Trois Français entrent dans les instances de la FEI
jeudi 26 novembre 2020

Christian Lozano
Christian Lozano © Jean Louis Perrier

Après les nominations de Pierre Le Goupil et Benjamin Aillaud dans les commissions sportives de concours complet et d'attelage de la FEI, Christian Lozano a été élu lors de l’Assemblée Générale de la FEI à la tête de la commission endurance. Une bonne nouvelle pour l’influence de la France dans les rouages de l’institution mondiale du monde équestre.

Le 18 novembre le C.A de la FEI entérinait la nomination de deux français dans ses commissions sportives. Pour le concours complet il s’agit de Pierre Le Goupil, chef de piste international, mais aussi ancien cavalier international comme son père André qui participait aux J.O de Tokyo et Mexico, organisateur et concepteur d’obstacles de cross.

En attelage,  Benjamin Aillaud qui représente magnifiquement la France sur les compétitions internationales, pourra maintenant le faire aussi dans les instances de la FEI.

Lundi 16 novembre, la troisième bonne nouvelle est venue avec l’élection de Christian Lozano à la tête du Comité Technique d’Endurance de la FEI. La FFE s’est bien sûr félicité de ces trois entrées qui vont donner un peu plus de présence française, la juriste Constante Popineau étant jusqu’alors la seule à siéger dans un organe FEI, son Tribunal. Au vu des enjeux sur l’endurance internationale, l’élection de Christian Lozano avec dès le 1er tour 62% des voix, ses challengers représentant le Qatar et l’Espagne obtenant respectivement 20% et 17%, est prometteuse. Martin Denisot qui est en charge de la discipline au sein de la DTN de la FFE explique : "Contrairement aux membres des commissions qui sont désignés par le C.A de la FEI, les directeur de comité sont élus par les délégués siégeant en Assemblée Générale. Il y a donc toujours un peu de lobbying entre les fédérations, mais en général la FEI "recommande" un candidat, ce qui était le cas de Christian Lozano. C’est une belle reconnaissance pour le savoir français en matière d’endurance et notre travail depuis les JEM de Tryon. Après ce fiasco, certains voulaient que l’endurance quitte la FEI. Nous n’avons pas été dans cette voie et nous avons réussi avec l’appui de la Fédération Equestre Européenne à nous faire entendre au niveau de la FEI. Cette élection est déterminante aussi car en tant que président de commission, Christian Lozano intègre le bureau de la FEI et participera aux votes. C’est important pour la suite, par exemple nous espérons faire avancer des candidatures pour les échéances des championnats internationaux."

Christian Lozano, un sportif de fond bien armé

Agé de 57 ans, le haut pyrénéen Christian Lozano arrive donc à la tête d’une discipline marquée par une série de gros problèmes. Pas de quoi lui faire peur : "Si je ne pensais pas pouvoir faire quelque chose, je ne me serais pas lancé dans cette démarche ! Maintenant j’ai besoin de bien intégrer le fonctionnement de la FEI. Les membres de la commission vont être désignés officiellement dans les jours qui viennent et ensuite il y aura la nomination du responsable salarié dévolu à la discipline à la FEI, Manuel Bandeira de Mello quittant ce poste. J’ai déjà commencé à échanger avec les responsables du site d’Al Watba aux Emirats où il y a la President Cup, une des 160 km au cœur du litige avec la FEI car organisée en CEN alors qu’il y avait beaucoup de cavaliers étrangers (lire ici)."

Ce fonctionnaire du Ministère de la Défense a de sérieux atouts pour s’imposer dans cette discipline. Si lui-même a un peu monté à cheval en loisir, c’est surtout le rugby et le semi-marathon qui lui ont appris le sens du fond et de la stratégie sportive. Il a découvert l’endurance équestre dans les années 90 en faisant l’assistance d’un cavalier par le biais d’un ami commun. "J’ai trouvé dans cette discipline le goût de l’effort des marathoniens et le sens de la convivialité du rugby". Parfaitement anglophone, Christian Lozano a aussi la chance de très bien connaître les pays du golfe persique ayant été en poste pour raisons professionnelles plusieurs années à Abu Dhabi et au Qatar. Un précieux atout pour ce juge et délégué technique FEI 4* qui a été aussi dans l’organisation des CEI de Tarbes.