Jean-Pierre Tatincloux : « Nous voulons développer les clubs de toutes tailles, partout sur le territoire »
lundi 24 mai 2021

Jean-Pierre Tatincloux, président du CRE des Hauts-de-France
Jean-Pierre Tatincloux, président du CRE des Hauts-de-France © Coll privée

Porté par une longue expérience, le nouveau président du CRE des Hauts-de-France entend développer les clubs et le nombre de cavaliers en mettant en pratique les idées et initiatives de son équipe largement renouvelée.

Vous venez d’arriver à la tête du CRE des Hauts-de-France. Comment se porte-t-il ?

En fait, je ne suis pas arrivé mais revenu car j'ai présidé le CRE du Nord-Pas-de-Calais un temps et j'étais trésorier du CRE élargi à la Picardie. Notre CRE se porte bien mais il faut relancer l'activité après une pandémie qui bouleverse nos projets, nous oblige à nous adapter sans cesse et à décider au jour le jour. Heureusement, je connais bien la maison et le monde équestre !

Quelle est votre expérience de cavalier et de dirigeant ?

Aujourd’hui, à 63 ans, je ne monte plus, mais j'ai pratiqué le saut d’obstacles en tant qu’amateur jusqu’en épreuves 1,40 m. J'ai passé le monitorat, construit et mené le club de Dechy prés de Douai, où j'ai connu le fameux mi-temps des dirigeants à 12 heures par jour tous les jours. Comme j'ai aussi développé le club de Marcq-en-Baroeul, je crois avoir une bonne vision de la situation, aussi bien côté campagne que côté ville. J'ai aussi de l’expérience en tant que papa, puisque j’ai coaché mes filles, Coralie et Aurélie, et mon fils Gauthier.

Quelle est votre méthode de travail ?

Ma profession de diagnostiqueur immmobilier me permet d'avoir des horaires assez souples. Je peux donc me consacrer au CRE entre deux dossiers et surtout, je m'appuie sur ma vice-présidente chargée des clubs, Edith Cuvelier, qui a dirigé le CRE durant des décennies. On s'entend bien et elle connait tout le monde. J’estime que le président doit être le catalyseur des initiatives émanant du comité directeur. Si l'expérience m'a amené à avoir des convictions bien arrêtées, je n'ai pas de problème d'ego, je sais écouter et attendre. Je tiens à faire remonter beaucoup d’idées et privilégier la discussion avant de décider. C'est mon caractère : j'adore enseigner, conseiller, diriger les équipes, organiser. Les membres du comité s'investissent comme ils le veulent et le peuvent. J’aime travailler dans la convivialité avec des personnes motivées, pas sous la contrainte. La moitié du comité directeur est expérimentée, donc elle va guider les nouveaux. Quant aux permanents, qui étaient plutôt polyvalents, je les spécialise par discipline et par activité pour gagner en efficacité.

Quelle est la priorité de votre CRE ?

Nous voulons développer les clubs de toutes tailles, partout sur le territoire. La palette des aides financières qui leur est destinée correspond aux deux tiers de nos fonds. Voilà mon obsession : fournir des outils pour développer les établissements, augmenter le nombre de cavaliers et appuyer le développement personnel des enfants grâce à la pratique du cheval et de la compétition. Elles leur apprennent à se concentrer, rebondir, être persévérant, devenir quelqu'un. Tout est lié. Notre point faible reste la communication, même si elle est vitale. On cherche sans cesse à l'améliorer, choisir les bons canaux pour contacter des gens débordés. On a mis en place un système de SMS avec questions-réponses brèves qui ont du succès, car on recueille les avis dans la journée.

Quels programmes de formation proposez-vous ?

Ils sont nombreux et variés. J’insiste sur la formation continue des responsables de clubs et des officiels de compétition. On s'adapte aux besoins. On va continuer à traiter les thèmes administratifs par visioconférence pour éviter des déplacements. C'est facile sur certains sujets, insuffisant sur d'autres, alors on met en place des systèmes mêlant visio et travail de terrain, ce qui garantit plus de convivialité. Les stages pratiques se tiennent sur une demi-journée ou une journée, plutôt le lundi, et son répartis dans les territoires. Un questionnaire sur les spécialisations souhaitées est en préparation mais la demande est forte sur le handisport, l'éthologie et les nouvelles disciplines. Notre rôle est aussi de rappeler les questions de gestion, de marketing, les moyens de fidéliser la clientèle et surtout d'asséner les obligations juridiques et de sécurité pour que les dirigeants prennent conscience des risques. C’est indispensable.

Quid de l'équitation d’extérieur ?

Je crois qu'elle va se répandre vite car dans l'air du temps. Nous disposons d'ailleurs de fonds européens pour poursuivre la Route européenne d’Artagnan.

Qu’avez-vous mis en place pour pallier l'annulation du championnat de France Poneys et Clubs à Lamotte-Beuvron ?

Nous allons organiser « l'open poney et club des Hauts de France ». Ce sera à Compiègne du 10 au 14 juillet pour les épreuves de saut d’obstacles, dressage, hunter, équifun et voltige, à Wallers le 18 juillet pour le complet, au Quesnoy les 4 et 5 septembre pour l’attelage, et à Meurchin pour le horseball et le ponygame. Il nous reste encore à trouver une date pour l'endurance. Si les circuits régionaux labellisés et dotés par le CRE se poursuivent par discipline, il n'y aura pas de classement, ni de cadeaux car la saison est trop courte. Les premiers concours à destination des non-professionnels ont lieu ce weekend et je dois dire que je suis heureux de voir la foule d’engagés !