Rosières aux Salines, un projet d’envergure
jeudi 04 mars 2021

Rosières aux  Salines
Le site historique de Rosières aux Salines est en passe de connaître un développement inédit grâce au soutien de la région Grand Est, désormais propriétaire du site. © Coll.

Le site historique de Rosières aux Salines est en passe de connaître un développement inédit grâce au soutien de la région Grand Est, désormais propriétaire du site.

En 1767, le marquis de la Galaizière, représentant du roi de France, créait le haras national de Rosières aux Salines sur d’anciennes salines royales. En 1983, suite au désengagement de l’État, le site de douze hectares devient la propriété du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle. Le 1er juillet 2009, suite au démantèlement des Haras Nationaux au profit de l’IFCE, l’association Pôle Hippique de Lorraine voit le jour. Sous l’impulsion du Comité régional d'équitation de Lorraine qui en assure la gestion, le site se modernise et propose 211 jours d’activité par an notamment grâce au manège olympique, financé par le département et le Fonds Eperon qui sort de terre en 2012. Toutefois, dès 2016, le Conseil Départemental informe la région qu’il se sent fragile pour porter seul ce dossier. Déjà consulté à cette époque par Philippe Richert, président de la région en exercice, Philippe Mangin, président du groupe In Vivo, exploitant agricole et éleveur de chevaux de courses, est élu au poste de vice président du Grand Est en octobre 2017 aux côtés de Jean Rottner, qu’il convainc de donner une dimension régionale au site. Le vice président l’explique, « les différents acteurs (Pôle Hippique de Lorraine, IFCE et SCIC ndla) ont exprimé des avis mitigés quant à un projet de développement, certains craignant qu’une importante part du budget régional n’y soit engloutie. Depuis, ils ont été rassurés, car le contrat de filière piloté par le Conseil des Chevaux du Grand Est vient d’être renouvelé, et la région a lancé deux appels à projet pour un montant global de 900 000 euros au bénéfice des établissements qui souhaitent moderniser leurs structures.  Pendant deux ans, il nous a fallu rassembler, rassurer, et montrer que le projet bénéficierait à tous les acteurs de la filière. » Le 1er janvier 2020, le Conseil Départemental cédait la propriété du site à la région Grand Est pour un euro symbolique. Cependant, Philippe Mangin le précise : « Avant de procéder à l’acquisition du site, nous avons réalisé un important travail de concertation, et fait appel à un cabinet de conseil pour définir le projet. Nous avions notamment besoin d’être rassurés sur l’avenir de l’IFCE, qui a confirmé en 2019 que Rosières serait leur base pour la région Grand Est. »  

Un projet d’envergure

La Région Grand Est est donc clairement déterminée à faire de Rosières une vitrine équestre d’envergure internationale.  « A ce jour », indique Philippe Mangin, « la feuille de route est validée, votée par le Conseil Régional, et débouche sur la mise en œuvre d’une DSP (Délégation de Service Public). Nous échangerons avec les candidats à partir du mois de juin, pour une sélection finale en novembre, et une prise de fonction au 1er janvier 2022 pour une durée de 15 ans. » Au programme, un investissement de 13 millions d’euros, dont 85% au minimum subventionnés par la région, qui souhaite toutefois que le concessionnaire prenne une partie de l’investissement à sa charge pour confirmer son engagement. Sur la liste des projets, un plan de rénovation et de mise en conformité des bâtiments pour 5 millions d’euros, ainsi qu’une modernisation et un développement des structures prenant en compte les obligations sanitaires et de circulation des chevaux des divers acteurs. L’IFCE, qui bénéficiera d’un nouveau laboratoire aux normes européennes, se concentrera sur la formation et la recherche scientifique dans le cadre d’un contrat avec l’INRAE sur le bien-être des chevaux, tandis que la SCIC poursuivra la production de chevaux de selle et de courses. Ces deux entités seront déplacées pour gagner en calme par rapport aux aires de compétition, activité qui représente l’essentiel de la vie du Pôle. Par ailleurs, un nouveau manège sera créé, les trois carrières seront refaites en sub- irrigation, le tout pour environ 8 millions d’euros. « Nous souhaitons également développer un pôle touristique avec hébergement, restauration et réception, qui sera ou non confié au concessionnaire selon son profil » ajoute Philippe Mangin qui le souligne « ce site historique, pour lequel une demande d’inscription aux monuments historiques est en cours, est idéalement placé au cœur de l’Europe, et permettra sans aucun doute à la filière de rayonner bien au-delà de nos frontières. » 

Quelques interrogations

Ce projet de développement constitue sans conteste un atout indéniable pour cette vaste région de 57 441 km2, qui regroupe 5 550 389 habitants sur les ex régions d'Alsace, de Lorraine et de Champagne Ardenne. Pour Jean Louis Pinon, ex président du CRE Grand Est, « ce projet est très lorrain, mais Nancy est à quelques kilomètres près le centre de la région, et bénéficie d’un réseau de communication autoroutier important y compris pour relier la Belgique et le Luxembourg. » Il en est convaincu, « il y a de la place pour un site d’envergure à condition de proposer des services de qualité. » Valérie Hamelin Boyer, actuelle présidente du CRE Grand Est le rappelle, le Pôle Hippique de Lorraine est un outil au service de l’ensemble de la filière régionale. « Nous sommes tous pressés de connaître l’avenir de ce projet, mais nous allons rester vigilants, car nous avons déjà un problème de visibilité du calendrier de compétitions en raison de la situation sanitaire. Le projet du PHL devient un souci supplémentaire, même si à terme son développement deviendra un véritable atout, nous espérons qu’il demeure un site de compétition international. J’espère que grâce aux travaux d’embellissement du site plusieurs repreneurs seront intéressés malgré les investissements requis. Il appartiendra à la région de faire ses arbitrages. En tant que chef d’entreprise et présidente du CRE, je serais heureuse que ce site emblématique perdure, que nous puissions encore y avoir accès pour nos compétitions, et continuer à le porter dans nos cœurs avec fierté.»