Technicien dentaire équin : une profession de plus en plus encadrée
mardi 03 novembre 2020

Image d'illustration d'un dentiste équin
Image d'illustration d'un dentiste équin © Scoopdyga

Les actes de dentisterie font partie de l’entretien courant d’un cheval et les propriétaires d’équidés l’ont bien compris. Pour leur proposer des praticiens qualifiés, le métier de technicien dentaire équin fait désormais l’objet d’un encadrement strict, qui n’existait pas il y a encore quelques années. Tour d’horizon des bonnes pratiques avec le président de la Fédération française des techniciens dentaires équins, Thomas Guimbellot.

Longtemps laissés dans le flou administratif compte tenu de la nouveauté de la profession et de l’absence de législation, les dentistes équins font désormais l’objet d’un encadrement précis. Par leur appellation d’abord puisqu’ils sont officiellement reconnus comme techniciens dentaires équins (TDE). « C’est le titre décrit dans la loi pour exercer », précise Thomas Guimbellot, président de la Fédération française des techniciens dentaires équins (FFTDE). Les actes pratiqués par les TDE se limitent à des actes non douloureux et ne nécessitant pas d’anesthésie comme le nivellement des dents, la réduction, le freinage ou encore le limage. S’ils peuvent extraire des dents de loups et des dents de lait par exemple, c’est bien à un vétérinaire de procéder à l’anesthésie. 

De la formation au conventionnement

Depuis 2011 et la publication d’un texte de loi qui régit leur profession, les dentistes équins sont officiellement reconnus comme des professionnels de santé équine. « Il y avait quelques éléments de textes de lois qu’il fallait éclairer par des décrets et des arrêtés. Ils ont mis du temps à être négociés et publiés, le dernier l’a été à la fin de l’année 2018 », précise Thomas Guimbellot. Leur objectif ? Cadrer et réglementer l’obtention du diplôme de technicien dentaire équin ainsi que la manière d’exercer le métier dans la pratique de tous les jours. 
Si la dentisterie est toujours considérée comme un acte de médecine vétérinaire, « il y a eu une dérogation dans la loi pour que les non-vétérinaires puissent l’exercer », souligne le président de la FFTDE. À condition évidemment d’attester d’une formation ayant permis d’acquérir les compétences nécessaires à une telle pratique. Il existe aujourd’hui deux centres de formation reconnus : le Lycée d’Enseignement Général et Technologique Agricole Lons-le-Saunier Mancy, en Bourgogne-Franche-Comté et l’École Européenne de Dentisterie Équine, basée en Belgique. Quant à ceux qui exercent déjà en temps que techniciens dentaires équins, ils doivent passer une validation des acquis de l’expérience (VAE) afin d’être agréés et conventionnés par la FFTDE. À noter que chaque praticien a « un devoir de formation continue. Il doit annuellement pouvoir justifier d’avoir fait des formations validantes pour mettre à jour de ses compétences. »

Une fois le titre de technicien dentaire équin obtenu et la convention d’exercice signée avec le président de l’ordre national des vétérinaires, chaque praticien se voit remettre un numéro de convention, « qui est nécessaire pour être légalement en droit d’exercer ce métier », insiste le président de la FFTDE. Pour justifier de son conventionnement, le technicien dentaire équin possède « un exemplaire de cette convention dans sa voiture ou le papier qui atteste la signature de cette convention ». Mais il peut également être en possession d’une signalétique de type caducée arborant son numéro de convention. « Le conventionnement n’est pas à vie, il peut être remis en question en cas de litiges ou de mauvaises pratiques qui feraient passer le TDE en commission disciplinaire », précise Thomas Guimbellot. 

En collaboration avec les vétérinaires

Autrefois, faire passer un dentiste qui n’avait pas un diplôme de vétérinaire relevait presque de l’illégalité. « Beaucoup de vétérinaires attendaient impatiemment que la loi change, affirme Thomas Guimbellot. Beaucoup étaient autrefois contre [les dentistes] parce qu’ils ne voulaient pas se mettre dans la position où ils collaboraient avec quelqu’un dont la situation était ambiguë. Maintenant qu’elle est claire, un quantum important de vétérinaires sont contents de collaborer. » Le président de la FFTDE assure que les premiers retours sont « satisfaisants et de bonnes collaborations ». 
Pour assurer la bonne entente entre dentistes et vétérinaires, « cinq vétérinaires référents de la dentisterie équine ont été nommés dans les cinq grandes régions françaises. » Le but est, comme celui d’un médiateur, de faciliter le relationnel entre les deux professions. « Il va expliquer les modalités pour exercer, les limites de l’acte etc., » souligne-t-il. Tout en ajoutant que « l’information passe de mieux en mieux auprès des vétérinaires qui sont de plus en plus au courant. » 

Plus de renseignements sur le site internet de la FFTDE.