Bon vent Jean Pierre...
mardi 02 février 2021

Jean-Pierre Buray
Jean Pierre Buray restera dans les mémoires pour son franc parler, son caractère bien trempé et son enthousiasme contagieux © Eric Knoll

Jean-Pierre Buray, figure incontournable du monde équestre, nous a quittés hier matin à l’âge de 75 ans des suites d’un cancer.

Personnage imposant par sa stature et haut en couleurs, Jean Pierre Buray restera dans les mémoires pour son franc parler, son caractère bien trempé et son enthousiasme contagieux. Jeune enseignant, en 1967,  il applique à l’équitation le modèle des Glénans pour la voile, son autre passion, et fonde avec quatre copains le village équestre de Conches en Ouche, près d’Evreux, sur une exploitation agricole mise à sa disposition par le châtelain local.  Dès les années 70, précurseur, il fonde le premier centre de stages de vacances, puis la section sport études, le poney club et le centre de formation professionnelle. Sylvie Mouilleseaux, qui rejoignait Conches quelques jours après son instructorat en 1989, le confie « Nous sommes anéantis. J’ai eu le privilège de croiser sa route et de travailler avec lui. Il était mon père spirituel et professionnel. J’ai tout appris à son contact. Il s’est montré visionnaire sur bien des sujets, dont le bien-être animal. Les chevaux d’instruction passaient la nuit au pré et allaient beaucoup en extérieur. » Aujourd’hui responsable des formations, Sylvie le souligne, Jean Pierre avait l’art de s’entourer et de mettre en avant ses collaborateurs. « Il les prenait sous son aile et les soutenait même dans leur vie personnelle. Les gens qui le côtoyaient ne voulaient plus le quitter. C’est mon cas, et celui de Florence Michau, arrivée en 1974 et qui n’est jamais repartie. Après avoir été enseignante, aujourd’hui sculpteure, elle s’occupe encore des soins aux chevaux à titre bénévole. Au-delà de l’entrepreneur génial, Jean Pierre était surtout un homme généreux, spontané, qui ne mâchait pas ses mots, capable d’embaucher quelqu’un du village qui avait perdu son boulot comme de monter au créneau le jour où l’attribution du Galop 7 a été confiée aux enseignants. Entre 1970 et 1990, Conches accueillait 180 enfants par semaine. Tous se souviennent de leur séjour. C’était un personnage passionné et fascinant, nous l’avons tous adoré. » 

Serge Lecomte rend hommage à « un vieux copain » auquel il parlait encore au téléphone récemment. « Il fait partie de ceux qui m’ont combattu avec beaucoup de force au début, et qui se sont ralliés à moi très vite car nous étions tous les deux sur la même longueur d’ondes sur les évolutions à engager. Sa disparition me fait beaucoup de peine. Il y a peu, il était venu à Lamotte, nous avions échangé sur le passé et sur tout ce qui restait à faire dans l’avenir. Lorsqu’il était au comité directeur de la Fédération sous la présidence de Jean François Chary, il était le seul dirigeant d’établissement à tenir un discours professionnel vis-à-vis des présidents de ligue qui n’avaient aucun lien avec le terrain. Il a été utile à la collectivité tout au long de son parcours. Il avait un charisme extraordinaire, on l’aurait suivi n’importe où. Sa personnalité incroyable a largement contribué à la réussite de son établissement. C’est un modèle pour la profession. » Depuis qu’il avait cédé le village équestre de Conches en 2001 à Christine Chehu, Jean Pierre s’était adonné, avec son épouse Monique, à sa passion des voyages et de la plaisance sur ses voiliers amarrés à Deauville et à Antibes. 

L’Eperon présente ses plus sincères condoléances à son épouse, à ses trois enfants, à ses proches et nombreux amis. Les obsèques de Jean Pierre Buray se dérouleront samedi 6 février à 10h à Conches, village dont il avait été conseiller municipal. « Si les conditions sanitaires le permettaient, nous rêverions de célébrer la messe dans le manège » souffle Sylvie.