Administration de traitement médicamenteux : se protéger et protéger son cheval
mercredi 17 mars 2021

Administration d'un vermifuge
Administration d'un vermifuge © Eric Knoll

En 2018, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), 391 dossiers de personnes ayant subi des effets indésirables suite à une exposition à des médicaments vétérinaires ont été enregistrés dans la base nationale de pharmacovigilance vétérinaire. 92 % de ces cas relevant d’une exposition accidentelle à divers médicaments, l’importance de la vigilance lors de leur administration ne doit pas être sous-estimée.

Administrer un médicament à son cheval est un acte courant, que les propriétaires peuvent parfois réaliser eux-mêmes. Néanmoins, ne s’improvise pas vétérinaire qui veut et la connaissance de certaines pratiques est indispensable. Malheureusement, chaque année, de nombreuses personnes se voient souffrir d’effets indésirables suite à l’administration d’un traitement à leur animal. Irritation et inflammation locales, saignements, nausées… Les symptômes peuvent être divers. Dans un rapport d’étude publié en décembre 2019 par l’ANSES nommé « Cas d’expositions humaines à des médicaments vétérinaires. Étude rétrospective des cas d’événements indésirables de médicaments vétérinaires survenus chez l’homme, enregistrés dans la base de pharmacovigilance vétérinaire en 2018 », les chercheurs pointent notamment le non-respect des précautions à prendre décrites dans la notice des médicaments vétérinaires avant leur administration engendrant ainsi des expositions accidentelles. Parmi les médicaments principalement utilisés lors de ces accidents, on retrouve les antiparasitaires (37%), les vaccins (30%) et ceux concernant le système nerveux (11%). Les blessures sont quant à elles généralement dues à des injections (34,2%), des ingestions (22,7%) ou encore à des projections oculaires (12,2%) et cutanées (14,3%). Elles peuvent être causées par une exposition directe au médicament, mais aussi indirecte. Caresser son cheval à main nue avoir lui avoir administré le produit peut donc suffire à causer une blessure.

Le cas du Prascend®

Parmi les médicaments ayant été à l’origine d’effets indésirables sur les humains, le Prascend® est le « premier impliqué dans des cas d’exposition accidentelle » selon un récent communiqué de l’ANSES. « Ce médicament à base de pergolide est destiné aux chevaux atteints du syndrome de Cushing équin, une maladie qui entraîne des dérèglements hormonaux graves. Pour des questions de commodité, le comprimé est souvent dissimulé dans un peu de nourriture, une pomme ou un morceau de pain. Il est habituellement préparé en avance, laissant le temps à une personne non informée de consommer l’aliment », précise l’ANSES. Pour éviter tout accident, il est ainsi recommandé de ne préparer le traitement qu’au dernier moment ou, à défaut, de le déposer dans une boîte hermétique hors de portée immédiate, dans une armoire fermée par exemple. En cas d’ingestion, l’ANSES recommande de se rendre le plus rapidement possible chez un médecin, et de ne pas oublier d’apporter la notice du médicament lors du rendez-vous. Enfin, « de par la nature des symptômes observés, notamment neurologiques (somnolence et vertiges), la personne ne doit pas conduire elle-même et doit se faire accompagner. L’utilisation de machines est également fortement déconseillée », précise l’Agence dans son communiqué.

Comment administrer correctement un médicament ?

Avant même d’administrer un médicament, il est impératif de l’avoir stocké dans de bonnes conditions. Comme l’indique l’IFCE, « les médicaments doivent être conservés à l’abri de la chaleur et du gel […] et conservés dans un lieu de stockage propre (exemple : placard avec des portes) et dans leur conditionnement d’origine (exemple : flacon dans son emballage carton). » Concernant les injections, seules des aiguilles et des seringues stérilisées et à usage unique doivent être utilisées. Si leur emballage est troué, mieux vaut en prendre de nouvelles. Il est également primordial de respecter la date de péremption du produit. Dans ce cas, l’IFCE indique que « lorsque le médicament a été entamé et s’il a été conservé correctement après ouverture, il peut être utilisé dans les 28 jours suivant son ouverture, sauf s’il existe une mention différente sur la notice. Il est donc important de noter sur le contenant la date d’ouverture. » Après voir bien vérifier tous les éléments présents sur l’ordonnance délivrée par le vétérinaire (posologie, voie d’administration, fréquence et durée du traitement) et lu la notice du médicament, il est vivement recommandé de vérifier que son aspect soit normal (couleur, consistance…) et ensuite se laver les mains. Enfin, pour certains produits comme ceux contenant des antibiotiques, des corticoïdes ou des insecticides, l’IFCE conseille de porter des gants afin d’éviter une pénétration cutanée au niveau de vos mains et de se laver les mains après l’administration. Car préserver la santé de son cheval ne doit pas se faire au détriment de celle du cavalier ou propriétaire. Et pour s’assurer d’effectuer les bons gestes, rien de tel que de demander conseil à un vétérinaire.

En cas d’effets secondaires constatés chez le cheval, une déclaration auprès du vétérinaire traitant ou sur le site de télédéclaration de l’Agence nationale du médicament vétérinaire doit être faite. Idem pour les effets secondaires concernent un humain : il faut dans ce cas avertir le médecin traitant ou signaler l’anomalie sur portail de signalement des événements sanitaires indésirables du Ministère chargé de la santé.