Campagne électorale fédérale, top départ
jeudi 07 janvier 2021

FFE
FFE © Scoopdyga

Le 31 décembre dernier, la FFE annonçait enfin la date du 18 mars 2021 pour la tenue de l’Assemblée générale élective lors de laquelle a lieu le renouvellement des instances dirigeantes, dont le président. Le point sur les candidatures.

La procédure officielle prévoit que les élections se déroulent dans les six mois qui suivent les Jeux Olympiques. Cette échéance ayant été reportée en août 2021, le CNOSF a malgré tout imposé aux fédérations de planifier leur scrutin électoral au plus tard fin avril 2021, et d’en annoncer la date au plus tard 77 jours auparavant. La FFE, seule fédération à ne pas avoir annoncé une date, a scrupuleusement respecté le calendrier et attendu le 31 décembre dernier pour communiquer la date du 18 mars 2021. Au programme, pour les candidats, dépôt le 28 janvier de leur candidature, de leur liste composée de 30 personnes  (12 spécifiques, 12 présidents d’associations, et six dirigeants de club professionnels) et de leurs 270 parrainages, soit 5% des membres « actifs » reconnus comme électeurs, issus de 10 régions et 50 départements différents. Pour info, depuis la modification des statuts de 2017, votée à 80% par les dirigeants présents, seules les structures s’étant acquittées de la cotisation à 780 euros sont considérées comme « actives » et ont à ce titre droit de vote, contrairement aux établissements agréés ou adhérents ayant opté pour une cotisation fédérale à 500 ou 250 euros pour bénéficier des services fédéraux. Le 18 mars prochain, seuls 5500 établissements, sur un total de 9600 structures adhérentes, pourront s’exprimer, sur le principe de 1 à 10 licences = 1 voix, 11 à 20 licences = 2 voix, etc. 

Anne de Sainte Marie, en campagne depuis plus d’un an

La campagne électorale, dont le terme officiel est fixé au 11 mars, soit J-7, a débuté depuis bien longtemps pour Anne de Sainte Marie, qui avait tablé sur une élection fin 2020 ou début 2021. Suite à un tour de France et plus de 100 réunions lors desquelles elle a rencontré 2250 personnes, la candidate et son collectif A Cheval Demain (100 personnes, plus 200 « engagés » sur le terrain), a divulgué ces dernières semaines un programme dont les points forts sont notamment la mise en place de référents terrain, au service des élus bénévoles des CDE, chargés d’accompagner les structures locales sur la gestion, l’obtention de l’état d’un plan d’investissement destiné aux établissements équestres, et l’amélioration de la formation professionnelle. « Lors de cette campagne de terrain, nous avons échangé avec de nombreux dirigeants et professionnels, mais aussi réuni 300 soutiens » précise Anne de Saint Marie, qui craint que la Fédération n’impose aux candidats de faire remplir un nouveau formulaire à leurs soutiens. Si c’était le cas, elle n’hésiterait pas à solliciter le CNOSF pour une conciliation afin de contester une lecture statutaire qui n’impose dans les textes aucun formulaire spécifique à cet effet.  La candidate salue dans cette élection une « véritable opportunité d’alternance. L’équitation a besoin d’un nouveau souffle après plus de 20 ans avec la même équipe à la tête de la FFE. Nous proposons de garder ce qui fonctionne et d’innover ensemble pour s’adapter aux évolutions de la société d’aujourd’hui dans les domaines de l’économie, de l’environnement et du bien-être animal.» D’ici la fin de la campagne, la candidate compte bien poursuivre son tour de France dans la région de Toulouse, dans le Territoire de Belfort, les Pays de la Loire et présenter son projet jusqu’au dernier moment. Prête à tout, elle s’attend toutefois à une période « musclée ». 

Jacob Legros, la course contre la montre 

Jacob Legros, président du CRE Occitanie, s’est décidé tardivement puisqu’il annonçait sa candidature le 1er octobre 2020. « Je m’apprête à vivre une course contre la montre, mais j’ai l’habitude, j’ai déjà vécu ce genre de marathon lors de ma campagne pour la présidence du CRE Occitanie en mars 2013. Je vais vivre une période d’insomnie » sourit le candidat, qui assure être en mesure de mener de front cette campagne, ses fonctions de président du CRE et la gestion du Haras de Whynehm, près de Montpellier. « Nous sommes hors période de compétition, le travail des chevaux est assez léger en ce moment » assure-t-il. Côté programme, le candidat, qui s’est engagé dans des fonctions régionales dès 2011 pour lutter contre l’augmentation de la TVA, évoque essentiellement la fiscalité, l’économie des clubs, la mise en place d’un projet équestre pour tous, l’orientation de l’équitation de pleine nature vers les véritables fonctions du cheval d’extérieur, le développement du maillage territorial, et la consolidation de la filière. Autres points forts, rétablir l’équilibre entre les associations et les établissements professionnels, majoritaires à 85% dans les structures mais sous représentés, et permettre à l’ensemble des dirigeants de voter. Dans les semaines à venir, soutenu par une quarantaine de personnes et par son collectif Alternative et Progrès, Jacob Legros, bien décidé à travailler d’arrache pied, s’appliquera avant tout à recueillir les soutiens nécessaires à sa candidature, et à présenter son programme qu’il se dit prêt à compléter si des suggestions lui paraissent pertinentes. « Je souhaite m’entourer de gens très compétents dans leur domaine, et issus de tout le territoire » souligne Jacob Legros, qui ajoute « L’enjeu d’aujourd’hui est de motiver les clubs à la vie fédérale et à leur représentativité. » 

Dernière minute 

Serge Lecomte, président en place depuis 2004, avec une interruption en 2005-2006 lors de l’administration judiciaire, n’avait jusqu’alors pas annoncé officiellement sa candidature à sa propre succession. Toutefois, ses déplacements en Anjou le 8 janvier, puis en région parisienne le 11, laissaient imaginer une ouverture de campagne. Le secret a été levé aujourd’hui même par Pascal Mulet Querner, membre du comité de soutien du président sortant, qui nous le confirmait téléphone,  « Serge Lecomte annoncera  officiellement le lancement de sa campagne  demain à midi à Saint-Barthélemy-d'Anjou chez Christine Cassagnes. » Plus d’infos à venir suite à la réunion du 11 janvier à laquelle L’Eperon assistera. 

A noter, en 2016, seuls 25% des clubs avaient voté. Le sort de la FFE sera donc une nouvelle fois entre les mains des dirigeants. En attendant le jour J, les réseaux sociaux commencent à s’animer, oscillant entre soutiens et attaques de bas étage. Les prochaines semaines promettent d’être pour le moins animées.