La Réunion, dotation en émotion !
jeudi 01 janvier 1970

réunion-cavaliers
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L’arrivée de treize cavaliers internationaux à la Réunion, invités pour le premier CSI amical de l’île a été attendue puis accueillie comme un événement majeur.

Des pages entières dans « Le Quotidien » ou « Le Journal », des reportages télévisés, et même une invitation au JT de 13 heures de RFO pour le capitaine des Bleus, Jean-Maurice Bonneau ! A 11heures d’avion, 3 heures de décalage horaire, une femme, Martine Guay, présidente du Club hippique de Bourbon à Ste Marie, s’est démenée durant des mois pour offrir ce bonheur aux cavaliers français de l’océan indien. Autour d’elle, une équipe de passionnés ont travaillé sans relâche pour trouver des partenaires et mettre le CHB sur son 31. Et depuis jeudi, jour de l’essai des chevaux prêtés par des propriétaires venus de toute l’île, le plus gros club de la Réunion (505 licenciés sur 2200) vivait en pleine effervescence. L’émotion de cette proximité conviviale avec leurs idoles se lisait dans les yeux des petits comme des grands.

Deux champions du monde, Gilles Bertran de Balanda et Reynald Angot, l’entraîneur national, Jean-Maurice Bonneau, Hervé Godignon, Thierry Pomel, Philippe Rozier, Olivier Jouanneteau, Fabrice et Nathalie Dumartin, championne de France des cavalières, Daniel Etter, le champion Suisse 2002, son compatriote Christophe Barbeau, récent 5e du GP Coupe du Monde de Genève, le Belge François Mathy junior, et le Hollandais, Wout Jan van der Schans, ses sont prêtés au jeu avec bonheur.Samedi, était le jour J, celui du Grand Prix. Les tribunes, plus de 600 places installées pour l’occasion, comme les abords de la carrière de sable noir, fourmillés de fervents spectateurs impatients. Impatients du spectacle. Impatients du contact avec ses stars équitantes tout droit sorties du petit écran. Si les structures, la cavalerie, le niveau d’équitation sont comparables à la métropole, la terre de rattachement reste lointaine. Cet événement donnait lieu au premier concours hippique de haut niveau deLa Réunion, où les amateurs 3 forment la catégorie reine (à cause du prix d’importation des chevaux en avion –30 000 francs – , et surtout du départ récurrents des étudiants vers la métropole). Par ailleurs, la manifestation était support d’une œuvre caritative, les « enfants du sourire ». Les bénéfices d’une grande tombola allaient au profit de cette association, comptant déjà cinquante pensionnaires, dont la vocation est de recueillir les enfants des rues de Madagascar.

Pour être à la hauteur de l’attente, les cavaliers ont donné le meilleur d’eux mêmes. Au terme de deux manches très disputées, le quintuple champion de France, Hervé Godignon, a fait la différence avec Eliot de Montrain. Galvanisé par la ferveur déclenchée à l’issue du passage de Christophe Barbeau/Alcage, auteur d’un double sans-faute très rapide, Hervé Godignon a transcendé l’imposant fils de le Tôt de Semilly pour voler définitivement la vedette à son acolyte Helvète. Souriants et détendus par la chaleur de l’accueil créole, tous se sont ensuite consacrés à deux jeunes élèves iliens, engagés dans une épreuve par équipe cheval-poney. Au fil des reconnaissances, détentes, sorties de piste plus ou moins heureuses, de véritables échanges se sont créés. A tel point que les cavaliers ont annoncé qu’en 2003, les représentants réunionnais aux championnats de France (poneys, 5e et 4e catégorie) n’auront que l’embarras du choix pour effectuer un stage préparatoire à leur échéance de l’année ! Une belle récompense pour ceux que la distance prive de leur complice habituel dans la conquête d’un titre ! Une belle édition qui en appel d’autres sur une île où l’impact du cheval est en pleine ascension. Comme le prouve la multiplication par quatre des licences en 10 ans et développement dans le même temps de plus d’une vingtaine de structures des poneys-club aux établissements de tourisme équestre.

photos Club Hippique de Bourbon