Flamenco entre dans la danse, mais pas dans l’équipe
mardi 20 août 2002

garnault
Martine Garnault. Photo MHM.

En marge des Jeux, des dresseurs continuent de tourner et les CDI allemands de Norten Hardenberg et Gera, dans la 1e quinzaine d’août avaient intégré dans leurs classements une Française rarement vue cette saison, Martine Garnault.

Avec des moyennes encore insuffisantes, certes, mais une progression encourageante, Martine Garnault entre avec son joli Flamenco dans le lot des couples qualifiés pour les Jeux, mais trop tard.Ce n’est pas une inconnue, même si elle est discrète sur les terrains, toute menue à côté de son grand mari. Martine Garnault, qui est de la génération de Jean-Marc Nicolas, est une adepte du dressage depuis longtemps (le couple Garnault présentait notamment des Lipizzans en Grand Prix, il y a une grosse dizaine d’années) après avoir monté, junior, en saut d’obstacles sous son nom de jeune fille, Ménardi. « Je croyais innocemment que le dressage était plus abordable que le CSO quand on ne peut pas consacrer sa vie à l’équitation », ce qui est le cas de cette anatomo-pathologiste, spécialisée dans le cancer à l’hôpital Gustave Roussy. Depuis qu’il a cinq ans, Flamenco n’est monté que par sa propriétaire qui l’a débuté en Grand Prix, il y a trois ans sous la férule de Georg Fincke, mais « je suis assez papier buvard et j’aime bien prendre des avis différents ». Ainsi l’an passé travaillait-elle avec Christilot Boylen, Canadienne installée en Allemagne. Seul critique permanent, son mari Fernand, qui fut un temps président de la Commission de dressage de la FFE.

Domicilié en Ile de France, ce couple de passionnés va « forcément » beaucoup en Allemagne, où Flamenco a tourné dans des nationaux avant ces deux internationaux au plateau de très bonne tenue. Ce Westphalien de onze ans n’entame sa saison que cet été, sa cavalière ayant eu un petit accident au dos. 20e d’un des deux Grands Prix de Norten-H avec 1459 points (dans l’autre GP, remporté par Beatriz Ferrer-Salat) et 8e une semaine plus tard avec 1560 pts dans celui de Gera, remporté par Ulla Salzgeber avec Wall Street, Martine Garnault explique cette progression : « Quand je suis entrée en piste à Norten, au moment du premier arrêt, le tableau d’affichage électronique s’est mis à jouer des castagnettes », ce qui malgré son nom n’a pas plu à Flamenco, encore un peu vert. « qui a fait les Joly Jumper et donné d’emblée une mauvaise impression. (…) Les points forts de Flamenco sont ses transitions, notamment entrée et sortie de piaffer, et son trot. Par contre passage et piaffer doivent encore prendre de l’élévation et une pirouette ne passe pas bien. (…) Maintenant je peux commencer à donner l’impression qu’il est libre, il n’est plus enfermé comme il l’était encore il y a quelques mois ».

Ce couple a réalisé des moyennes plutôt supérieures à celles qu’il enregistre sur les Nationaux français ce qui est pour le moins inhabituel, la plupart de nos couples de tête subissant plutôt un processus inverse. Les spectateurs du CDI de Saumur du 19 au 22 septembre (en même temps que la Grande Semaine que la ville consacre aux jeunes chevaux et poneys de dressage et d’attelage) pourront juger par eux-mêmes, Martine Garnault souhaitant y participer. Entre temps elle aura accompagné Dominique d’Esmé, Constance Laboute et Jacques Albeck (ce Français d’une quarantaine d’années domicilié à Berlin, industriel et propriétaire d’un assez gros piquet de dressage, fera le petit tour) au CDIO d’Hickstead du 21 au 25 août.