Helena Lundbäck, une Suédoise pétillante
jeudi 16 février 2006

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Helena Lundbäck et Madick - Ph. Christophe Bricot

Révélation de la finale tournante des Mondiaux de Jerez, Helena Lundbäck revient sur le devant de la scène avec une belle 3e place dans le Grand Prix Coupe du monde de Bordeaux. Portrait d’une pétillante Suédoise de 29 ans.

Ce qui frappe quand on rencontre Helena c’est son énergie. Les éclats de rire rythment la conversation de cette passionnée super joviale !

Helena est tombée dans la marmite dès son plus jeune âge puisque sa maman, Solvieg, a fait partie de l’équipe suédoise de dressage et son papa, Hans, de celle de saut d’obstacle. Elle a donc fait ses premières galopades dans l’école d’équitation familiale à Norrköping. « J’ai sérieusement commencé vers 7 ans avec Sunlight, mon premier poney, se souvient-t-elle en riant. Puis j’ai fait mes premières compétitions vers 10-12 ans. J’ai tout de suite choisi le jumping car ça colle mieux à ma personnalité. J’ai monté plein de poneys mais je n’ai vraiment pas décroché de titres car dès qu’ils gagnaient, on les vendait ! »

Illustrations: Helena Lundbäck et Madick

Le révélateur décisif de sa carrière a été l’arrivée de Mynta dans ses écuries. A leur rencontre, Mynta avait 4 ans et Helena seulement 16. Autant dire que ces deux-là ont grandi ensemble ! « Une dame a appelé ma maman en disant qu’elle avait une petite jument pour moi, raconte-t-elle. Elle nous l’a amené le jour même. Je l’ai vu descendre du van par la fenêtre de la cuisine et j’ai été frappé par son expression singulière. Elle m’a tout de suite plu. » Helena démarre donc cette petite jument baie brune sur les épreuves jeunes chevaux de 5, 6 et 7 ans. « Elle était très gentille et avait surtout toujours envie de bien faire. Quand on lui demandait quelque chose, elle semblait dire « OK, chouette ! On y va ! (Rires). A ce moment-là, on ne savait pas du tout jusqu’où elle pourrait aller. On a tout appris ensemble et rapidement intégré l’équipe jeunes cavaliers puis senior. »

Illustration: Helena lundbäck et Erbblume

De leur médaille d’or aux championnats d’Europe Jeunes cavaliers de Moorsele en 1997, à leur première victoire en Grand Prix international à Stockholm en 2000, puis à leur inespérée 4e place aux Jeux Mondiaux de Jerez, elles ont donc gravi les échelons avec l’enthousiasme qui les caractérise. Helena n’a pas le style classique de sa compatriote Malin Baryard-Johnsson mais elle n’en est pas moins efficace !« Avant la finale tournante, j’étais morte de peur, confie-t-elle. Mon seul souhait était de ne pas faire de crash avec les autres chevaux. Mon meilleur feeling a été avec Fein Cera. Quant à Dollar, réputé difficile, j’ai juste essayé de « faire ami » avec lui, puis de le guider sans le gêner. Et je me suis fait plaisir : c’est un petit garçon vraiment sensible. (Rires) » C’était aussi la première fois que Mynta sautait avec d’autres cavaliers que sa complice… « ça m’a fait drôle, mais je n’étais pas inquiète car c’était vraiment trois supers cavaliers. »Après Jerez, le couple a encore glané quelques beaux succès en 2003 et 2004. « Puis elle a commencé a baissé de pied donc on lui a offert une retraite bien méritée car à 17 ans ! » Helena est alors aussi vite retombée dans l’anonymat qu’elle avait été brutalement jetée sous les projecteurs. Une traversée du désert visiblement bien vécue. « C’est juste du cheval ! lance celle qui après des études d’économie travaille désormais aux côtés de ses parents. Je n’ai rien fait pour le monde ! J’ai aimé le côté médiatique après les Mondiaux, mais ça reste du sport. Quand on la chance de faire ce qu’on aime, il faut vraiment en profiter. J’adore monter et m’occuper de mes chevaux. Gagner est toujours mieux car c’est la preuve qu’on fait du bon boulot, mais il faut toujours continuer à travailler pour progresser. »

Illustration: Helena Lundbäck et Conan

Et l’opiniâtreté paye. La preuve, elle fait son retour au top niveau avec Madick, Errblume et Conan. Début février, au CSIW de Bordeaux, elle a notamment décroché la 4e des Six Barres avec Conan, mais surtout la 3e place du Grand Prix Coupe avec Madick derrière l’Italien Juan CarlosGarcia/Albin III et le Belge Grégoire Oberson/Gazelle de Beauval. « Je monte Madick depuis un an. Nous avons seulement disputé quatre Grand Prix et deux Coupes du monde mais il est très prometteur. »Elle regarde désormais vers les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. « Pour l’instant, c’est plus un rêve qu’un but puisque je n’ai pas encore disputé de gros Grands Prix extérieurs avec ce cheval, mais il faut viser haut pour avancer. Et pour la suite, on verra ! »

Crédit Photos: Christophe Bricot