Elections fédérales : les disparités s'affirment
vendredi 19 février 2021

Elections fédérales 2020
Elections fédérales 2020 © FFE

Ce jeudi, les candidats à l’élection fédérale se sont donné rendez-vous pour le deuxième des trois débats organisés sur l’hippodrome ParisLongchamps. Au programme cette fois, l’économie et la formation. Les votes sont d’ores et déjà ouverts, et leur clôture est prévue le 18 mars prochain.

Lundi dernier, les trois candidats à la présidence de la Fédération française d’équitation, Serge Lecomte (président sortant), Jacob Legros et Anne de Sainte Marie, défendaient leurs idées sur les sujets de l’environnement fédéral et de la place de l’équitation dans la société. Ce jeudi 18 février, toujours de 20h à 21h, le trio répondait cette fois-ci aux thèmes 3 et 4, respectivement nommés « développement des clubs, économie et relance » et « formation professionnelle et emploi ». 

Comme lors du premier round, il ne s’agissait pas d’un débat à proprement parler - hormis quelques piques lancées de ça et là - mais d’une exposition des idées de chaque candidat concernant ces deux thèmes. Les trois candidats ont d’abord eu un temps de parole libre pour exprimer les grandes lignes de leur programme, mettant en avant les différences idéologiques de chacun, avant de répondre tour à tour et selon l’ordre du tirage au sort, aux trois questions posées par l’animateur. Tous trois ont parfaitement respecté leur temps de parole de vingt minutes pour l’ensemble du débat. 

Développement des clubs, économie et relance

Pour les dirigeants des structures (les votants dans cette élection !) ce thème était probablement l’un des plus attendus. Les trois questions posées aux candidats étaient « Pourrait-on se rassembler pour les achats de base (barres, chandeliers, fourches à foin…) et surtout pour les assurances ? », « Quel intérêt économique pour un club de faire prendre une licence à ses clients ? » et « Comment comptez-vous mener le combat de la TVA ? ».
Comme lors du premier débat, Serge Lecomte défendait les mesures qu'il a mises en place durant sa présidence, mettant notamment en avant les 18 millions d’euros mis à disposition des centres équestres par le gouvernement lors du premier confinement et assurant que « la TVA est un méandre [qu’il] maîtrise bien parce [qu’il s’en] occupe depuis plus de vingt ans ». Selon lui, le rôle de la FFE est « d’aller chercher les moyens pour aider les clubs ».  
De son côté, Anne de Sainte Marie estime que la priorité est aux structures et à leurs dirigeants. Elle souhaite que le modèle économique « qui ne sera plus jamais le même qu’avant » la crise sanitaire, leur permette d’investir et d’innover à tous les niveaux, et pas uniquement à celui de la compétition, « parce que 75% des équitants ne font pas de compétition ». 
Quant à Jacques Legros, il défend une économie à plusieurs axes (raisonnée et raisonnable, partagée, mutualisée, négociée, développée, selon ses propres termes) afin qu’elle se développe autour des centres équestres et leur permette de « remplir leurs caisses » sans impacter les pratiquants. 

Formation professionnelle et emploi

Ce deuxième thème offrait aux candidats les trois questions suivantes : « Formation continue des moniteurs/animateurs ? », « Aujourd’hui, l’offre des moniteurs ne correspond pas à la demande des clubs et de la clientèle, comment souhaitez-vous faire évoluer la formation BP ? », « Quelle est votre position face à la volonté de l’Europe de mettre fin aux diplômes d’enseignement ? ». 
Si Serge Lecomte vantait une « structure des diplômes actuels presque parfaite » et des « moniteurs d’aujourd’hui bien meilleurs qu’autrefois », il reconnait un besoin de s’adapter à toutes les disciplines, même les moins pratiquées, et d’apporter aux formateurs un meilleur plan de formation, « plus uniforme », à transmettre aux apprenants.
Il a semblé que Jacques Legros était particulièrement à l’aise sur ce sujet, considéré par ses soutiens comme un homme d'expérience et de terrain. Pour lui, les formations doivent répondre de manière qualitative aux besoins des équitants, notamment pour créer une bonne base de basse école, « remettre du bagage technique et de la culture équestre ».
Du point de vue d’Anne de Sainte Marie, « il y a urgence à valoriser nos métiers, car la formation et l’économie sont intimement liés ». Elle aimerait repenser le BPJEPS afin qu’il soit reconnu comme une équivalence au baccalauréat. La candidate aimerait également proposer des formations élargies aux dirigeants des structures et qui iraient au-delà du cadre de la pratique de l’équitation, comme les relations humaines. 
Enfin, il a semblé que les réponses soient unanimes entre les candidats concernant leur position face à la volonté de l’Europe de mettre fin aux diplômes d’enseignement. Tous ont déclaré s’opposer à cette mesure, mais Anne de Sainte Marie a tenu à préciser que cette demande émanant du Royaume-Uni, et Brexit oblige, il est probable qu’elle ne soit plus à l’ordre du jour. 

Encore une fois, il nous est impossible de résumer l’ensemble des idées et des propositions de chacun. C’est pourquoi nous vous invitons, si vous le souhaitez, à regarder le débat, disponible en replay sur la page Facebook de la FFE. Le prochain rendez-vous est donné ce mardi 23 février et les candidats défendront leurs idées sur les thèmes de la compétition et du tourisme équestre.