On a testé pour vous : un stage avec Thibaut Vallette (2/2)
mardi 16 mars 2021

Thibaut Vallette
Thibaut Vallette © Eric Knoll

Les 7 et 8 février, Thibaut Vallette donnait un stage aux Haras des Martinières (89). Accessible pour tous les niveaux, le stage se déclinait sur une ou deux journées, à raison d’une séance de dressage et une à l’obstacle chaque jour. A l’obstacle, le champion olympique de Rio accorde une importance particulière à la détente des chevaux. Explications.

Après une séance sur le plat le matin, axée principalement sur la rectitude (à lire ICI), rendez-vous était donné l’après-midi pour la séance sur les barres, cette fois ci dans la carrière et non pas dans le manège. D’emblée, Thibaut prévient : « la carrière est très grande, vos  chevaux n’y seront pas canalisés naturellement comme dans le manège. Deux conseils donc : utilisez tout l’espace et ayez dans vos têtes un tracé précis. Votre cheval doit passer là où vous l’avez décidé ». Alors que nous appliquons ces consignes au pas depuis une dizaine de minutes, Thibaut nous demande de passer au trot. Très rapidement, il insiste : « Surtout, ne vous focalisez pas sur l’attitude de votre cheval. Le plus important est que vous ayez la même rigueur sur le tracé que celle que vous vous êtes imposés au pas. Une fois que vous sentez que vos chevaux attendent les indications pour savoir où ils doivent aller, et que ce ne sont pas eux qui vous emmènent quelque part. Evidemment, plus  vous aurez du relachement, mieux ce sera, mais si vous avez  un  contact un peu fort sur des chevaux un peu ouverts, ce n’est pas grave. C’est de toute manière l’attitude qu’on leur demandera lors des abords des obstacles »

Après une détente rapide au pas et au trot - « pas besoin d’en faire trop, ils ont déjà travaillé ce matin, et la détente au galop reste la phase la plus importante » -, le coach du jour nous invite à travailler au galop. Là encore, la priorité est donnée au tracé. A cette allure, Thibaut ajoute un nouvel impératif : « vous devez être en mesure d’allonger le galop, de reprendre sur une cadence et une amplitude moins élevées, puis de repartir dans le galop. N’oubliez jamais que pour aller sauter votre cheval a besoin de rythme. Plus vous imprimerez le bon galop dès la détente, plus ce sera facile par la suite. Et surtout, n’ayez pas peur de ce galop. Beaucoup de cavaliers trouvent du confort dans un galop réduit avec beaucoup de relâchement. Evidemment, il faut être capable de l’obtenir, mais ce n’est pas ce galop là qui mettra votre cheval dans les meilleures conditions pour sauter. ».

Et si le cavalier doit oser sortir de son galop de confort, il doit aussi être en mesure d’adapter sa position. « Vous avez à votre disposition trois positions distinctes. Vous pouvez être assis, ce qui équivaut à une position dite trois points puisque les fesses et les deux mollets sont au contact. En équilibre, deux positions s’offrent à vous : la position deux points pour laquelle vous décollez  franchement vos fesses de la selle, en appui sur vos deux étriers, et la position deux points et demi, qui est une position intermédiaire - le cavalier se met en équilibre très proche de la selle, presque assis sans pour autant prendre appui sur ses fesses. Vous devez être en mesure de passer d’une position à l’autre sans perte d’équilibre et de manière aisée. » Alors que nous nous éxécutons, Thibaut souligne : « Attention, en équilibre, vos jambes ne doivent surtout pas reculer. Ce ne sont pas vos genoux qui travaillent, mais votre gainage et votre centre de gravité ! ». Et de conclure : « lorsque vous êtes en mesure, au galop, de passer exactement où vous l’avez décidé, avec le rythme que vos avez décidé et dans la position que vous  avez décidé, sans jamais rien subir, alors vous êtes prêts à aller sauter ! »