Première victoire malaisienne au Brésil
vendredi 20 octobre 2006

bresil-equipe malaisie
Ph. D.R.

Les 18ème championnats du monde militaire d’équitation qui se déroulaient à Porto Alegre, au sud du Brésil, du 1er au 9 octobre, ont accueilli pour la première fois de leur histoire des cavaliers malaisiens, en l’occurrence l’équipe de la Garde Royale à cheval, coachée par un français, Benoit Bourgeon.

Cette première fut pour les jeunes recrues un succès retentissant, puisqu’elles se sont adjugées la médaille d’or individuelle, ainsi que la médaille d’argent par équipes dans l’épreuve des cadets, ou jeunes cavaliers. C’est grâce à la motivation de leur coach, et à sa ténacité que l’équipe a été invitée par le comité organisateur. Le cheminement entre le premier contact avec le CSIM (Conseil International du Sport Militaire), et l’aboutissement sur le podium de la victoire a été sans doute presque aussi laborieux que les 28 heures de vol qui séparent Kuala Lumpur du Brésil. Il aura fallu à Benoît Bourgeon développer des trésors de diplomatie et de patience pour convaincre les plus hautes autorités militaires, y compris le chef d’État major des armées du bien fondé de ce déplacement à l’autre bout du monde pour une toute première participation à une épreuve internationale. Toujours est-il que les deux cavaliers sélectionnés, Nor Hafizi, 24 ans, sans faute sur les qualificatives et lors de la finale, devait brillamment s’adjuger la victoire, tandis que son collègue soldat Kumairan, 23 ans, contribuait avec brio à la médaille d’argent par équipe, derrière le Brésil, victorieux chez lui. Les cavaliers étrangers montaient bien sûr, des chevaux tirés au sort. Ces jeunes soldats, habituellement affectés aux missions de cérémonie et de garde du palais royal, n’ont abordé la compétition que depuis quinze mois, lorsque leur coach français a pris les commandes du régiment, et convaincu les autorités de créer une section sport, ou cinq des quinze chevaux français (sur un effectif total de 42) sont maintenant totalement réservés à la compétition.“C’est un résultat très encourageant qui devrait inciter le reste des cavaliers à fournir davantage d’efforts pour travailler leurs chevaux, notamment dans le but de participer aux compétitions locales, et à se préparer au “Level 1”, seul diplôme pseudo professionnel disponible pour l’instant en Malaisie, comparable au Brevet d’Assistant Moniteur”. La formation équestre de Benoît Bourgeon, a davantage été orientée vers le dressage que vers le saut d’obstacles, puisqu’il a travaillé durant trois années avec Jacques Henri Ménard, période lors de laquelle il a eu l’occasion de participer à de nombreuses épreuves nationales de niveau B. Cependant, “le saut d’obstacles constitue une excellent base de travail sur le plat, et les chevaux dont nous disposons actuellement sont plus performants dans cette discipline. Je pense sincèrement que cette unité de cavalerie dispose d’un potentiel humain et équin intéressant dans le registre des épreuves militaires, et mon objectif à moyen terme sera dorénavant d’orienter mes cavaliers vers le concours complet”. L’avenir du projet est bien entendu aux mains des autorités militaires, et tout le monde n’est pas forcément d’accord pour que les chevaux et cavaliers de cérémonie sortent du Palais, mais espérons que cette première expérience ait placé la Garde Royale ou en tout cas sa section sport sur la voie de la persévérance et du succès.