FFE, haut-niveau et confinement, quelles mesures ?
mardi 24 mars 2020

Sophie Dubourg
Sophie Dubourg © Scoopdyga

En cette période de confinement, les athlètes de haut-niveau poursuivent chez eux et en sécurité leur préparation pour les prochaines échéances internationales. La directrice technique nationale (DTN) Sophie Dubourg a fait le point sur la situation.

Les établissements équestres ont été fermés au public le 15 mars suite à au décret ministériel. Dans l'ombre, les dirigeants et leur personnel continuent de sortir les chevaux, il en est de même pour les cavaliers de haut-niveau. "Nos cavaliers vivent la plupart du temps en vase clos chez eux, ils ne se regroupent finalement qu’en compétition. Leurs infrastructures permettent de se préserver et de travailler en toute sécurité", précisait Sophie Dubourg. Pour pallier à l'annulation des stages fédéraux, la FFE s'appuie sur la technologie : "Nous proposons des mesures d’accompagnement à nos cavaliers comme par exemple la mise à disposition d’Equivisio, un équipement audio-vidéo 4G comprenant une caméra rotative, un clavier numérique de commandes et oreillettes, pour se connecter à distance, en temps réel, avec les coachs pendant leurs entrainements. Actuellement, nous les suivons quotidiennement et recensons leurs besoins par discipline, pour qu’ils puissent préparer l’échéance olympique dans les meilleures conditions physiques et psychologiques possibles."

Ces pilotes continuent donc d'entretenir leurs partenaires dans l'espoir de reprendre la compétition même si personne n'est encore capable de donner une date. Pour le moment, les compétitions internationales sont toutes annulées jusqu'en juin. Quelques unes à l'image du CHIO d'Aix-la-Chapelle sont encore en suspens. "S’agissant des concours nationaux, comme les championnats de France, ils sont susceptibles d’être reportés à la mi-septembre si les déplacements de chevaux et de cavaliers restent interdits", indiquait Sophie Dubourg.

Le report des Jeux Olympiques qui se fera au plus tard l'été 2021 va bien entendu changer la donne dans le calendrier de préparation. La DTN soulignait toutefois que le confinement ne pénalisait pour le moment pas tellement la préparation des athlètes, quelque soit la discipline. "En concours complet, ces 15 jours de confinement ne génèrent aucun retard dans la préparation olympique puisque les stages FFE ont déjà eu lieu et les chevaux ont récemment couru le Grand national de Saumur. Cette quinzaine leur permet de souffler et de reprendre normalement le travail à la maison. En saut d’obstacles, les cavaliers et les chevaux ont enchainé plusieurs Grands Prix, notamment ceux des tournées du soleil en Espagne et au Portugal. Ils sont maintenant dans une phase de repos et de récupération chez eux. Prochainement, nous allons leur fournir un protocole normé avec des barèmes et des parcours spécifiques dessinés par un chef de piste, pour s’entrainer à la maison. En dressage, même s’ils sont moins nombreux que dans les autres disciplines, il nous appartient de les conserver dans cet esprit de préparation olympique. Ils sont tous au travail individuellement.

Il en va de même pour le para-dressage qui poursuit son travail à huis clos, puisque oui, il y aura au moins deux tricolores à Tokyo. "Nous avons deux quotas individuels. Des quotas supplémentaires sont susceptibles d’être alloués réglementairement par l’International Paralympic Committee (IPC) après une demande bipartite de la FFE et du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF). Cela pourrait nous permettre d’avoir une équipe composite aux Jeux paralympiques, en plus de nos chances individuelles", concluait Sophie Dubourg.