Thierry Pomel : « Je suis amoureux de Thor »
lundi 04 décembre 2000

T. Pomel salon (2)
Thierry Pomel en pleine séance de dédicace

Ça y est, il l’a avoué. Thierry Pomel, notre vice-champion du monde 1998, nous a confié qu’il éprouvait des sentiments pour son compagnon de route. Amour réciproque puisque lorsqu’on comptabilise les victoires, on voit bien que Thor n’a pas compté son dévouement. Petit aperçu d’un grand monsieur du saut d’obstacles.

« Il y eut une évolution pendant un an et demi avant les jeux mondiaux de 1998 où tout progressait ». Thierry était le finisseur de l’équipe de France, toujours disponible pour réaliser le sans faute qui manquait. Le titre de vice-champion fut une véritable consécration. « Je me sentais très très fort ce jour là, mon cheval s’est transcendé. Nous étions comme en état de grâce », nous a-t-il avoué. Il fallait sans aucun doute avoir les nerfs bien accrochés pour ne pas trembler à l’approche de la tournante. « Eric Navet m’a beaucoup aidé. Il a préparé tous les chevaux de la finale tournante. Ca m’a permis de me concentrer sur l’essentiel. En plus, il est aussi maniaque que moi. Je n’étais pas dépaysé. » a-t-il confié d’un air amusé.

Depuis, T. Pomel ne peut plus faire un pas sans être reconnu. Le grand public, par l’importante médiatisation de ces jeux mondiaux, a découvert le visage d’un champion. Les séances d’autographes se sont multipliées, comme sur le stand Cavadeos lors de sa venue. Mais c’est aussi la reconnaissance par ses pairs qui lui a apporté une grande satisfaction. « J’avais le sentiment d’avoir réussi tout ce que j’avais entrepris. De toute façon, quand on veut quelque chose, il est nettement plus facile d’y arriver. ». La volonté et le travail ont donc une fois de plus payé.

Monter à cheval, c’est aimer celui-ci. Voilà ce qui a poussé Thierry à toujours espérer un jour faire partie de l’élite. Et puis c’est le choix d’un métier, qui a aussi ses nécessités. « Je suis arrivé tard à haut niveau tout simplement parce que les bons chevaux partaient toujours trop tôt. J’ai depuis le début voulu que ma famille vive correctement. Je ne vis pas dans une caravane, j’ai une maison en pierres, je me sens bien chez moi ». Thierry Pomel a pris ainsi le temps de se construire un savoir équestre, en débutant en concours complet. Grâce à une connaissance très fine des différentes disciplines, il s’est forgé au fil des ans (il a aujourd’hui 43 ans) une expérience indispensable à haut niveau.

Depuis l’âge de quatre ans sous la selle de T. Pomel, Thor des Chaînes (par If de Merzé, l’étalon de M. Martinot, disparu en 1999) n’a pas fini d’étonner son cavalier. « Je l’avais vu à deux ans dans un pré. J’avais fait jurer à son éleveuse de ne pas le vendre. J’avais tout de suite été séduit par son modèle. ». Deux ans plus tard, M. et Mme Roissard l’achetaient pour le confier au futur champion. Un vrai conte de fée en somme. « Thor est un cheval très inquiet, il a toujours été difficile. Il a horreur d’être contraint. Au boxe, il s’est calmé, à force de le dorloter. ». Un caractère à mettre sans doute en relation avec son papier AQPS (Autres Que Pur Sang), originaire du Charolais en Bourgogne.

Le fond du problème, selon Thierry Pomel, c’est le plaisir. Monter à cheval doit constituer une recherche du plaisir. « Or, actuellement, les professionnels ont du mal à vivre de leur métier car l’entretien d’une écurie de concours coûte cher. Les amateurs, quant à eux, n’ont souvent pas beaucoup de moyens et ont du mal à éprouver du plaisir, surtout dans des épreuves à 120 partants. » De plus, on ne pratique pas l’équitation comme on jouerait au tennis. « Quand il y a un problème avec son cheval, on ne le jette pas comme une raquette. Il faut continuer à le monter, s’en occuper, etc. », a-t-il ajouté. De grandes réformes sont donc à envisager rapidement afin d’aider tous les acteurs du monde équestre à écrire l’avenir du sport. La nomination de Jean-Maurice Bonneau au poste d’entraîneur national ravit d’ailleurs Thierry. « Jean-Maurice a toutes les qualités pour occuper cette fonction, je le soutiens totalement. C’est la suite logique de Patrick Caron (ancien entraîneur national jusqu’en 1999, ndlr) », a-t-il conclu.