Violences sexuelles : Médiapart soutient que Serge Lecomte était bien au courant
dimanche 14 juin 2020

Serge Lecomte
Serge Lecomte © Scoopdyga

La parole des victimes de violences sexuelles se libère ces dernières semaines depuis les publications de Médiapart. Nos confrères ont surtout mis en exergue l'absence de réaction du président de la FFE, Serge Lecomte.

L'enquête de Médiapart publiée le 23 mai a levé le voile sur l'affaire Loïc Caudal. Cet éducateur a été condamné dès 2013 et à deux reprises pour agressions sexuelles sur mineures après des faits survenus au poney-club de Suresnes, dirigé par Serge Lecomte. A plusieurs reprises, ce dernier a nié avoir pris connaissance des faits et Loic Caudal a été embauché de 2014 à 2019 par la FFE en tant que chauffeur de véhicules publicitaires et poseur de signalétiques sur différentes compétitions. Un travail qui ne nécessite certes pas de contact direct avec les mineurs, mais qui l'a amené à recroiser ses victimes à plusieurs reprises.

Depuis plusieurs semaines, cette affaire a provoqué pas mal de remous... Jusqu'à revenir dans les oreilles de Roxana Maracineanu, la ministre des Sports. Depuis le début de son mandat, elle s'intéresse particulièrement aux violences sexuelles perpétrées dans le sport. Elle s'est d'ailleurs attachée à rencontrer les fédérations recensant le plus de cas et la FFE était d'ailleurs sur la liste avec quinze affaires -celle de Loic n'en faisait toutefois pas partie. Pourquoi n'est elle pas remontée dans les dossiers du Ministère alors qu'elle impliquait le poney club de Suresnes dont Serge Lecomte est le président ? Ce dernier a dû s'expliquer avec la Ministre le 4 juin "Des investigations complémentaires ont été demandées et Roxana Maracineanu a clairement indiqué au président de la fédération qu’elle envisageait de saisir l’inspection générale", expliquait une conseillère de la Ministre à nos confrères de Médiapart. 

Le point le plus étonnant est que le président de la FFE nie depuis le début avoir été mis au courant de cette affaire. Le deuxième article de Médiapart paru le 11 juin tend pourtant à démontrer le contraire. Pour commencer, la brigade des mineurs à la Sûreté départementale des Hauts-de-Seine leur a assuré que "le président du club est forcément entendu en qualité de témoin" dans ce genre d'affaires et le parquet de Nanterre a indiqué que "dans l’affaire ayant donné lieu à la deuxième condamnation de M. Loïc Caudal en 2017 (...) M. Serge Lecomte a été entendu comme témoin en qualité de président du Poney Club du Suresnes. Cette audition, qui a eu lieu dans le cadre de l’information judiciaire ouverte sur ces seconds faits, a été évoquée lors de l’audience publique du 20/11/2017, parmi celles d’autres dirigeants du centre équestre ou de collègues de l’intéressé, ceux-ci déclarant ne rien avoir remarqué à l’époque des faits." Deux courriers recommandés auraient également été envoyés à Serge Lecomte pour l'informer des faits, mais il affirme ne pas en avoir pris connaissance. Les journalistes de Médiapart auraient aussi réuni plusieurs témoignages permettant d'établir que la direction du Poney Club de Suresnes était au courant des faits mais aussi que Serge Lecomte connaissait Loïc Caudal pour l'avoir vu à de nombreuses reprises.

Aujourd'hui, Loïc Caudal aurait ouvert une nouvelle écurie où il ne donnerait pas de cours mais il est difficile de croire qu'il ne sera pas mis au contact de mineurs à un moment ou à un autre. Et si légalement rien n'obligeait la Fédération à agir, Roxana Maracineanu souhaiterait qu'elle prenne des mesures disciplinaires de son côté dans ce genre de cas. "Ce n'est pas parce que l'administration prend des mesures administratives, qu'éventuellement il y a des mesures pénales, que ça exonère la Fédération d'avoir une action disciplinaire", rapportait le journal L'Equipe après leur entretien. 

Sans surprise, Serge Lecomte, par l'intermédiaire du délégué général de la FFE Frédéric Bouix, n'a pas souhaité répondre aux questions de nos confrères.  

Commentaires


BERTRAND A | 15/06/2020 00:37
Un cardinal Barbarin de plus dans cette affaire insupportable ?