La véto, premier fusible
lundi 30 août 2004

JO-vandekeybus
Lieve Vandekeybus - Ph. Les Garennes

Lieve Vandekeybus, la vétérinaire fédérale du saut d’obstacles vient de se voir remerciée par la fédération avant même d’avoir fini sa mission.

Le premier communiqué fédéral du retour des Jeux Olympiques est aussi prompt que lapidaire. En moins de dix phrases, les résultats sont jugés « historiques en concours complet », « très encourageants en dressage » et « extrêmement décevants par rapport au potentiel et aux ambitions annoncées en saut d’obstacles. Sur le plan vétérinaire, deux chevaux sur quatre sont dans l’incapacité physique de poursuivre la compétition dès le début de l’épreuve par équipe. En conséquence, la Direction Technique Nationale a décidé de ne plus faire appel à l’actuel vétérinaire en charge des équipes de France de saut d’obstacles. »

Vous doutiez vous de cette décision et comment l’avez vous apprise ?« Non, c’est une surprise totale. Olivier (Le Page) m’a laissé un message sur ma boite vocale il y deux heures pendant que je m’occupais encore de l’arrivée en France des chevaux de saut d’obstacles. Je savais évidemment que le bilan était négatif mais je pensais que nous allions analyser tous ensemble cet échec. »

Pensez vous avoir une part de responsabilité dans les incidents survenus à Dilème de Cèphe et Dollar du Mûrier-Hauts de Seine ?« Pour Dilème, j’ai vu toutes les échographies faite à la clinique d’Athènes, car outre les deux autres chevaux sortis en van du terrain trois autres souffrent de lésion similaires après coup. Pour ce cheval tout le monde sait qu’il a une locomotion postérieure atypique mais il est particulièrement sain des antérieurs. Ça nous est tombé dessus comme ça, c’était imprévisible. Je crois sincèrement que le problème vient du terrain et le nombre d’incidents le confirme. Quant à Dollar il n’avait pas de problème connu, je vous l’assure. Une sensibilité inhabituelle au niveau du dos avait été détecté lors du stage de Saumur et son vétérinaire traitant (le Dr. Benoit) est venu s’en occuper. Il a ensuite repris normalement son programme d’entraînement. Ce n’était vraiment qu’un point à surveiller, car Dollar était en parfaite condition physique, performant et prêt techniquement. Pour ma part la seule chose que j’avais souligné avant la sélection, c’est que j’aurais aimé voir le cheval sur davantage de gros concours pour m’assurer que son système ostéo-articulaire soit prêt à encaisser de gros efforts. Et sur le terrain malheureusement, je n’ai pas vu ce qui s’est passé au paddock car j’étais à la clinique avec Dilème. Je suis donc dans l’incapacité de différencier les causes premières des conséquences en sortie de piste. »

Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?« Je pensais que l’on considérerait un cadre général, un système pourtant basé sur l’anticipation. Les scénarios de JO sont souvent comme ça il y a des départs, j’ai l’impression d’être le bouc émissaire. J’ai pris beaucoup de risques professionnels et personnels pour m’investir dans ce poste, c’est malheureux au bout de quatre ans d’être jugée sur quelque chose que l’on ne maîtrise pas du tout. »