Hauts de France: le plan cheval se précise
vendredi 13 décembre 2019

Vincent Balleux et Signée Lulu
Vincent Balleux, cavalier pro de Beauvais, gagne une épreuve au CSIde Compiègne sur une fille d'Uélème appelée Signée Lulu.. © Agence Ecary

La Région des Hauts de France vote des aides pour développer l'élevage, l'équitation et les courses. Première priorité: augmenter la qualité des équidés et la création d'emplois.

Pour améliorer la qualité et la génétique, le 29 novembre la Région a voté des aides à l'élevage de tous types d'équidés, elle offre 50% des dépenses liées aux concours d'élevage (entre 5 et 30 000€). Dans le même esprit, elle favorise une meilleure génétique et le débourrage des poneys, des chevaux de sport comme des courses.

Plus largement la Région s'engage à aider les investissements créateurs d'emplois dans l'élevage, l'enseignement, l'entraînement, le dressage des chevaux, le bien-être animal et la médiation équine, la traction, les expériences touristiques et l'artisanat lié aux chevaux. Un  bonus est attribué en cas de création d'emplois durables une fois l'investissement achevé - soit 30 à 40% des dépenses éligibles (entre 20 et 100 000€). Enfin la Région est attentive à la modernisation des hippodromes. Elle propose des aides à l'achat de matériel, d'équipements vidéo et son. On peut obtenir 40% des dépenses éligibles entre 20 et 100 000€. Voire 50% si l'on décide d'utiliser des énergies durables.

Pour l'ensemble de ces questions et tous les projets concernant les infrastructures, l'élevage, l'équitation et les courses, il convient de contacter Marie-Sophie Lesne, vice-présidente chargée de l'agriculture. "Le plan de développement et de rayonnement du cheval et de ses usages" court jusqu'en 2022 et s'élève globalement à 5,3 millions pour soutenir tous les métiers de la filière et tous les types d'équidés: poneys, traits, chevaux de course, de loisir et de sport.

"On va soutenir tous les métiers de la filière car le cheval est un puissant facteur d'image comme de développement économique, culturel, territorial", déclare Marie-Sophie Lesne, vice présidente de la Région, lors du Jumping de Chantilly, le 13 juillet. "En tant que fille et soeur d'éleveurs de trotteurs, je connais bien le secteur et les difficultés des éleveurs." Elle sait qu'ils élèvent par passion mais que l'activité est un coût pour la plupart, malgré les aides. "Cette filière est discrête en dépit des nombreux pôles d'excellence comme le trot à La Capelle plus l'entraînement, les courses de galop, les compétitions internationales et le polo à Chantilly, les équipements du Touquet et de Compiègne ... " Rappelons que Nino Des Buissonnets est champion olympique, que Tacoma d'Horset s'est classée aux derniers JO ; qu'aprés avoir brillé en concours, Uélème est une de nos meilleures poulinières ... La filière qui produit plus de 400 millions d'euros, a de nombreux gisements de croissance. "Malgré sa qualité, la filière souffre et elle est mal connue dans ses réalités", assure Marie-Sophie Lesne.

Les races de trait en péril ont déjà leur réseau :  les primes à la naissance pour les Boulonnais et Traits du Nord ont permis de stabilisé la population, mais les éleveurs sont âgés et se font rares  ... La Région lance un appel à projets pour l'utilisation des traits et offre 30% du montant de l'investissement aux collectivités et aux associations qui les utilisent pour le tourisme, le ramassage des déchets, le nettoyage des plages et des espaces verts, la sécurité, comme taxi, débardeur, viticulteur, etc ... " En tant qu'agent de service public et source d'énergie durable le cheval territorial répond aux attentes de notre société. Il est dans la "mouvance slow attitude", réduit les gaz à effet de serre en remplaçant un véhicule à moteur et il recrée des liens entre les personnes." L'appel à projets est consacré aux professionnels, s'il présentent un budget de 25 000E maximum par an.

Prochaine étape, le vote du plan de 3 ans à la rentrée qui devrait s'élever à 5,3 millions. "C'est le 1e plan d'envergure dédié à la filière équine dans une région," conclut Marie-Sophie Lesne.