Polo cup Lucien Barrière à Deauville : so british !
mardi 02 septembre 2008

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deauville8-polo4 © Eric Fournier

Sous un crachin frisquet digne de la campagne anglaise, suspens garanti pendant la finale de la Polo cup Lucien Barrière où Emlor bat Cirencester d’un seul point

Sous un crachin frisquet digne de la campagne anglaise, suspens garanti pendant la finale de la Polo cup Lucien Barrière : les deux équipes anglaises se valent, se bagarrent, se marquent durant six périodes, mais la cloche sonnant la fin de partie les laisse à égalité, 8 à 8. Le match nul n’existant pas au polo, vite on re-selle des chevaux et on repart pour une 7ème période qui s’achèvera au premier but. Sitôt dit, sitôt fait. Il n’a fallu qu’une seconde à Joaquin Pittaluga pour marquer le « goal en or » et offrir la victoire à son équipe, Emlor. Emmené par Spencer Mac Carthy, le quatuor Emlor s’équilibre sur trois excellents joueurs de handicaps sensiblement équivalents et un chef d’équipe de bonne facture.

C’est d’ailleurs la tendance de l’été à Deauville, les six équipes participant à la coupe d’or se sont constituées sur ce modèle : trois équipiers au handicap variant entre 5 et 8 et un capitaine handicap 0 ou 1. Le total des handicaps fait 20 ou 21 pour tout le monde.

Une petite révolution dans un tournoi où l’on était habitué à avoir trois équipiers servant la balle à un prodige argentin handicap 9 ou 10 (le maximum), chargé de marquer… et de faire le spectacle. Cette année on a assisté à un jeu plus ouvert, plus stratégique, avec des retournements incessants puisque tout le monde jouait sa partition. Magnifique. Les équipes étant équilibrées, tous les matches se sont soldés à un rien, c’est-à-dire à un seul point de différence au score final. « C’est une tendance qui s’est faite toute seule, explique le président Philippe de Nicolay. On n’a donné aucune consigne en ce sens, mais on est heureux du résultat : un tournoi palpitant, jusqu’à la dernière seconde ! »

Le match Emlor/Cirencester illustre la tendance. Après une première période d’observation, assez lente et une seconde période d’attaques en tous sens, les deux équipes ont accéléré, on a vu des défenseurs filer comme une flèche à l’attaque par surprise, des dribbles incessants, des retournements de situation rapides, tout le monde a l’air d’attaquer, mais les deux défenses sont implacables. Et le score reste toujours à un ou deux points d’écart. Pas de capitaine qui hurle des ordres, mais de la concertation, de l’organisation. Les équipes prennent le temps de discuter avant de tirer une pénalité, on a affaire à deux vrais groupes habitués à jouer ensemble. On sent aussi qu’ils connaissent tous les tours de l’adversaire, avec qui ils se sont souvent mesurer. D’ailleurs, Richard Britten-Long, capitaine battu de Cirencester avoue en souriant : « quelle différence, gagner ou perdre ? Je suis heureux d’avoir perdu AVEC mes amis d’Emlor ! »

Dommage que le terrain gras enterre la plupart des longues balles spectaculaires, suivies par un fracas de pur-sang au galop. Dommage que le terrain de plus en plus gras fasse râter une bonne part des tirs au but. Bizarre que la finale ne se soit pas déroulée sur le nouveau « terrain tout temps » après l’orage matinal, cette vieille pelouse classique a plombé la qualité du jeu !

Mais quel festival. Côté Emlor, l’Anglais Luke Tomlinson est impressionnant de rapidité et de précision, il est qualifié pour l’open d’Argentin, ce qui est une performance très rare pour un Européen. Côté Cirencester, le magicien s’appelle Glen Gilmore. Il est Australien et il a été déclaré meilleur joueur du tournoi. La meilleure jument, une jolie petite grise La Canossa, appartient à son coéquipier, l’excellent Santiago Gaztambide.

Et les Français dans tout çà ? Battus d’un point je vous disais… Royal Barrière, emmené par André Fabre est 3e, l’équipe d’Edouard Carmignac, Talandracas, 4e. Tous deux ont déjà remporté plusieurs coupes d’or, E. Carmignac vient de gagner la coupe d’argent qui s’est déroulée du 1e au 17 août, sur un niveau de 12/14 goals. Mais au niveau supérieur de 20/21 goals, les Anglais étaient imbattables. Ils ont promis de revenir l’an prochain, le polo de Deauville s’est associé avec le tournoi du Warwickshire, dirigé par Richard Britten-Long. Avec son ami Philippe de Nicolay, ils ont l’intention de produire les meilleurs tournois d’Europe en août …