Ces matériaux alternatifs au sable qui composent désormais les carrières équestres
mercredi 17 février 2021

Sol forestier
Les sols forestiers conçu par l'entreprise Buxor à partir de copeaux de buis et d'humus sont une alternative écologique au sable et s'adaptent à toutes les disciplines. © Coll. Buxor

Depuis quelques années, certaines structures équestres se détournent du sable classique pour construire leurs carrières. Peu résistant à la pluie et au froid, poussiéreux lors de fortes chaleurs… Les inconvénients liés au sable peuvent être importants. Certaines entreprises innovent et proposent alors des sols à base de matériaux originaux tels que le bois ou le plastique recyclé. Découverte.

Si le sable est un incontournable en matière de construction de carrière équestre, nombreux sont ceux qui cherchent aujourd’hui des solutions plus économiques, plus écologiques et plus pratiques. Parmi les alternatives répondant à ces trois critères : le sol vivant, aussi appelé sol forestier. Encore méconnu, il est composé de copeaux de bois et d’humus, et est pensé et fabriqué selon le modèle des sols que l’on retrouve en forêt. Sa composition peut étonner de prime abord mais connaît pourtant de nombreux avantages, à commencer par son entretien. Si les carrières en sable nécessitent d’être régulièrement nettoyées, hersées et arrosées, il n’en est rien pour celles constituées de sol forestier : les sols vivants s’entretiennent d’eux-mêmes. « Seul un ajout d’un à deux centimètres de matière est conseillé chaque année,tout comme cela se produit naturellement chaque autonome en forêt », précise Laurent Ponson, directeur de l’entreprise Buxor, spécialisée dans les sols forestiers. Plus encore, ce sol s’améliore avec le temps. « Au fil des années et des ajouts de matières, la qualité de l’humus va être de plus en plus grande et le sol de plus en plus bon pour les chevaux », ajoute-t-il. Autre point fort : ces carrières sont praticables toute l’année, puisque ce sol résiste aussi bien à la pluie qu’au vent et au gel et ne produit aucune poussière lors des fortes chaleurs. Mais attention, les qualités d’une telle carrière peuvent être altérées si elle est installée sur un sol argileux ou connaissant naturellement des stagnations d’eau importantes.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les carrières en sol forestier sont tout à fait adaptées à de nombreuses disciplines : saut d’obstacles, complet, endurance, voltige… « Selon la pratique et la fréquentation du sol, nous pouvons faire varier l’épaisseur et le stade de fermentation de l’humus.Cela permet d’obtenir plus de rebond et d’amorti en fonction des besoins », indique Laurent Ponson. Naturellement souple, le sol forestier permet également d’obtenir des performances sportives intéressantes sans se blesser, puisqu’il respecte les pieds, articulations et ligaments du cheval. À tel point qu’il est parfois même utilisé dans le cadre de rééducation.

Pour en arriver à un tel résultat, de nombreuses années de réflexions et d’innovations ont été nécessaires à Laurent Ponson et son équipe, qui ont ainsi développé des outils et une technique bien particulière, répondant à la fois aux impératifs des sols équestres forestiers et aux problématiques de leur région. « Nous produisons nos sols à partir de copeaux de buis, un arbuste qui a envahi les paysages du Languedoc-Roussillon ces dernières années. Nous y trouvons un double avantage : le buis génère beaucoup d’humus nécessaire à la création de sol forestier que nous développons pour les carrières équestres et, en même temps, nous rouvrons certains milieux de la région, rendus invisibles par la prolifération de cet arbuste », explique-t-il. L’équipe a également développé son propre prototype de broyeur ainsi que sa propre technique de coupe du buis afin d’obtenir les meilleurs copeaux possibles, le tout en respectant l’écosystème au sein duquel elle travaille. Une démarche unique, qui a permis la création d’un produit à la fois pratique, écologique, naturel et confortable pour les chevaux.

Du sable en plastique recyclé pour optimiser les performances des chevaux

Autre alternative moins radicale mais également plus pratique et plus confortable que le sable classique : le sable en plastique recyclé. Une innovation développée par Frédéric Yvrande, fondateur d’Equisol, afin d’éviter les blessures liées à la qualité du sol. Profondeur, souplesse, dureté… De nombreux paramètres sont à prendre en compte et à ajuster avec subtilité lors de la construction d’une carrière en sable afin qu’elle ne soit pas dangereuse pour les chevaux. Fabriqué à partir de matériaux recyclés, le sable plastique comporte trois intérêts principaux : il permet d’obtenir un sol souple, d’absorber les chocs liés à la frappe du cheval et résiste au gel. De quoi améliorer le confort du cheval et pouvoir s’entraîner tout au long de l’année, quelles que soient les conditions climatiques. Autre atout non-négligeable du sable plastique : il ne nécessite que très peu d’arrosage.

Couplé à d’autres matériaux, le sable plastique permet également la création d’un sol dit « dynamique », parfaitement adapté au sport de haut niveau.« Nous l’utilisons en fond de sol afin d’absorber les chocs et, par dessus, nous déposons une couche de travail en micro-sable et fibres synthétiques. Cela permet d’obtenir un sable armé, résistant à la frappe des chevaux et ne subissant que peu de déformations », précise Frédéric Yvrande. Un sol de qualité, qui semble faire la différence chez les propriétaires de structures équestres. « L’un des principaux retours que l’on nous fait suite à la création de ce type de carrière, c’est que les chevaux voient beaucoup moins souvent le vétérinaire », utilise notamment le directeur d’Equisol comme argument de vente. Outre le confort et l’amélioration des performances, un sol de qualité permet donc de conserver ses chevaux en pleine santé.