Philippe de Guenin : De quel désengagement parle-t-on ?
mardi 02 octobre 2012

Philippe de Guenin
Philippe de Guenin © Alain Laurioux

Philippe de Guenin, directeur général de l’Institut français du cheval et de l’équitation (Ifce) réagit aux propos du président de la Fédération française d’équitation (FFE),Serge Lecomte concernant les résultats français aux Jeux Olympiques par le communiqué suivant ;

S’exprimant pour la première fois sur les résultats de l’équipe de France aux JO de Londres, Serge Lecomte, président de la Fédération française d’équitation (FFE), a déploré vendredi 28 septembre « le manque d’investisseurs et le désengagement des institutions » concernant le concours complet, ce qui contribuerait «aux difficultés de mettre en place une équipe en capacité de gagner une médaille ». Philippe de Guenin, directeur général de l’Institut français du cheval et de l’équitation (Ifce), souhaite rappeler l’engagement de l’opérateur public, à travers L’Ecole nationale d’équitation et les sites de l’Ifce, aux côtés de la FFE, pour soutenir les sports équestres de haut niveau.

Comment l’Ifce appuie la FFE
L’action de soutien de l’Ifce aux politiques fédérales se concrétise par la mise à disposition de moyens matériels, humains et financiers. Pour les 13 athlètes de la promotion 2013 des pôles France jeunes, l’Ifce met à disposition des moyens (terrains, carrières, manèges, écurie de 45 boxes, clinique vétérinaire, maréchalerie, moyens de transport en compétition) et des personnels (5 entraîneurs, 1 coordinateur, 1 chargé de suivi social, 1 chargé de formation professionnelle).
En CCE, l’ENE met à disposition du pôle France des moyens en personnel, en installations et le soutien de ses équipes vétérinaires. L’équipe de France s’est entraînée à l’ENE pour la préparation des championnats d’Europe et des JO pour la plus grande satisfaction de l’entraîneur national et des cavaliers. De plus, l’Ifce met ses sites à disposition toute l’année pour l’organisation de compétitions (Saumur, Le Pin, Pompadour, Le Lion d’Angers, Cluny,…). Sans cet effort, le parcours français de complet serait en situation critique.
Pour mémoire, depuis 15 ans, l’ENE a toujours affiché des cavaliers et des chevaux sur toutes les grosses échéances internationales en concours complet.
Par ailleurs, hors disciplines olympiques, l’Ifce apporte son soutien à la voltige (hébergement et entretien des chevaux, centre médico-sportif, personnel), à l’attelage (5 meneurs d’attelage à 4 chevaux de haut niveau ont été installés sur 4 de ses sites), au paradressage (achat, formation et entretien de chevaux, mise à disposition d’installations, d’entraîneurs, de soigneurs pour les déplacements y compris à l’étranger).
Il n’y a pas de désengagement mais au contraire un accroissement des investissements ces deux dernières années ; ces efforts se sont portés sur l’achat de chevaux et l’entraînement de cavaliers susceptibles de participer aux prochaines échéances.

Les résultats sont là
Au dernier championnat de France des jeunes cavaliers (CSO), la France remporte une médaille d’or par équipe et une médaille de bronze en individuel. Ces performances individuelles et la meilleure performance par équipe sont à mettre à l’actif d’une cavalière du pôle France jeune (Maëlle Martin). Dans cette discipline, comme dans les autres, depuis 6 ans, la permanence d’un entrainement de qualité a porté ses fruits (Maxime Livio en CCE, Claire Gosselin en dressage).
Les voltigeurs, lors des championnats du monde 2012, ont remporté les 1ère, 3ème et 5ème places en individuel homme et la 3ème par équipe. Aux Jeux paralympiques de Londres, l’équipe de France dont c’était la première participation en équipe depuis 10 ans, a conquis la 9ème place sur 16 nations.
L’Institut français du cheval et de l’équitation reste dans une implication active en faveur du haut niveau et souhaite pour les prochaines échéances que le dialogue puisse être renforcé et constructif avec la FFE.

Aller plus loin
Dans ce contexte, l’Ifce souhaite qu’aboutissent rapidement la négociation et la signature de la convention avec la FFE qui retrace les interventions publiques dans leur ensemble et les actions à développer.
La convention donne une vraie visibilité des investissements réalisés et précise les efforts à mener en fonction du projet sportif de la fédération pour la réussite des Jeux équestres mondiaux 2014 et des Jeux olympiques de 2016.
Pour plus d’informations sur l’implication de l’Ifce dans le sport de haut niveau, consultez www.ifce.fr

Commentaires


Dan G | 04/10/2012 11:13
"des disciplines confidentielles ou non essentielles" ? Lesquelles ?
"à un cout important" ? Où peut-on pratiquer une équitation de haut niveau à bas prix avec des installations de la qualité de celle de Saumur ?
J'ai gardé en mémoire le coût calculé par le Haras de Hus (dont le propriétaire n'a pas une réputation de "rigolo" en matière de gestion d'entreprises) pour l'entretien et le travail d'un cheval de haut niveau dans de bonnes conditions : 10.000 euros par an.
Donc sur cette base, évidemment les 2 chevaux confiés, par exemple, par l'IFCE à 2 de nos cavaliers de dressage paralympique, ont coûté très cher à la collectivité...
Pratiquer l'équitation à haut niveau est coûteux. Mais ce n'est pas une raison suffisante pour mettre systématiquement sur le dos d'aides insuffisantes l'irrégularité, voire la médiocrité de nos résultats. Ce type de mentalité ne nous fera pas progresser, surtout en période de récession économique.
Pour ma part, je remercie l'IFCE des stages à tarif raisonnable qu'elle ouvre même aux amateurs, et des magnifiques concours qu'elle organise sur ses sites.
Pour le reste, à l'évidence l'équitation manque de sponsors. En rechercher sérieusement (je veux dire professionnellement) devrait être le premier objectif de la FFE pour le haut niveau. Le deuxième devant être la refonte totale de la formation des enseignants. La formation actuelle de moniteurs de colonies de vacances "loisir équestre" a largement fait la preuve de sa faillite sportive.

PHILIPPE P | 02/10/2012 18:24
Le problème c'est qu' à une exception près L'IFCE ne soutient, sans grand succès d'ailleurs , et à un cout important, que des disciplines confidentielles ou non essentielles qui représentent à peine 20% de l'équitation sportive.
Meme dans le haut-niveau poney l'ENE n' a aucune aide à proposer aux meilleurs couples de CSO ou de dressage .

Ph. POPPE