Markus Ehning en toute logique
dimanche 30 avril 2006

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Marcus Ehning et Sandro Boy - Ph. Cosinus prod

Les finales de Coupe du Monde se suivent et se ressemblent, consacrant les plus forts, remettant à leur place les impétrants…


Jusqu’au bout, c'est-à-dire jusqu’à son deuxième parcours du Grand Prix final, Beat Mändli et le jeune selle français Ideo du Thot auront marqué les cadors de cette finale dans l’ordre : le N° 1 mondial Marcus Ehning et la N°2, l’irlandaise Jessica Kürten (FEI Gandini Jumping rankings). Les deux favoris finissent une fois de plus au coude à coude, dans cet ordre, après trois matches au sommet disputés dans le stade de Putra, sur les remarquables tracés de Franck Rothenberger. Rien à faire, ils étaient les meilleurs, leurs chevaux respectifs aussi : Sandro Boy, l’étalon oldenburg puissant, souple respectueux et Castle Forbes Libertina l’explosive jument westphalienne.

Marcus Ehning aura dominé son sujet de bout en bout, ne concédant aucune faiblesse. A Las Vegas en 2003, pour sa première victoire à ce niveau avec la jument Anka, il était parti du sixième rang après la première épreuve et avait mis ses adversaires sous pression au fil des tours. Cette fois c’était l’inverse. Il se plaisait à noter, outre les qualités de sa monture qui entrera au haras la semaine prochaine afin de permettre la congélation de sa semence, qu’à Las Vegas sa situation était tout juste un peu plus confortable : « j’avais une barre d’avance pour obtenir un éventuel barrage. Cette fois je n’avais qu’un point d’avance, un petit dépassement de temps autorisé, pour obtenir un éventuel barrage pour la victoire, avec Jessica créditée d’un point seulement au classement général. Une faute et je me retrouvai battu, ex-aequo avec Beat au 2ème rang ».

Beat Mändli, le suisse en question ! Le trouble fête, 34ème mondial, lutteur jusqu’au bout, avec talent et finesse, aux rênes du styliste fils d’Arioso du Theillet. Avec simplicité, le cavalier prenait sur lui l’unique faute de son cheval dans cette finale : « j’ai mis un peu trop de pression sur l’oxer qui précédait le vertical où Ideo a fait une faute d’antérieur. Il pouvait difficilement en être autrement, le cheval était dans le pied de l’obstacle et à ce stade, même avec la meilleure intention, les chevaux accusent un peu la fatigue ». Quatrième après un forcing remarquable, l’italo-colombien Juan Carlos Garcia coaché par le professionnel Hans Horn, pointait quant à lui au trente huitième rang du classement mondial avant cette finale. La qualité de son équitation, sa détermination qu’il transmet indubitablement à Albin III, lequel, à dix huit ans, a fait état d’une remarquable solidité et constance tout au long de ce marathon (8ème le premier jour, 7 ème le second et double sans faute le 3 ème) méritent d’être saluées.Après avoir inquiété quant à sa participation à la troisième manche de cette finale, Meredith Michaels était finalement de la partie avec Checkmate. Le cheval de la tenante du titre ne laissait rien transparaître d’une quelconque faiblesse. L’impétuosité naturelle du cheval semblait être l’explication de l’unique faute commise.Destins croisés pour Rolf Göran Bengtsson et Michael Whitaker, ce dernier grâce lui aussi à un double sans faute (Ehning, Kürten, Garcia et Aufrecht) remontait de la treizième place du classement général établi vendredi soir à la sixième. Le Suédois en revanche avec une faute à chaque tour perdait le bénéfice des sans faute du KWPN Mac Kinley, de vendredi, reculant de la quatrième à la septième place.

Après avoir fait une démonstration le vendredi, double sans faute, Philippe Leoni nourrissait sans aucun doute de gros espoirs au départ de ces deux manches. Jamais sans doute il n’avait atteint ce degré de perfection. Une première faute sur un oxer isolé à mi parcours (N°7 : 1,50 x 1,50 x 1,60) dont on se demande si elle n’était pas évitable, entamait certes ses chances, mais n’était pas irréversible. Il eût fallu une deuxième manche irréprochable ce qui ne fut pas le cas. Neuf obstacles seulement (11 efforts) subsistaient que Cyrenaika FRH bouscula à trois reprises... Fatigue, tension de l’un ou de l’autre ? des deux ? Gilles de Balanda qui entraîne l’amateur français attendait de revoir la video du parcours pour mieux comprendre. Quinzième l’an passé à Las Vegas pour sa première participation, Philippe Leoni a toutefois maintenu son rang et même progressé (13 ex aequo avec l’américaine Beezie Maden)… Pas de quoi se flageller.

Jean Marc Nicolas pour sa part termine à la quinzième place juste derrière Philippe Leoni. Une faute à chacune des manches, soit deux au total hier ; deux fautes vendredi ; deux fautes le premier soir dans le Bar A chrono. Une constance qui n’a d’égale que l’aisance dont semble faire preuve en toutes circonstances, l’étalon gris JPC Equifoam Modesto. Impression de facilité liée sans doute à la cadence qu’imprime le cavalier. « Une faute de trop à chaque fois » concédait conscient et probablement déçu lui aussi le cavalier à l’heure d’entrer en piste pour la remise des prix.

Classement final

Photo de la finale de Kuala Lumpur par Pierre Costabadie pour Cosinus Prod - Site internet : www.cosinus-prod.com

     On déroule le tapis touge pour Marcus Ehning