La Grande Bretagne en bronze
lundi 18 août 2003

jerez-soto-invasor
Rafael Soto Andrade et Invasor - Ph. cosinus Prod

Qui a dit qu’en dressage, rien ne changeait jamais ? Tout le monde et c’était vrai. Mais, depuis l’année dernière surtout, les choses ont bougé. Et elles continuent cette année , puisque pour la première fois depuis dix ans la GB est sur le podium derrière l’Espagne, en argent, et bien sûr l’Allemagne, en or.


Et cette médaille-là n’était pas annoncée de longue date. Les Britanniques avaient certes recollé au peloton de tête ces dernières années, mais avaient essuyé un gros revers l’an passé à Jerez où ils étaient 10e suite, il est vrai, à quelque malchance (leur meilleur atout indisponible). Ils ont impressionné à Hickstead, car ils ont su tirer profit d’un championnat à la maison. Pas seulement sur ces deux jours de Grand Prix, où ils ont fait leurs meilleurs scores de la saison et où les quatre sont qualifiés pour le Grand Prix Spécial – comme les autres médaillés - mais surtout dans leur préparation en amont : « Nous avons beaucoup travaillé », dira simplement Ferdi Eilberg, coordonnateur du redressement anglais depuis janvier 2002, qui a bénéficié de la montée en puissance de deux chevaux de grande qualité, Wie Weltmeyer et Active Walero. Leur progression est exemplaire, surtout pour nous Français qui terminont 13e des 14 équipes engagées, derrière la Finlande et devant l’Irlande. Les Autrichiens, aussi, ont confirmé leur ascension. Ils terminent 7e et gagnent ainsi leur billet olympique derrière leur chef de file Nina Stadlinger et Egalité.

Ces progressions, ainsi que celle de la Russie (10e), sont d’autant plus remarquables qu’elles s’inscrivent dans celle plus globale du dressage mondial : les quatorze premiers sont à 70% et plus. Et ces scores sont représentatifs d’une équitation plus juste, plus belle : magnifiques chevaux bien sûr, mais plus déliés, expressifs pour certains, en place devant et derrière, montés par des cavaliers plus discrets, laissant une agréable impression de facilité.

Malgré leurs résultats, nos cavaliers ne sont pas ridicules, car tous ont fait au moins une moitié de reprise correcte : la première pour Hubert Perring, Odile van Doorn et Karen Tebar, la deuxième pour Julia Chevanne Gimel. Un premier constat qui interpelle, le deuxième étant qu’ils ont tous des scores très inférieurs à ceux de leur dernier concours . « Nous sommes dans une spirale de l’échec, diagnostique Olivier Le Page présent sur ces deux jours avant de s’envoler pour le CCI d’Athènes. Je suis déçu , mais pas surpris car en France les références des dresseurs ne sont pas sportives. Il faut être ambitieux donc savoir mettre son ego dans sa poche. Le dressage mérite qu’on s’y intéresse, mais pour le moment la Fédération n’a pas trouvé. » Et de reconnaître que toutes les idées seront les bienvenues pour l’indispensable mise en oeuvre d’une politique de choc, technique, humaine, économique.