qui l’ont connu se souviennent de lui comme une forte personnalité, passionné et s’engageant tout entier sur le terrain, celui du horse-ball qu’il a codifié avec son frère Bernard.

Jean-Paul Depons a été inhumé le 22 novembre dernier à Castillon-la-Bataille, son fief et celui de sa famille, de ses amis. Disparu trop tôt à l’âge de 58 ans des suites d’une longue maladie, Jean-Paul Depons était un professionnel du cheval qui était passé par la fameuse école professionnelle de maître Couillaud près de Rambouillet. C’est là qu’il a été confronté aux exercices de mise en selle très exigeants de celui qui a formé de si nombreux professionnels. Parmi les exercices qui étaient pratiqués là-bas, il y avait celui, hérité du capitaine Clavé qui utilisait ballon et panier. Mais à cette époque, il fallait mettre pied à terre pour aller chercher le ballon. Un « jeu » imaginé par ce militaire après un séjour en Argentine, le pays du pato. Après Couillaud, Jean-Paul Depons a ensuite suivi l’enseignement de Blondel au club hippique de Bergerac puis fait son service militaire à Bergerac. Il part ensuite en région parisienne au centre équestre de Montargis qu’il dirigera. Il revient sur la propriété familiale à Blanzac et créée le centre équestre en 1972. Il s’occupe de la partie équestre du domaine alors que Bernard se consacre à la partie viticole. Les deux frères, anciens joueurs de rugby et cavaliers ont eu envie d’associer leurs deux passions, le ballon et le cheval. « Au début, nous jouions comme ça entre amis, se souvient Bernard Depons. Mais, il n’y avait pas vraiment de limites. Un jour où nous étions allés un peu trop loin, nous avons décidé de mettre en place des règles. Nous n’avons rien inventé, mais on a codifié des règles issues de plusieurs jeux traditionnels comme le pato, le buskashi. Il fallait que ce soit un jeu moderne qui puisse être joué par le plus grand nombre. » A la Fédération Française d’Equitation l’envie de mettre en place des jeux équestres était aussi forte. 1977, marque le début des premiers matchs officiels de horse-ball. Jean-Paul, se met volontairement sur la touche pour mieux suivre la mise en place de cette nouvelle discipline fédérale devenue depuis discipline régionale FEI. Bernard lui joue et décrochera huit titres de champion de France entre 1977 et 1987. « Il était pour que le horse-ball évolue au meilleur niveau et soit médiatisé, rappelle Bernard Depons, ainsi, il avait organisé des matchs dans les arènes d’Arles, à Bercy, au salon de Paris… » la première Coupe d’Europe aura lieu à Paris en 1992. Il est à l’origine de règles essentielles comme les trois passes… la sangle de ramassage. C’était un homme de passion qui s’engageait du côté de l’organisation, de la logistique. En parallèle, au horse-ball qui débutait, il a été sans doute un des premiers à organiser un spectacle vivant équestre, c’était en 1979 pour reconstituer la bataille de Castillon. Après son frère, Bernard (qui a arrêté la compétition en 1987, mais a pris le relais en entraînant), ce sont ces trois neveux, Romain, Jean-Baptiste et Benjamin qui sont aujourd’hui très présents sur les terrains au plus haut niveau sous les couleurs de Blanzac. Jean-Paul Depons avait quitté toute implication officielle dans le horse-ball en 1998, après une dernière organisation à Jardy.Il a impulsé et soutenu la discipline pendant vingt ans lui permettant de s’ancrer en France et de faire des émules à l’étranger. Mais, il ne se réduisait pas au horse-ball, avec sa femme Danièle et s’était investi dans l’événementiel. Il vivait toujours sa passion des chevaux à travers ceux qu’il préférait les ibériques. Homme de passion et d’engagement, il a pu voir le horse-ball se développer grâce à des fondations solides.

Photo: Jean-Paul Depons, chez lui aux Ecuries de Blanzac alors qu'il dressait Farao, un lusitanien, ses chevaux préférés. - Ph. Karine Devilder