Dopage involontaire : l’IJRC demande plus de garanties aux organisateurs de compétitions
mercredi 15 juillet 2020

Controle vétérinaire
Controle vétérinaire © Scoopdyga

En janvier 2021, l’Agence mondiale antidopage (AMA) procèdera à la mise en place d’un nouveau règlement. Ces changements poussent la Fédération équestre internationale (FEI) à réviser son règlement sur le dopage et le contrôle des médicaments, pour les équidés comme pour les humains. Le processus de révision a débuté lundi 13 juillet, en s’appuyant notamment sur les commentaires rendus pardifférentes parties prenantes. L’International jumping riders club (IJRC) a participé au processus de concertation et livre ses remarques, qui concernent notamment les cas de contamination involontaire des équidés.

Conscient de la nécessité de modifier certains points du règlement FEI concernant le dopage afin de garantir le respect des nouvelles règles de l’AMA, l’IJRC juge néanmoins que la fédération internationale doit pouvoir adapter certaines règles en prenant en compte la spécificité des sports équestres, notamment dans le traitement des cas de contamination involontaire des équidés. « Les cavaliers estiment que les risques de contamination sur le trajet des compétitions sont très élevés », indique l’IJRC par voie de communiqué. Le club des cavaliers aimerait ainsi plus de flexibilité dans certains cas de contamination, et notamment lorsque la substance ingérée n’améliore pas la performance. 

De manière générale, l’IJRC réclame un règlement plus détaillé, (« les cas de contaminations doivent être traités dans un règlement spécifique ») qui ne laisse aucune place à l’interprétation. « Nous apprécierons que la FEI détermine plus de seuils limites pour de plus nombreuses molécules, dont les molécules interdites », demande l’IJRC, rappelant que dans de nombreux cas de contaminations involontaires, des substances interdites sont présentes, prenant en exemple la contamination par le pavot (une molécule présente notamment dans les coquelicots et que les chevaux peuvent ainsi ingérer dans l’alimentation, ndla). 

Contamination involontaire : quelles sanctions pour les cavaliers ? 

Concernant les sanctions en cas de contamination involontaire, le Club est contre le maintien de la moitié, au minimum, de la sanction standard. L’IRJC propose plutôt la création d’une réprimande en cas de « faute/négligence non significative du cavalier ». «En cas de dopage par inadvertance en raison d'une contamination, lorsqu'un tribunal reconnaît l'innocence de l'athlète et lorsque la quantité de la substance détectée n'a pas amélioré les performances (en fait dans certains cas, des substances peuvent être dommageable), l'athlète ne devrait subir aucune conséquence négative: ni inéligibilité, ni sanctions pécuniaires, ni perte de prix. La norme pourrait être limitée aux événements FEI et exclure les Jeux Olympiques. »

Plus d'implication de la part des organisateurs 

Le club en a profité pour souligner qu’une majorité de cavaliers ne se sent pas en sécurité vis-à-vis du sytème en place, les règles antidopage étant très exigeantes et ne reflétant pas la « réalité pratique des mesures de sécurité mises en place dans les écuries en compétition lors des évènements FEI ». En ce sens, l’IJRC propose que la FEI élargisse ses recommandations concernant la prévention du dopage involontaire aux organisateurs d’évènements. « De nombreux cas de contamination se produisent sur le site de compétition ou pendant les déplacements. Pour les cavaliers, il est vraiment difficile et injuste de prouver d’où vient la contamination à partir du moment où le foin et les boxes ne sont pas les leurs, et qu’ils ne sont pas manipulés avec le même soin et la même attention. L'IJRC apprécierait beaucoup que les organisateurs soient tenus de respecter les mêmes normes et règles que les cavaliers, qu’ils soient en mesure de fournir un certificat NOPS (relatif à la présence naturelle de substances interdites). Dans le cas contraire, les cavaliers ne peuvent pas être tenus responsables et doivent avoir la possibilité de refuser d’acheter du foin sur le site de compétition », conclut l’IJRC.