Vétérinaire et maréchal : les deux pieds dans le même sabot
mercredi 06 décembre 2000

Lepage salon
Olivier Lepage, vétérinaire des équipes de France

Olivier Lepage, vétérinaire des équipes de France, et Michel Barnier, maréchal spécialisé en orthopédie, nous ont fait partager l’espace d’une interview leur passion commune : le cheval. Conquis et acquis à la cause des équidés, ces deux hommes clés de l’équitation agissent dans l’ombre des champions.

Vétérinaire de l’équipe de France de concours complet et de celle de dressage depuis quinze ans, O. Lepage suit aussi depuis longtemps les autres disciplines. Le but ? « Optimiser la forme du cheval. », lance-t-il. C’est un athlète comme un autre, au même titre qu’un coureur de fond. Des programmes leurs sont adaptés, notamment en complet, car le cross nécessite certaines qualités qu’ont naturellement certains chevaux mais qu’il faut de toutes façons travailler. « Nous travaillons entre autre à doser l’acide lactique après l’effort. Cela permet de mieux déceler l’état de forme. », a-t-il précisé. L’objectif chaque année étant d’amener le cheval au top de sa forme le jour J. Le cardio-fréquencemètre fournit d’ailleurs un certain nombre d’informations indispensables à la compréhension de la physiologie du sujet étudié.

Michel Barnier, maréchal-ferrant de son état, l’a affirmé : « Les aplombs parfaits sont rares ». Cela paraît évident, vu d’ici, sinon les maréchaux n’existeraient peut-être pas. « Le but d’une ferrure est d’être légère et confortable ». En acier pour le complet, en aluminium pour le dressage, chaque utilisation dispose de ses typologies de fers. « Mais un cheval pieds nus serait bien mieux », avance-t-il. Ceci expliquerait pourquoi certains défèrent les trotteurs avant la course… M. Barnier nous a fait noter d’ailleurs que beaucoup de chevaux de haut niveau en dressage étaient déferrés des postérieurs. Ce procédé allègerait les allures et rendraient au cheval des déplacements plus naturels et harmonieux.

Il l’a avoué durant notre entretien. Olivier Lepage n’a pas à ce jour signé son contrat avec la Fédération Française d’Equitation, pour un poste de Directeur des Equipes de France. Jusqu’à présent, la FFE ne constituait qu’un client parmi d’autres, même si parfois cette activité plaçait de côté le reste de ses activités. Objet de la nouvelle mission : conseiller les équipes de France autre que le saut d’obstacles. Son rôle : mener la politique de haut niveau avec les différents entraîneurs, organiser celle-ci, et disposer d’un droit de regard sur les sélections. Des responsabilités plus larges que l’on ne le pensait, et qui vont l’amener à repenser entièrement l’articulation des composantes d’une équipe de France, vétérinaires, cavaliers, propriétaires, et maréchaux. « Nous devons tous travailler ensemble », a-t-il conclu. Souhaitons le.