Steffen Peters et Ravel ravissent leur public
dimanche 19 avril 2009

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Steffen Peters et Ravel © www.scoopdyga.com

Steffen Peters a tenu bon. La Coupe du Monde 2009 est américaine. Et pourtant il y avait danger. Pas du côté où on l’attendait à savoir celui d’Anky van Grunsven… Non, contre toute attente de la part d’Isabelle Werth et de Satchmo, littéralement métamorphosés par rapport au Grand Prix de jeudi.

Et puis pour tout dire, l’ambition, l’audace affichée de l’américain dans les premières figures faillirent lui coûter cher. Explosif Ravel commit deux fautes d’entrée et il fallut tout le métier, toute la concentration du Californien, qui l’a amené en moins de dix huit mois au top niveau, pour « rentrer » in extremis dans sa reprise, dans sa musique, un pot pourri de morceaux populaires qui alla droit au cœur des 7669 spectateurs enregistrés (record d’affluence jusqu’ici) pour cette finale de dressage. Un public conquis, enthousiaste dont on peut penser qu’il a peut être influencé un peu les juges, notamment l’Américaine Linda Zang et le Hollandais Wim Ernes nettement plus généreux que leurs homologues. Rappelons que Peters qui a quitté l’Allemagne à l’âge de vingt et un ans pour s’installer en Californie (San Diego) où il a pris la nationalité américaine et s’est marié à Shannon Barnes avec qui il dirige un centre d’entraînement, est seulement le deuxième américain à inscrire son nom au palmarès de la finale de la Coupe du Monde de dressage (Debbie Mc Donald en 2003). Pour la petite histoire, Ravel étalon KWPN de onze ans n’avait que huit ans lorsqu’il quitta son plat pays où il était monté par Edward Gal. Acheté entier, une petite fortune par le japonais Akiko Yamazaki qui n’est autre que le propriétaire de Yahoo, il était porteur sain de la piroplasmose. Le choix se résumait donc, soit à le laisser en Hollande poursuivre une carrière de reproducteur, soit à le castrer pour mener une carrière sportive. C’est la seconde option qui fut retenue. De son cheval qui respire la force et la puissance Peters dit cependant que c’est « sa tête » qui est le gage de sa réussite : « je n’ai pas de mérite il est né avec ce mental incroyable, il est solide, je peux lui faire confiance, c’est pour cela que je ne me suis pas inquiété lors de ses premiers écarts, je savais au contraire qu’il était à fleur de peau et que si j’étais avec lui, il donnerait le meilleur de lui même».

84.950 points de moyenne pour Stephen Peters, 84 500 pour Isabelle Werth que trois juges sur cinq avaient consacrée, on peut le dire l’Allemande a réussi un formidable come-back et a bien failli l’emporter. L’explication est simple. Une reprise sérieuse, tirée au cordeau, des airs relevés propres, sans incidents, des appuyers francs et réguliers, un travail rythmé et soutenu, celui d’une championne sans doute desservie par l’impression laissée lors de son Grand Prix et le parti pris du public. Osons prétendre qu’Anky van Grunsven qui détient le record de participations et de succès en finale de Coupe du Monde de dressage (9 au total sur 23 éditions) n’a pas perdu son temps à Vegas. IPS Painted Black, son étalon de douze ans lui permettra c’est sûr d’épingler un dixième succès. Distingué, élastique, léger il semble encore flotter un peu dans certaines lignes où enchaînements, mais une fois de plus les choix musicaux de la championne hollandaise et son sens artistique, son opportunisme serait t’on tenté d’écrire, relèvent la note technique et participent à une flatteuse impression d’ensemble.

Résultats détailles sur www.worldcuplasvegas.com