Réforme sportive nationale
jeudi 01 janvier 1970

Fontainebleau2-broucqsault-dileme
Bruno Broucqsault et Dileme de Cephe - Ph. Cosinus Prod

Finies les A1, B2, C3 et autres D4
L’organisation de la compétition équestre poursuit sa réforme initiée fin 2001 avec la transformation de la catégorisation des cavaliers en « Pro » et « Amateurs ».

Laurent Cellier, directeur technique national adjoint, qui a planché sur le sujet avec les différentes commissions fédérales concernées, a entrepris un tour de France des régions pour en expliquer les tenants et les aboutissants. Les premières présentations en Bourgogne et en Rhône-Alpes ont été plutôt bien accueillies même si les organisateurs attendent de voir sa mise en œuvre.

L’idée générale est de faire évoluer notre système pour mieux gérer sa croissance, +9 % d’engagés en 2002, tout en augmentant sa lisibilité. La simplification des procédures administratives pour faciliter la vie des organisateurs est aussi essentielle, car si le nombre de concours est stable après une baisse ces dernières années, la forte poussée des engagés dans certaines régions rend nécessaire l’arrivée de nouveaux organisateurs. L’utilisation des nouvelles technologies informatiques est un autre atout et, dès janvier, la possibilité d’engager par Internet sera développée. Cet outil permettra un meilleur contrôle des qualifications, bloquant par exemple les engagements de chevaux ne répondant pas aux conditions d’accès à une épreuve.

D’autre part, conscient de la multiplication des fraudes, Laurent Cellier a annoncé un renforcement des identifications pour lutter contre les substitutions de chevaux. Pour certains présidents de jury, il serait même nécessaire de faire des contrôles au niveau des cavaliers, notamment les engagés sous X, et d’avoir à l’instar de ce qui se pratique dans d’autres fédérations une carte de licencié présentant une photo, mais cette mesure n’est pas à l’ordre du jour pour 2003.

Légende photos : Bruno Broucqsault et Dilème de Cephe - Fontainebleau - Ph. Cosinus Prod

En revanche, la réforme du saut d’obstacles, discipline qui draine le plus d’engagés est bien avancée. Le souci de lisibilité a entraîné une refonte complète de la nomenclature des catégories de concours et des épreuves. « Il faut que le cavalier lorsque qu’il ouvre le B.O. sache tout de suite s’il va trouver des épreuves correspondant à sa catégorie dans un concours et à quoi correspondent ces épreuves », explique Laurent Cellier. Ainsi les accros de D3, C1 ou A4 devront se consoler en jouant à la bataille navale, car cette grille laisse place à une nomenclature par type d’épreuves, se rapprochant en fait du schéma déjà utilisé en international. Principalement quatre types d’épreuves s’offriront aux compétiteurs : les épreuves préparatoires (correspondant aux ex-indices 4 ou 3), les épreuves de vitesse (ex-indices 3 ou 2) les petits Grands Prix (ex-indices 2 ou 1 open) et les Grands Prix (ex-indice 1). Des épreuves de Puissance, ou Puissance et adresse ainsi que des épreuves Spéciales complètent cette nouvelle liste.

A chaque type d’épreuves correspondent des barèmes bien définis (bar. A au chrono ou bar. C pour les épreuves de vitesse, bar. A sans ou avec chrono avec barrage au chrono, ou épreuve en deux manches pour les GP par exemple) et des grilles de hauteur en fonction des catégories de cavaliers. Ainsi un Grand Prix « Amateur 4 » se disputera sur des cotes allant de 1,10 m à 1, 20 m, celui des Pro 1 sur 1,40 à 1,60 m. Si les épreuves « open » disparaissent sous cette appellation, la confrontation entre plusieurs catégories est toujours possible, sauf en Grands Prix (ex D1, C1, B1 et A1) toujours réservés à une seule catégorie. Les épreuves préparatoires peuvent même accueillir jusqu’à quatre catégories.Légende photo : Michel Hécart et Kannan - archives

La rumeur concernant la disparition des dotations sur ces épreuves n’est pas fondée, mais en revanche l’organisateur n’est plus soumis à un minimum de dotation.Dans ces parcours qui s’apparentent à une logique d’entraînement, le sans-faute risque de ne pas être très cher payé ! Il ne faut d’ailleurs pas se faire d’illusion sur la revalorisation des dotations, l’enveloppe du ministère de l’Agriculture étant revue à la baisse, seule la capacité d’un organisateur à trouver des partenaires permettra d’améliorer l’ordinaire ! Le montant des engagements sera compris dans une fourchette allant de 0 à 3 % de la dotation de l’épreuve, mais apparaîtra maintenant « TTC », c’est-à-dire avec les frais de gestion.

Pour lutter contre les épreuves fleuves, l’organisateur a désormais la possibilité de limiter le nombre de partants, une façon par exemple de ne plus courir le risque des épreuves dédoublées s’il met la barre à 130 engagés. Le système GICE s’est doté de moyens pour refuser les engagements parvenant après le quota déterminé.

S’il n’est pas question de supprimer les catégories, des réflexions sont aussi en cours pour augmenter la liberté des cavaliers souhaitant en fonction de l’évolution de leur piquet en changer en cours d’année.

Le dressage devrait conserver la même grille d’épreuves sans modification, mais la nomenclature du complet est elle aussi en restructuration. A suivre avec les nouveautés réglementaires en 2003.Légende photo : Didier Courèges et Débat d'Eskuval - Pau - Ph P.Costabadie